I was here and MB40 too!

Quand vous avez des amis ou de la famille en visite à Maurice vous avez 3 possibilités pour aller les chercher : l’option dite du « j’m’emmerde pas pour toi » qui consiste à laisser vos amis prendre un taxi, avec cette option vous êtes à peu près sûr de ne pas les revoir venir une seconde fois, ce qui parfois peut-être une bonne idée. L’option 2, celle dite du « j’ai quand même pensé à toi », qui implique une action de votre part: dans ce cas vous envoyez un taxidriver, qui attend vos amis (à votre place) à l’aéroport avec un carton mentionnant approximativement leur nom. Enfin, la troisième option, celle où vous vous levez à 4h30 du matin pour être là en personne à 6h00 à l’aéroport. Cette dernière méthode démontre que vous portez un réel intérêt pour vos convives et c’est donc celle que j’ai préconisée pour aller chercher mes parents compte tenu du fait que leur dernier voyage en avion remonte à un temps ou l’A380 ressemblait à ça :

Mais voilà, l’effort a payé et je n’ai pas regretté une seconde d’avoir choisi la 3ème option car Manish (le taxidriver réservé pour les amis « option B ») n’aurait certainement pas reconnu la star internationale qui est passée sous mes yeux : MB40, le finaliste beatbox de The Voice. Evidemment, je n’ai pu résister à l’envie de l’interpeller par son petit sobriquet et de discuter avec lui (ce n’est pas tous les jours qu’on parle avec une boite à rythme). Mohamed (car MB40 n’est pas son vrai nom et d’ailleurs j’ai appris par la suite qu’il s’agissait de MB14) est un mec sympa avec une conversation bien plus élaborée que sa cousine la loop station BOSS. Il affichait néanmoins une gueule aussi (voir plus) fatiguée que la mienne :

«  Y avait 2 vieux en classe éco, qui ont ronflé comme des sourds toute la nuit… »

Et c’est à ce moment précis que j’ai vu sortir mes parents, frais et dispo :

MB40 m’a chuchoté, en me les indiquant du regard : « Regarde les ces deux-là, c’est eux qui m’ont empêché de dormir… »

Je ne savais plus quoi faire : devais-je décevoir le héros de ma journée en allant chercher mes parents que je n’avais pas vu depuis presque un an ?  Après réflexion, je n’ai pas hésité une seconde et j’ai tout de suite appelé Manish.

MB14 à l'Ile Maurice

MB14 et un reblochon à l'Ile Maurice

Croisière sur le Mékong : découvrez Vietnam autrement

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Il n’y a rien de mieux de découvrir le Vietnam au fil de l’eau, plus précisément via le fleuve Mékong. Au cours de la navigation, quelle que soit la durée de votre croisière, le dépaysement et l’exotisme seront bien garantis. Depuis Hô Chi Minh-Ville vers la Chau Doc, vous aurez un aperçu différent de la beauté des paysages vietnamiens. Voici un panorama grandiose d’une croisière à travers le Vietnam via le Mékong.

Première étape à Hô Chi Minh-Ville
Si vous souhaitez réaliser une croisière lors de votre séjour au Vietnam, Hô Chi Minh-Ville est sans doute le point de départ idéal pour découvrir les richesses vietnamiennes. Avant d’embarquer sur votre bateau, il est indispensable de profiter d’une petite ballade de découverte à travers cette magnifique cité. Faites un petit tour dans le quartier de Cholon. Il est surtout attrayant pour son animation et pour la communauté chinoise qui y est présente depuis des siècles. Vous aurez d’ailleurs l’opportunité de goûter à des spécialités culinaires d’origine chinoise tout en admirant à une décoration colorée et égayante.
N’oubliez pas de visiter la pagode de Thien Hau ou la pagode de la Dame Céleste. Le marché Binh Tay est également un point à ne pas manquer. Vous serez fasciné par sa structure sino-française avec sa cour arborée et sa tour. La visite du quartier français est également conseillée pour voir l’Hôtel de Ville, l’Opéra, sa cathédrale, le Palais de la réunification et l’ancienne demeure du gouverneur général de la Cochinchine. Avant de monter à bord de votre bateau, terminez votre visite par un petit détour dans le musée des souvenirs de guerre.

Navigation vers My Tho à travers le Delta du Mékong
Vous devez traverser le Delta du Mékong pour rejoindre My Tho. Il rassemble en général un réseau de canaux et cours d’eau, un lieu de vie pour les Vietnamiens. Tout au long de la navigation, le paysage y est époustouflant. Vous verrez une succession de rizières, vergers, villages, rivières et marais ornés d’oiseaux de tout type. Vous aurez également l’occasion de voir des marchés flottants, des fabriques de bonbons à la noix de coco et d’autres produits.
Une fois arrivée à My Tho, admirez la pagode Chua Vinh Trang qui est très spéciale, car elle présente un mélange entre le style colonial, vietnamien, chinois et khmer. Vous n’avez pas besoin de partir loin pour découvrir le marché proposant des poissons frais et des fruits. L’île Dragon, Phoenix et l’île tortue vous accueilleront également à bras ouvert.
Rejoindre Cai Be et son marché flottant
Le district de Cai Be se trouve sur la rive droite du pont My Thuan menant vers la province de Vinh Long. Il est une étape à passer, car un des bras du Mékong y passe. Le dépaysement y est assuré grâce à la présence des fameux marchés flottants. L’ambiance y est particulière avec ses nombreuses embarcations de tout type proposant diverses marchandises comme les fruits, poissons et légumes. C’est le point de rencontre de nombreux commerçants venus de toutes les régions du pays. La scène y est colorée et pleine de surprises. Si vous avez le temps, effectuez une ballade sur les rives de Cai Be et admirez également le marché terrestre riche en couleurs et en odeur.

Traverser Vinh Long pour atteindre Sa Dec
Vous poursuivez la découverte du Delta du Mékong en continuant vers Vinh Long. Elle est une ville très impressionnante. Mais lors d’une croisière sur le Mékong, le paysage est orné de maisons sur pilotis et des champs d’arbres fruitiers. Vous aurez d’ailleurs l’occasion de faire quelques arrêts, notamment dans les vergers afin de goûter aux fruits tropicaux. Il est également intéressant de faire escale sur l’île Binh Hoa Phuoc pour visiter une pépinière d’arbre fruitier, une briqueterie, une fabrique de galettes de riz et du riz soufflé. Une fois ses visites terminées, vous partirez pour Sa Dec, l’étape finale pour découvrir le Vietnam. En arrivant dans cette ville surnommée « le jardin de la Cochinchine » grâce à son horticulture, vous aurez l’occasion de voir quelques maisons coloniales. Vous aimerez également de voir la couleur et l’ambiance dans le marché local.
Cette visite sur l’eau du Vietnam vous marquera sûrement. Elle expose un panorama très différent de la découverte du pays.

 

La valise RTL de l’Ile Maurice

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« … Le défi WhatsApp News, on veut tout voir, on veut tout savoir! Vous êtes témoin d’un accident? On ne veut pas juste le savoir, on veut le voir! Soyez le premier à le filmer et envoyez nous les images … »*

Un petit slogan publicitaire qui me rappelle, au volant de ma voiture en partant au travail, que je ne suis pas branché sur France Inter mais bien sur Radio Plus, une des radios phares de l’Ile Maurice. Moi je trouve ça intéressant comme concept: donner le réflexe aux gens de filmer des accidents plutôt que de porter secours.

Parce-qu’une chose est frappante ici, c’est la gentillesse des gens (je ne veux pas non plus généraliser, il y a aussi un bon lot de gros cons) mais je ne suis pas certain que cet état d’esprit persiste encore longtemps avec l’arrivée massive des smartphones et de leurs applications.

- Regarde papa, il y a une dame coincée dans sa voiture et j’ai l’impression que la voiture est sur le point d’exploser!

- Bien vu Manish, passe moi vite mon Smartphone!

- Attend je suis en train d’attraper un Roucoule sur PokemonGO

- Dépêche-toi, si je gagne le concours WattsApp News, papa va avoir une réduction au rayon surgelé à Monoprix!

Car oui, ici les lots des jeux concours à la radio sont vraiment incroyables! Fabrice et sa valise RTL peut aller se rhabiller :

- Alisha vous nous appelez de Flacq, Alisha êtes-vous prête pour le jeu concours de Radio One ?

- Oui, je suis prête!

- Alisha, avez-vous le montant du paquet de chips 125g Viko aromatisé aux oignons du Var que l’on trouve en promotion aujourd’hui au Shoprite Trianon?

- Euh..oui.. oui.. 144,53 roupies?

- Bravo Alisha !! Vous remportez un paquet de lessive! Merci encore de votre appel Alisha.

- Je suis émue! Merci radio one, je peux passer un petit coucou?

- Eh non Alisha, il faudra nous rappeler pour ça.

Par chance, nous vivons dans un monde moderne et donc si vous voulez vivre tout ça depuis la France c’est possible : http://radioplus.defimedia.info/

 * Je tiens à préciser que ce jingle publicitaire est complètement vrai, c’est du mot pour mot

Quelle belle Teucha!

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05 mai 2016, rond point du Shoprite de Tamarin, un bébé chat surgit de nulle part dans la lumière de mes phares.

- Papa, elle est trop mignonne: regarde-la!

Je panique, je sens le piège se refermer sur moi. En bon père de famille je décide finalement de ne pas l’écraser, j’hésite puis finalement m’arrête (première faiblesse, première erreur) :

- On va remettre ce vilain chat dans le champ de canne à sucre pour qu’il ne se fasse pas écraser, je ne voudrais pas qu’il occasionne un accident.

Sop et les enfants s’en chargent (deuxième erreur), ils reviennent dans la voiture avec le chaton :

- On ne peut pas la laisser, regarde comme elle est mignonne, elle va mourir, sa maman l’a perdu, elle va se faire manger et en plus: c’est une fille!

Que veux-tu répondre à « sa maman l’a perdu »? J’ai cherché pour trouver des arguments: « sa maman est partie chasser », « elle est allée voir son mec », « elle est sans doute entrain de nous regarder en pleurant ». Mais ça ne servait plus à rien, le lien affectif était entrain de naître.

- Bon, ok on la prend mais elle reste dans le jardin, on la stérilise, on ne lui donne pas de nom et quand on rentre en France on la laisse ici (3ème erreur)

Heureux, les enfants me trouvent génial (pourtant tout ce que j’ai dis juste avant était digne d’un gros con, ce qui m’a d’ailleurs tout de suite fait comprendre que personne ne m’avait écouté).

Le lendemain, Teucha (c’est mignon non?) faisait déjà partie de la famille Reblochon et la plus heureuse était (de loin) notre chienne mauricienne Ragga qui s’en occupait comme s’il s’agissait de son propre chiot. Le seul problème c’est que Teucha était plus un chaton qu’un chiot et ses cervicales n’ont pas mis longtemps à nous le confirmer.

Les enfants, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, nous avons trouver une famille d’accueil pour Teucha : elle va avoir une longue vie heureuse!

Un peu triste de ne pouvoir dire au revoir à Teucha (qui avait déjà vécu 3 jours chez nous), Vav a quand même su en tirer les conclusions:

- Tu vois papa qu’on a bien fait de la sauver. On pourra la revoir de temps en temps s’il te plait?

- Mais non, mais non, pas la peine, papa va installer pokemon-go ma princesse!

 

 

 

L’homme gris est parmi nous

J’ai toujours eu deux principales craintes dans ma vie: avoir une maladie incurable liée à la quantité de viandox que j’ai ingurgité depuis ma plus tendre enfance et avoir un fils footballeur. Malheureusement, pas de tremblement bovin à la Creutzfeld Jakob à l’horizon mais bel et bien un fan de Griezmann à la maison. Et oui, Gauton, celui qui n’avait d’autres centres d’intérêts que Tigrou et ses puzzles, celui en qui j’avais placé mes plus grands espoirs, n’a plus que deux choses en tête : le foot et son « album Pain Nini » de l’euro 2016.

Comme m’a dit un vieux con sage « Si tu voulais qu’il soit champion de ski, tu n’avais qu’à pas aller vivre à l’Île Maurice ». Pas faux! Ceci dit, Maurice ce n’est pas non plus l’Italie… Bref tout ceci pour dire que 3 ans plus tard, Gauton et Vav la rage ont bien changé et heureusement parce-qu’ils nous en faisaient vraiment chier baver!

Aujourd’hui Vav la rage, 7,5 ans, est une véritable princesse, elle joue comme une princesse (elle emmerde son frère), elle s’habille comme une princesse et lit des livres de princesses (un truc en 25 tomes, vraiment horrible). Par chance elle a gardé encore un peu de sang de Reblochon dans les veines:

- Papa, tu sais, je pourrai jamais devenir une vraie princesse.

- Pourquoi ma princesse?

- Parce-que je suis trop sale.

Bien vue Vav la rage! Tu ne seras jamais une princesse, non pas parce-que tu es trop sale (tout le monde sait bien qu’une princesse c’est dégueulasse) mais parce-que ta mère n’a pas épousé un roi, quoique..

Bon voilà j’ai replacé le contexte: Gauton 6 ans, nous emmerde avec son ballon et ses stickers de foot et Vav, 7 ans et demi, une princesse tout simplement. Ils entament leur deuxième année Mauricienne et je me fais un devoir d’en laisser une trace sur ce blog!

 

Hit the road Jack!

Une des grandes joies d’être expatrié est de pouvoir comparer avec son pays d’origine et un des sujets qui revient souvent dans cet exercice de style est la conduite. L’usage de la route est une des premières choses qui surprend quand on arrive, la route à l’île Maurice n’a pas du tout la même fonction qu’en France, non ici la route est un espace qui n’est pas réservé qu’à la circulation de véhicules, elle a maintes fonctions supplémentaires :

- Parking (pas la peine de se mettre sur le côté à Maurice, on reste bien au milieu)

- Trottoir (pas de ségrégation, c’est pas parce qu’on n’a pas de voiture qu’on est exclu de la route ici)

- Piste  cyclable (particulièrement les 4 voies qui sont très parcourues)

- Et surtout: les courses de bus!

La première fois qu’on voit débouler un bus à mac12, on pense tout de suite a un problème de frein, une attaque cardiaque ou une diarrhée fulgurante du chauffeur mais il n’en n’est rien! Car à moins que tous les chauffeurs de bus soient atteints de chiasses éclatantes à chaque fois qu’ils prennent le volant, l’explication est nécessairement ailleurs.

J’ai mené mon enquête et j’ai trouvé! J’ai compris comment un Mauricien Hindouiste zen au possible pouvait se transformer en Shakira de la route engageant la vie de ses passagers à chaque secousse de reins :

Visiblement, il y a quelques années de cela, les bus avaient tendance à ne pas faire beaucoup de rotations et s’endormir en chemin ce qui contrariait les passagers qui devaient rentrer à pied (par la route) et c’est là que les patrons ont décidé de faire un brainstorming. Les idées fusèrent :

- On achète de nouveaux bus!

- On rajoute des sièges dans les bus!

- On augmente le prix de l’essence!

Et soudain l’idée de génie tomba:

- On paye les chauffeurs au nombre de rotations!

Et voilà pourquoi aujourd’hui les bus jouissent d’une réputation de sécurité sans nom à l’Ile Maurice! N’hésitez pas à les prendre quand même, ils ne se renversent pas souvent.

Et vivement le prochain Brainstorming!

 

Faire un contrôle technique à l’Ile Maurice en 14 jours et 8h05min

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Trois ans après notre périple Asiatique, la famille Reblochon a repris la route vers d’autres contrées lointaines au large de l’océan Indien. N’ayant pas le temps de reprendre la plume, j’avais décidé de ne pas faire d’articles mais hier j’ai changé d’avis car après 6 mois de vie ici, je me rends compte que Maurice est une mine d’or pour les anecdotes à la con. Je vous présente le premier article Mauricien du Blog : « Le contrôle technique ».

Déjà il faut savoir que le contrôle technique Mauricien, ne s’appelle pas « contrôle technique » mais « fitness » et je reconnais que c’est hyper pratique sur google car en cherchant j’ai trouvé un tas de centre de fitness pour me muscler le cul pas loin de mon travail. Heureusement à la 10ème page de google (c’est à dire au dernier « o ») on trouve tout de suite le seul site utile: http://nta.govmu.org/English/Procedures/Pages/Vehicle-Examination.aspx [10 min de perdu]. Il n’y a que 2 centres à Maurice (et pour rappel il y a 1.2 millions d’habitants…).

C’est là que tout commence : j’appelle le centre de fitness pour prendre un RDV (évidemment mon CT est déjà périmé) et j’obtiens un rendez-vous pour le 13 juin [14 jours de perdu], comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je demande ce qu’il me faut comme papier et un des éléments est « la road taxe à jour » : Pas de chance ma road taxe n’est pas à jour! Je file à la poste pour acheter ma vignette mais le guichetier me demande le contrôle technique à jour… [1 heure de perdu]

Le 13 juin arrive enfin et je m’aperçois que je n’ai pas l’heure du rendez-vous, j’appelle mon coach de fitness et il me rassure « tu viens quand tu veux », c’est là que j’ai commencé à me douter de quelque chose… Bref, à midi, je pars du boulot direction le centre de fitness! Avant de calibrer mon GPS, je recherche rapidement [15 min de perdu] l’adresse (que je trouve uniquement sur une page FaceBook) et je me lance en direction de ma terre promise.

Un long bouchon me signale que je suis arrivé, visiblement je n’étais pas le seul a avoir rendez-vous le 13 juin [30min de perdu]. Je rentre enfin, me gare et fait la queue à pied, comme tout le monde avant d’arriver devant le guichetier [20 min de perdu] :

- Numéro de rendez-vous?

- Je ne sais pas, pourquoi?

- Allez voir sur la liste la-bas et revenez

Encore plein d’entrain, je me dirige vers la liste et là horreur: ce n’est pas une liste, mais 30 pages A5 écrites à la main, mentionnant toutes les immatriculations des rendez-vous de la journée… Je prends mon courage à deux mains et commence par la fin, c’est évidemment sur une des premières page que je retrouve mon immatriculation précédée de mon « numéro de rendez-vous » que je m’empresse de retenir. [15 min de perdu]

Je reviens voir le guichetier et lui lance « 379! » il me répond aussitôt de refaire la queue [20 min de perdu] et je peux finalement payer mes 400 roupies (10€) pour pouvoir accéder au contrôle technique.

Vraiment satisfait de mon parcours, je monte dans ma voiture et m’engouffre dans la queue… 3h plus tard (sans  exagération), j’arrive devant le garagiste [3h de perdu] et je réalise que je n’ai pas pris la peine de vérifier que mes feux fonctionnaient bien avant de venir… Par chance tout est ok (la vérification a pris 1 minute montre en main) et je récupère après une nouvelle file d’attente [15 min de perdu] mon contrôle technique valable 2 ans!

« Quel dommage, je vais devoir attendre 2 ans avant de pouvoir y retourner! » Me suis-je dis en quittant Forest Side et en rédigeant cet article le 14 juin… Mais quelle naïveté!!

Hier, le 07/07/2016, je décide d’aller payer ma « road taxe » (comme toutes les transactions du pays: en cash à la poste), je montre fièrement mon contrôle technique valable 2 ans au guichetier qui m’explique qu’il me manque le papier signé et tamponné par l’agent: j’avais donc oublié de faire l’ultime file d’attente…

Je passe les détails mais je perds encore [2 bonnes heures]

Le contrôle technique à l’Ile Maurice? Une expérience unique!

 

Natural Games 2013 – highline avec un « Jambon »

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Après le Portugal (peu documenté sur le blog), nous avons décidé de terminer notre voyage en Asie par le festival des Natural Games à Millau (France) en compagnie de la Team « Jambon Slackline USA ».

Article à ne pas lire si vous n’êtes pas adepte de la slack…

Le soleil orange s’écrase derrière les falaises vertigineuses des gorges de la Jonte bien plus lentement que la testicule gauche de Frederik O’Malley* entre sa cuisse et son leach** de highline, ça y est, la première journée des Natural Games 2013 touche à sa fin. Cette année sur le magnifique terrain de jeu de Millau, il y a des highlines pour tous les goûts et pour tous les niveaux. Fredérik, 37 ans, est un « jeune » Texan qui en veut, il est là comme beaucoup pour goûter au grand frisson des lignes tendues dans le vide, mais comme beaucoup, il va surtout ce soir goûter au grand saucisson Aveyronnais en massant ses parties génitales qui servent actuellement d’amortisseurs à ses multiples leash-fall***. Mais Frederik n’a pas dit son dernier mot :
« Je n’ai pas dit mon dernier mot » a-t-il même prononcé à la sortie de ses diverses tentatives. Dernier mot ou pas, Frederik O’Malley n’a certainement pas dit sa dernière connerie, car ce soir, après avoir avalé son xprime, il va forcément entrer en trance devant le déhanché envoûtant de Wax Tailor.

Vendredi matin, Frederik sort la tête de sa tente à 14h, à côté de lui sa conquête de la veille prend soudain une allure moins séduisante qu’avec 3 grammes d’alcool dans le sang. Frederik jette un dernier regard sur le barbu qui partage son duvet et c’est reparti pour une grosse session de highline.
Mais ce vendredi, la météo n’est pas des plus rassurante et Frederik décide finalement de garder ses testicules au chaud pour le lendemain.

Samedi, le ciel n’inspire pas non plus notre highliner en herbe qui préfère prendre un bouillon en s’approchant des célèbres highlineuses (Faith Dickey et Ancee Kancee Kucharova) que de broyer à nouveau une de ses deux compagnonnes de route.

Le soleil revient enfin dimanche et par chance, Roger (sa copine de jeudi soir) n’a pas voulu de lui la nuit dernière: c’est le moment idéal pour le jeune Frederik de se remettre en piste sur ce qu’il appelle désormais « ma highline ».
A ce jour, personne ne sait si finalement il est parvenu à traverser la ligne de 25 mètres installée à plus de 110 mètres de hauteur, mais aux derniers rayons de soleil, il essayait encore. Si vous n’êtes pas venus aux Natural Games de juin 2013, voilà ce que vous auriez pu vivre, bien qu’évidemment chacun vit ce festival à sa manière…

Quant à moi, reporter amateur de 4petitspiedsenasie.fr, il est temps que j’arrête mes conneries articles et que je remette mon badge et ma chemise car les vacances sont finies…

* Team « Jambon Slackline USA »
** corde de sécurité qui retient le funambule à la slackline.
** chute dans le baudrier sans rattraper la slackline avec les mains.



 

Portugal, nous voilach

« Chérie, passe-moi la manivelle, j’vais lui montrer ce que c’est qu’un vrai store », avec mon Omnistore de 3 par 3, les autres camping-caristes n’ont qu’à bien se tenir.

Voyager en camion ou en camping-car avec des enfants offre pas mal d’avantages comparé à un voyage sacs aux dos. En camion, on a enfin notre propre moyen de locomotion, on a enfin une « cuisine », une « douche », des « toilettes » et surtout, les enfants ont leur chambre (en réalité c’est plus un caisson avec un matelas). Mais il faut reconnaître que ce mode de voyage apporte son lot de désagréments, comme par exemple : rester bloqué 3 jours à Guincho parce que votre moyen de transport a décidé de tomber en panne pendant un jour férié, ou bien ; lécher du bout de la langue sa pastille tous les soirs pour faire tenir les pare-soleils, se retrouver bien savonné dans la douche avec le réservoir d’eau subitement vide, mais le problème number one de tout bon camping-cariste reste et restera toujours : la pente.

La pente est l’ennemie du camping-cariste, c’est l’avalanche du skieur, le Depardieu de l’hôtesse de l’air, le pet dans l’ascenseur, bref la pente ça craint. Pour pallier à ce problème le camping-cariste dispose de 2 cales et de beaucoup de patience pour satisfaire l’horizontalité et l’honneur de sa femme. Dans le milieu, un camping-car en pente, c’est la honte, mais pour nous la pente offre l’énorme avantage de pouvoir faire redémarrer notre camion. Donc contrairement à nos confrères camping-caristes nous recherchons les pentes les plus fortes et subissons tous les problèmes qui leurs sont liées : l’eau qui n’arrive plus jusqu’aux robinets, le nouveau puzzle de Balou qui glisse sur la table et Vav qui tombe de son lit.

Mais aujourd’hui, après avoir passé 2 bonnes nuits sur le parking du garagiste, notre camion et ses passagers peuvent enfin redémarrer :

— Niveau d’eau ?
— 120 litres
— Cassette à caca ?
— Presque vide.
— Chasse d’eau ?
— ¾ pleine.
— Butane ?
— Coupé
— Propane ?
— On n’en n’a pas.
— Gauton ?
— Sanglé dans son lit.
— Gilet jaune, triangle et test d’alcoolémie ?
— Triple-ok
— Lanterneaux ?
— Fermé.
— Vanne à eaux usée
— Ouverte.
— Vaisselle ?
— Faite.
— Ok moumoune, on y va !

Portugal, nous voilàch.



 

Après l’Asie, le mauvais temps

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Suite à une demande croissante des lecteurs de 4PetitsPiedsEnAsie (ma mère et ma belle-mère) je reprends le récit de nos pérégrinations. Après un moment de doute à Toulouse et une brève escale sur les célèbres rampes de sauts à ski d’Err (wat’err jump), nous sommes aujourd’hui à Lisbonne, lieu capital dans l’histoire de la colonisation de l’Inde (il y a un bien fil conducteur). Comme à l’époque des conquérants Catalans, c’est à bord de notre « Moute » remasterisé* que nous sommes parvenus à réaliser la traversée historique « Leucate – Lisbonne » en moins de 48h avec comme unique anicroche un contrôle de la sympathique et accueillante guardia civile Portugaise.
Par chance, les experts de la circulation Portugaise n’ont rien trouvé à redire des diverses installations artisanales du Moute et nous avons pu reprendre « rapidement » la route vers la Mecque de la faïence et de l’épilation à la cire.
Afin de ne pas perturber nos enfants, nous avons choisi d’établir notre camp de base avenue des Indes à Lisbonne mais à part quelques moustaches magnifiquement portées par une poignée de Portugais, nous n’avons trouvé ici quasiment aucune trace de culture Indienne. Cependant une nouvelle culture nous a explosé au visage : la culture du camping-cariste. La culture du camping-cariste existe et compte un bon nombre de règles et de coutumes que les initiés appellent tout simplement « le code ».
Le code se décline en plusieurs chapitres et alinéas et il faut des années d’expérience pour le maîtriser dans sa totalité. La première règle du code concerne la hiérarchie : comme dans une entreprise, la hiérarchie est à respecter et avec notre fourgon aménagé à la scie sauteuse et à la mousse à expansion, nous figurons au bas de l’échelle, à peine au-dessus de la tente 2 secondes de Décathlon.

Sur la route, il est de bon ton de saluer ses semblables d’un geste viril de la main, mais cette règle ne s’applique
pas quand on circule en camion aménagé, l’offense est identique à celle faite par un ado de 15 ans sur sa mob qui salue du pied un tatoué en Harley.

Un camping-cariste est un personnage respectable et plus son CC est gros plus le respect est important. Mais nous avons beau être le maillon faible de cette extraordinaire chaîne, nous vidons tous notre cassette à caca dans le même trou et comme le laisse sous-entendre l’allure décontractée et fière de la camping-cariste de chez Narbonne-accessoires** p.124, ce moment-là est des plus intenses en émotion. Tout d’abord, il faut extraire la cassette (au préalablement refermée de préférence), la secousse provoquée engendre un va et viens de la matière fécale maintenue sous une forme liquide. A ce stade, surtout si vous débutez, il faut éviter de penser à ce que contient la cassette, pour ça il est recommandé de fredonner une chanson au refrain entraînant (« que je t’aime » de Johnny Halliday est ordinairement d’usage). Une fois la cassette entre les mains, vous devez vous rendre jusqu’au point d’évacuation en charriant avec vous une quinzaine de kilo de merde (le top de la classe étant évidemment la cassette à roulette de Narbonne Accessoires). Le reste n’est plus que du plaisir : un régal pour vos papilles et plus le liquide s’écoule de votre récipient, plus les autres camping-caristes vous regardent avec respect et admiration, car une cassette ben rempli, c’est un voyage réussi.

* Transformation d’un trafic L2H1 en master L3H3
** La bible du camping-cariste Français





 

Back to reality

Totalement jetlagué, à 4h du matin dans la cuisine du bon vieux Verrou, devant un café qui n’a pas été prédigéré par un quelconque rongeur, j’assiste à la rediffusion d’une émission mettant en scène une espèce de pseudo star française bedonnante aux formes généreuses qui se prélasse au soleil avec un pécheur indonésien sur une eau turquoise.

— Et vous faites ça tous les jours ?! demande-t-elle la gueule plâtrée, au pauvre type qui n’a pas les moyens de mettre un moteur sur son radeau.
— Oui depuis que ma femme est morte d’une rage de dent, j’élève mes 6 enfants, c’est très dur.
— Ah oui je comprends ! Bon allez, c’est pas le tout, mais ça me donne faim tout ça ! Je me taperais bien un petit bœuf Kobe, je connais un resto sympa : l’Arakawa à Tokyo, ça doit pas être bien loin d’ici ? Mais j’insiste, le vin c’est pour moi !

Pendant que certains profitent à l’autre bout du monde, d’autres subissent la pluie, le froid, un dégât des eaux et attendent devant un enduit qui n’arrive pas à durcir. Mais tout n’est pas si noir, il y a des bons côtés à être de retour en France, comme se balader dans les rayons de Leroy Merlin, se rendre compte que son lave-vaisselle est en panne, s’apercevoir que l’alcool qu’on avait mis en dépôt-vente chez son beau-père a été bu vendu, apprendre à réutiliser du papier toilette et surtout le must : faire sa déclaration d’impôt.
Quand on est arrivé en France le 19 mai, certaines choses étaient complètement bouleversées, comme la coupe de cheveux de mon frère et le poids de notre chien tandis que d’autres n’avaient pas bougé d’un iota comme par exemple l’arôme du vin rouge, la surdité de mon père et la connerie de notre voisine. Mais dans l’ensemble, le bilan est assez positif (si toutefois on enlève la coupe de cheveux de mon frère) car on sent que les enfants apprécient vraiment de pouvoir enfin reparler Français, même si Gauton fait encore quelques dérapages :

— Et qu’est-ce qu’on dit à mamie Lulu?
— Thank you! Tarimakasi!
— Mais qu’est-ce qu’il me laconte* celui-là, hé?

Pour les chiffres, notre voyage en Asie du sud-est nous aura coûté 15605.15€**, ce qui est le prix d’une Kia Venga 1.4L Essence, donc à tous ceux qui en ont marre de la tronche de leur voisine et qui ont les moyens de se payer une Kia Venga : achetez plutôt une trottinette et prenez un billet, ça en vaut la peine! On le réalise d’autant plus quand on est de retour sur sa trottinette…

Demain, l’aventure continue avec 4PetitsPiedsEnAsie au Portugal! ;)

* le « R » n’existe pas dans le patois de Lulu.
** 15605.15€ moins 5240€ de transport (avion/train/bus) soit 41.4€ par jour.

 

This is the end…

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— Qu’est-ce que tu veux faire Gauton?
— Z’ai envie de rentrrrer…
Cette phrase pendant le voyage, nous l’avons entendu une bonne 250aine de fois et aujourd’hui nous pouvons enfin lui répondre :
— Ah tu veux rentrer? Voilà, t’as gagné! On retourne à la maison!

Ça y est, nous avons quitté Bali hier matin à 6h20 après avoir joyeusement contribué aux frais de l’aéroport international de l’île. Pour la modique somme de 150 000 roupies (15 USD) nous avons eu le droit de quitter Bali par avion, mais rassurez-vous, si comme moi, vous n’avez plus de roupie en poche à ce moment crucial, vous pouvez toujours payer en euro à un taux extrêmement défavorable (15 USD = 20€)…

Nous voilà donc de retour à Singapour pour notre ultime escale avant le grand retour…
Si pour Vav, les sentiments sont partagés, pour Gauton ils sont des plus limpides : Il veut rentrer. Pourtant, quand on le questionne sur sa maison en France, il n’en n’a plus le moindre souvenir… Cela ne fait que 9 mois que nous avons quitté les lieux mais pour lui ça représente déjà le tiers de sa vie. C’est comme si Mamou partait en voyage pendant 23 ans : elle ne se souviendrait pas non plus de la couleur de ses toilettes, ni du prénom de son hamster (qui serait mort de toute façon).

En guise de conclusion, voici un classement tout à fait personnel de ce que nous avons vécu et ressenti pendant notre voyage:

La ville la plus zen : Paï – Thaïlande
La plage la plus belle : Nipah – Tioman – Malaisie
Les fonds les plus beaux : Menjangan – Bali – Indonésie
Les plus grosses teufs : Koh Phi Phi – Thaïlande
Le meilleur spot de kite/planche : Muiné – Vietnam
La guesthouse la plus zen : Koh Siboya guesthouse – Thaïlande
Les gens les plus gentils : Les Kmers
Les plus beaux lady-boys : Patong – Phuket – Thaïlande
Les plus beaux temples : Angkor – Cambodge
Le meilleur spot de grimpe : Koh Yao Noi – Thaïlande
Le plus beau spot de surf : Uluwatu – Bali – Indonésie
Les gens les plus petits: Les Vietnamiens
Le pays où l’on mange le mieux : Vietnam
La ville où l’on mange le mieux : Georgetown – Penang – Malaisie
Les transports les plus chers : Bali – Indonésie
Les plus beaux paysages : Vietnam
La meilleure bière : Bintang – Bali – Indonésie
La vie la moins chère : Cambodge

Et comme j’adore les listes, voici les choses qui vont nous manquer le plus en rentrant en France:

-La douchette à cul qui rend les fesses moites en sortant des toilettes.
-Le fried-rice bien fried à moins d’un euro.
-La négociation systématique.
-Ne jamais mettre de chaussettes.
-Ne jamais faire la cuisine, ni le ménage.
-Ne pas travailler.
-Faire la lessive quotidienne assis dans la douche.
-15000€.
-Changer de maison tous les 3 jours.
-Chercher ce qu’on va bien pouvoir faire demain.
-Le dépaysement.
-Pouvoir se doucher pendant qu’on coule un bronze.
-Les rabatteurs de taxi et de touk-touk.
-Rouler à 4 en scooter.
-Se faire dominer par un chinois.
-Apprendre le vocabulaire de base dans les nouveaux pays.
-Rencontrer d’autres voyageurs.
-Perdre des trucs dans les bus.
-Vouloir mettre nos enfants à la DASS.
-Faire les marchés.
-Chercher des aires de jeux pour les enfants.
-La musique du 7-eleven.
-Ramasser des coquillages.
-Voir Gauton qui mange un truc épicé.
-Les massages.
-L’odeur de l’encens, le prix de l’essence.
-Les fruit-shake et les pancakes.
-Enlever ses tongs dès qu’on entre quelque-part.
-Les moustiques.
-Ecouter les déglairages (action bruyante servant à extraire toute glaire de son corps)
-Dire « no thank you » toute la journée.
-Chercher un slip dans le sac rouge.
-Avoir toujours les mêmes fringues.
-Monter le lit parapluie.
-Et surtout d’être tous les 4 ensemble…

Voilà surement le dernier article de notre virée Asiatique 2012-2013, ça aussi ça va me manquer…
Fin de la transmission.
:(

 

Sous l’océan

Menjangan est une petite île à côté de Java, au nord-ouest de Bali et pour 20$/personne (ou 40 si vous ne voulez pas négocier) vous pouvez vous y rendre et faire une excursion en snorkeling depuis Pemuteran.

Des spots que nous avons pu faire durant notre voyage, c’est de loin le plus beau avec un tombant de trente mètres où l’on voit poissons lion, papillon, chirurgien, ballon, barracudas, étoiles de mer, corail dur et mou en masse… Les fonds sont si beaux, que Papou le Verrou en a même oublié sa Bintang de midi et pensé in extremis à celle treize heures. Notre vieille dame quant à elle, a littéralement cloué le bec à deux plongeurs en bouteille en passant devant eux en apnée pour aller chercher son dentier tombé au pied du mur de corail à 32 mètres de profondeur. Mais si ses fausses dents ont donné des nageoires à notre aînée, c’est de loin Vav qui s’est le plus surpassée à tel point qu’elle n’a pas arrêté de nager la nuit suivante tout en fredonnant le célèbre air « Sous l’océan » de la petite sirène. Par chance son matelas était au sol et ses brasses ne l’ont entraînée que jusque sous notre lit.

Le coin a tellement plu à Mamou et son petit père qu’ils ont même décidé d’offrir au chauffeur du bus un de leur sac contenant quelques papiers importants, une copie de la Rolex de Sarkozy et une casquette Ricard remportée au tournoi de pétanque de Juan les Pins en 86. La générosité légendaire de notre Verrou ne cessera jamais de nous surprendre.



 

Bedugul – Bali

Quoi de mieux que de prendre l’air en montagne avant de profiter de la plage à nouveau ? Présenté de cette manière, ça sonne plutôt bien, mais l’option que nous avons choisie n’avait rien de très intéressant. Bedugul, sur la carte nous paraissait être un coin paumé et effectivement ça l’est : il y a peu de touristes, peu de logements (17$ chambre double, blattes included) et pourtant la circulation est proche de celle d’une rocade Toulousaine les jours de neige. Toutes blattes mise à part, il y a dans ce coin de Bali, des paysages époustouflants, des rizières en terrasse à perte de vue, des sources d’eau chaude et il y règne une ambiance assez conviviale.

C’est à Bedugul que j’ai remarqué un truc bizarre : au-dessus de la plupart des petits troquets, on trouve des affiches publicitaires pour la marque « ABC » personnalisées avec le visage épanoui du gérant en « mode winner ». Ça fait à peu près le même effet que si vous alliez au PMU du coin et qu’au-dessus de la porte, vous aviez une pub Ricard avec la tête à Dédé un verre à la main qui vous accueillait. Ça semble assez surprenant, mais à Bali, c’est la classe ultime à tel point que celui qui ne possède pas sa propre pub personnalisée fait figure de looser dans le quartier. Voici donc en exclusivité un échantillon des quelques plus belles pubs trouvées sur notre route :



Après 2 jours passés à Bedugul, nous avons décidé de quitter nos chambres et nos blattes pour rejoindre les terres plus hospitalières du nord-ouest de Bali : Pemuteran.
 

Secret Kopi

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Si votre temps est limité à Bali, zappez Kuta, ça ne vaut pas le détour, sauf bien sûr si vous cherchez des bars, des boites et des bars… Même Legian indiqué comme « plus calme » par le Lonely Planet n’a rien d’un havre de paix…
En revanche Ubud est un coin à ne pas louper, la ville est très agréable et les environs variés et dépaysants. Grâce à l’intermédiaire des Manohés (une sorte de « Meetic » pour voyageurs avec enfants), c’est à Ubud que nous avons retrouvé Nelly, Steph et leur petit Gabin. Comme à son habitude, Gauton a immédiatement rebaptisé Gabin en Noé et c’est en grande partie grâce à ce nouveau Noé de 6 ans, que Vav a commencé à faire ses premières brasses sans brassards.

Côté adulte, nous n’avons pas perdu de temps pour partager slack, bières, massages, bières, poker et bières. Comme quoi les Bordelais ne sont pas tous antipathiques ;) et nous espérons bien les revoir en France…

Il y a une chose qu’il faut savoir sur Bali, c’est que le café y est mauvais, et c’est une fois qu’on s’est mis ça en tête qu’on peut commencer à apprécier les différents degrés de médiocrités et en quelques semaines on arrive même à se persuader que le Balinese Kopi est buvable. Aujourd’hui, nous avons visité une ferme qui produit du café et nous avons enfin percé le mystère de ce café. Tout comme Coca-Cola (une boisson américaine), les Balinais ont une recette secrète qui est toutefois moins bien gardée que celle du fameux soda car pour quelques roupies vous pouvez tout découvrir. Il se trouve que les graines de café ne sont pas récoltées à la main, mais tout simplement mangées par des mangoustes avant d’être récupérées dans leurs excréments. Une fois lavées, les graines sont cuites puis moulues comme si de rien n’était. Le café Balinais avant d’être bu a donc d’abord été chié. Ce qui enfin de compte ne nous a pas vraiment étonné.

Mais rassurez-vous, tous les cafés de Bali ne sortent pas du cul d’une mangouste et si vous payez votre café moins de 10 000 roupies, il n’y a aucune chance que les graines soient passées dans les intestins de ce sympathique animal.

Dans tous les cas, si j’ai un bon conseil à vous donner : à Bali, buvez du thé.



 

Padang-Padang

Tout le monde nous avait dit que Bali allait être une destination « facile » et pour le moment, c’est le moins que l’on puisse dire… Car contrairement à ce qu’avance la nouvelle édition du Lonely Planet (qui à notre avis est vraiment nulle), il y a un paquet de logements à petit prix, pour des prestations plus que correctes (exemple à Padang-Padang : Padang-Padang Inn, chambre double à 14$ la nuit à 50m de la plage…) Donc, si vous voulez gagner 500 grammes dans votre sac et que vous ne comptez pas vous installer dans des hôtels à 300€ la nuit : n’emportez pas ce guide ou allez directement sur lasminute!..

A Padang-Padang, il y a vraiment de quoi faire : bloc, slackline, shopping, pauses Bintang*, surf, Australiennes en string et un bon paquet de Brice de Nice en orbite autour. Comme « ce n’était pas notre mer » et sentant que les vagues ne nous voulaient pas plus que ça, Nico** et moi avons finalement terminé notre session de surf, les doigts plein de pof avec un couple de grimpeurs Suédois débarquant tout juste d’un voyage en Crête apparemment très riche en escalade.

Du côté de Padang-Padang, il y a une multitude de petites plages et criques, malheureusement, certaines sont défigurées par les habitations et les restaurants, comme par exemple Dreamland Beach qui en fonction d’où on prend la photo ressemble à ça où à ça. Bali n’échappe donc pas à la règle, le traitement des eaux usées et des ordures posent ici (comme dans les autres pays que nous avons visités), un petit problème…

Comme à son habitude dans un nouveau pays, Gauton n’a pas attendu longtemps pour perdre son avant dernier doudou affectueusement nommé « mon doudou sale ». Mais rassurez-vous, la perte du doudou n’est plus un problème difficile à gérer pour les Reblochons :

— Il est où mon doudou sale ?
— Il est certainement noyé, emporté par la marée à cette heure ou pire encore. Mais tu as toujours ton dernier doudou : « doudou propre » !
— Ze ! Veux ! Mon ! Dou ! Dou ! Sale !

C’est fou comme à deux ans on aime les choses sales, c’est vrai ça, quoi de mieux qu’un doudou qui pue ou qu’un slip dégoulinant d’urine ? Bref, c’est une fois encore délesté d’un doudou (Doudou Le IVème) que nous quittons le calme de Padang-Padang pour remonter tranquillement en direction du nord de l’île.

* Bière locale.
** Pote de pote, rencontré par hasard là-bas.



 

Welcome to Singapore…

Le moyen le moins cher pour rejoindre Singapour depuis Koh Samui est le bus*. Partis à 6h00 le dimanche matin, il ne nous a fallu que 29h pour rejoindre le centre-ville de Singapour. 29h de transport non-stop, avec 4 changements de bus au pas de course, deux passages de douanes, le tout avec seulement 4 places assises pour 6 et une pause repas de 20 min… accompagnés de nos deux jeunes enfants et de nos deux personnes âgées, c’est long. Sans compter le fait que notre dernier bus nous a « oubliés » à la frontière de Singapour emportant à jamais avec lui une partie de nos affaires et le peu de sympathie que nous avions encore envers son chauffeur. A sa décharge, il faut avouer que j’ai été pas mal ralenti par une fouille des plus complètes échappant de justesse au toucher rectal et à l’analyse de sperme. Un conseil à tous ceux qui passent cette frontière : n’apportez pas de tabac sinon il vous en coutera 4S$ de taxe par 10 grammes (si ce n’est pas l’amende de 500S$)…

Si de part sa rigidité, Singapour n’est pas un lieu qu’on pourrait qualifier d’hospitalier, il n’en reste pas moins un coin génial pour acheter du matériel informatique à petit prix et nos deux compères numériquophils ne se sont pas gênés pour y faire de bonnes affaires : un IPhone et une tablette pour 700€ (je ne parlerai pas du petit dérapage sur le clavier Bluetooth en qwerty ni de la Nintendo NES 8 bit).
Ici, il est quasiment impossible de trouver un logement pour moins de 20S$** par adulte et les chambres dans les hôtels étant hors de prix (125S$), nous avons opté pour une des guesthouses avec dortoir mentionnée dans le Lonely Planet. L’ambiance sympa était bien au rendez-vous, mais bizarrement, les cris de nos enfants n’ont pas eu l’air de plaire au staff de l’auberge qui a fait subitement augmenter le prix de la deuxième nuit de 80S$ (pour nous 6) à 100S$…

Singapour n’est pas une destination révée pour les enfants mais heureusement notre escale est de courte durée et Bali/Lombok seront certainement bien plus accueillants…

* 1550 Baths/adulte, environ 40€.
** environ 15€

 

De Bangkok à Koh Samui

1

Si comme nous, l’immensité, la chaleur, la foule et la pollution de Bangkok ne vous attirent pas particulièrement, il existe pour vous un moment idéal pour visiter la ville: Songkran.

Songkran est le nouvel an Bouddhique et comme pour toutes les nouvelles années dans beaucoup de pays au monde, en Thaïlande, on fait la fête. Et si au Canada on mange du ragoût de patte de cochon, si en Espagne on s’empiffre de raisin, si en France on prend soin de sa cirrhose, en Thaïlande on s’arrose non-stop pendant trois jours et trois nuits. A grands coups de seaux ou de pistolets à eau, il est impossible de ne pas se faire mouiller autour de Khao San road du 12 au 15 avril, particulièrement si vous êtes une femme et d’autant plus si vous avez une forte poitrine. Papou le verrou l’avait bien compris en choisissant son vol pour Bangkok un 13 avril…
Songkran permet donc de marcher au frais en s’amusant avec ses enfants et même si beaucoup de Thaïs sont en vacances, la ville de Bangkok est loin d’être désertée.

Mais aujourd’hui Bangkok est loin derrière nous, aujourd’hui c’est dans un lagon bleu turquoise que nous nous rafraîchissons sur l’île de Koh Samui. Hormis le cadre magnifique que nous offre ce paradis en mer de Chine, hormis les parties génitales rocheuses de l’île, Sop et moi sommes fortement déçus car Papou le verrou n’a en fin de compte de John Locke que le crâne… A part jouer de l’iPhone et du PC, à part se faire masser à moitié nu sur la plage, à part dormir dans les plus luxueux bungalows de la côte Est Thaïlandaise, notre John Locke à nous n’a pas grand-chose à voir avec un aventurier. Dans un élan héroïque, il a bien essayé de manger un plat épicé, mais les inévitables démangeaisons dans une des parties les plus secrètes de son anatomie ont réussi à le faire sortir de route et à renverser son scooter entraînant dans sa chute, vieille dame et petite fille…

Bref, si notre Verrou n’est pas encore tout à fait prêt à survivre plus d’un quart d’heure sur une île déserte, il n’en reste pas moins un être doté d’une forte capacité d’orientation et même si aujourd’hui il n’a pas réussi à retrouver le restaurant où nous avons déjà diné plus de 5 fois, en sa compagnie nous ne risquons pas de nous égarer.



 

« Le Verrou » is back

Une goutte éclate sur son crâne luisant, il est 6h du matin, imperturbable il regarde l’horizon fait d’un garage crasseux et d’un russe à la peau grisée par la cigarette. 12h de bus se sont écoulées depuis Bangkok et le petit père est déjà un autre homme. Tout le monde autour de lui est fatigué, énervé d’être bloqué sous la pluie à l’aube. Le russe glaviotant s’approche de lui :

— J’ai peur de rester bloquer ici…
— Le plus grand handicap, c’est la peur, dit-il le regard fixe.
— Tu viens pour les filles ? Je peux te donner 2 ou 3 conseils si tu veux.
— La plus grande distraction, c’est le travail.

Perplexe, le russe se rallume une clope. La vieille dame de son côté ne s’est pas rendu compte que la magie avait opéré dans les yeux de son petit père.

— Va me chercher un café petit père !

En ce 17 avril, le petit père, n’est plus. A nos côtés, John Locke a pris l’entière possession de son corps et de son esprit. Rejetant l’ordre d’un simple geste de la main, il sait que dans quelques heures il sera sur son île à jouer de la machette et de l’opinel.

Qu’il est loin le temps de la dictature féminine, le temps de la soumission, de l’oppression et des charges patronales, qu’il est loin l’homme voûté par le poids des années, aujourd’hui le vieillard à l’œil de l’étalon et la rage de vivre du prématuré sous sa couveuse, aujourd’hui le petit père ose enfin dire « non ».
Un bus pourri arrive finalement :

— Koh Samui, Koh Samui ! hurle le chauffeur.
— Mets donc tes lunettes petit père! Il va y avoir du soleil sur le bateau! lance la vielle dame.
— Mon nom est « Le Verrou », « Papou Le Verrou ».

La machine est en marche, « Koh Samui me voilà » songe-t-il pendant que sa femme rassemble les pièces des puzzles de ses petits-enfants éparpillées par terre et que nous contemplons la scène d’un œil extérieur, enfin reposés…



 

Le papou de Papouasie

2

En ce premier jour de Songkran*, nous avons décidé de nous éloigner des joyeuses festivités humides des rues pour nous offrir un petit bol d’air conditionné à l’aéroport international de Bangkok.
Levés à 7 heures, arrivés à 9, nous nous sommes placés en première ligne des arrivées pour jouer au jeu du « à qui ressemble-t-il ? » et avons comparés sans relâche plus de 25 000 visages à des acteurs, à Laetitia Millot, à des comiques, à Michel Leeb, tout cela dans la joie et la bonne humeur. Après avoir trouvé une bonne centaine de Bruce Lee, une cinquantaine de « Papou – Mamou » et jugeant que la plaisanterie avait assez durée nous sommes retournés vers nos lointains et ruisselants quartiers de Khao San Road, éreintés et affamés.

Quelle ne fut pas notre surprise de trouver à notre arrivée, dans la chambre mitoyenne à la nôtre, la Mamou de Malaisie*, suivi de près par son petit père (le papou de Papouasie) et par leurs deux petits-enfants: Vav et Gauton.

— Vav et Gauton !? Exactement les mêmes noms que nos enfants ! D’ailleurs si vous voulez on peut vous donner toutes leurs affaires, nous venons justement de les perdre entre deux salves d’eaux !

Le hasard a fait si bien les choses que nous avons finalement décidés de faire un bout de chemin en leurs compagnies… à la condition bien sûr que leurs deux petits-enfants ne bouleversent pas notre tranquillité si récemment et difficilement acquise…

* Autrefois appelée « la vielle dame », ce terme est désormais hautement censuré et donc bannie de mon vocabulaire.