Category Archives: Thailande

De Bangkok à Koh Samui

1

Si comme nous, l’immensité, la chaleur, la foule et la pollution de Bangkok ne vous attirent pas particulièrement, il existe pour vous un moment idéal pour visiter la ville: Songkran.

Songkran est le nouvel an Bouddhique et comme pour toutes les nouvelles années dans beaucoup de pays au monde, en Thaïlande, on fait la fête. Et si au Canada on mange du ragoût de patte de cochon, si en Espagne on s’empiffre de raisin, si en France on prend soin de sa cirrhose, en Thaïlande on s’arrose non-stop pendant trois jours et trois nuits. A grands coups de seaux ou de pistolets à eau, il est impossible de ne pas se faire mouiller autour de Khao San road du 12 au 15 avril, particulièrement si vous êtes une femme et d’autant plus si vous avez une forte poitrine. Papou le verrou l’avait bien compris en choisissant son vol pour Bangkok un 13 avril…
Songkran permet donc de marcher au frais en s’amusant avec ses enfants et même si beaucoup de Thaïs sont en vacances, la ville de Bangkok est loin d’être désertée.

Mais aujourd’hui Bangkok est loin derrière nous, aujourd’hui c’est dans un lagon bleu turquoise que nous nous rafraîchissons sur l’île de Koh Samui. Hormis le cadre magnifique que nous offre ce paradis en mer de Chine, hormis les parties génitales rocheuses de l’île, Sop et moi sommes fortement déçus car Papou le verrou n’a en fin de compte de John Locke que le crâne… A part jouer de l’iPhone et du PC, à part se faire masser à moitié nu sur la plage, à part dormir dans les plus luxueux bungalows de la côte Est Thaïlandaise, notre John Locke à nous n’a pas grand-chose à voir avec un aventurier. Dans un élan héroïque, il a bien essayé de manger un plat épicé, mais les inévitables démangeaisons dans une des parties les plus secrètes de son anatomie ont réussi à le faire sortir de route et à renverser son scooter entraînant dans sa chute, vieille dame et petite fille…

Bref, si notre Verrou n’est pas encore tout à fait prêt à survivre plus d’un quart d’heure sur une île déserte, il n’en reste pas moins un être doté d’une forte capacité d’orientation et même si aujourd’hui il n’a pas réussi à retrouver le restaurant où nous avons déjà diné plus de 5 fois, en sa compagnie nous ne risquons pas de nous égarer.



 

« Le Verrou » is back

Une goutte éclate sur son crâne luisant, il est 6h du matin, imperturbable il regarde l’horizon fait d’un garage crasseux et d’un russe à la peau grisée par la cigarette. 12h de bus se sont écoulées depuis Bangkok et le petit père est déjà un autre homme. Tout le monde autour de lui est fatigué, énervé d’être bloqué sous la pluie à l’aube. Le russe glaviotant s’approche de lui :

— J’ai peur de rester bloquer ici…
— Le plus grand handicap, c’est la peur, dit-il le regard fixe.
— Tu viens pour les filles ? Je peux te donner 2 ou 3 conseils si tu veux.
— La plus grande distraction, c’est le travail.

Perplexe, le russe se rallume une clope. La vieille dame de son côté ne s’est pas rendu compte que la magie avait opéré dans les yeux de son petit père.

— Va me chercher un café petit père !

En ce 17 avril, le petit père, n’est plus. A nos côtés, John Locke a pris l’entière possession de son corps et de son esprit. Rejetant l’ordre d’un simple geste de la main, il sait que dans quelques heures il sera sur son île à jouer de la machette et de l’opinel.

Qu’il est loin le temps de la dictature féminine, le temps de la soumission, de l’oppression et des charges patronales, qu’il est loin l’homme voûté par le poids des années, aujourd’hui le vieillard à l’œil de l’étalon et la rage de vivre du prématuré sous sa couveuse, aujourd’hui le petit père ose enfin dire « non ».
Un bus pourri arrive finalement :

— Koh Samui, Koh Samui ! hurle le chauffeur.
— Mets donc tes lunettes petit père! Il va y avoir du soleil sur le bateau! lance la vielle dame.
— Mon nom est « Le Verrou », « Papou Le Verrou ».

La machine est en marche, « Koh Samui me voilà » songe-t-il pendant que sa femme rassemble les pièces des puzzles de ses petits-enfants éparpillées par terre et que nous contemplons la scène d’un œil extérieur, enfin reposés…



 

Le papou de Papouasie

2

En ce premier jour de Songkran*, nous avons décidé de nous éloigner des joyeuses festivités humides des rues pour nous offrir un petit bol d’air conditionné à l’aéroport international de Bangkok.
Levés à 7 heures, arrivés à 9, nous nous sommes placés en première ligne des arrivées pour jouer au jeu du « à qui ressemble-t-il ? » et avons comparés sans relâche plus de 25 000 visages à des acteurs, à Laetitia Millot, à des comiques, à Michel Leeb, tout cela dans la joie et la bonne humeur. Après avoir trouvé une bonne centaine de Bruce Lee, une cinquantaine de « Papou – Mamou » et jugeant que la plaisanterie avait assez durée nous sommes retournés vers nos lointains et ruisselants quartiers de Khao San Road, éreintés et affamés.

Quelle ne fut pas notre surprise de trouver à notre arrivée, dans la chambre mitoyenne à la nôtre, la Mamou de Malaisie*, suivi de près par son petit père (le papou de Papouasie) et par leurs deux petits-enfants: Vav et Gauton.

— Vav et Gauton !? Exactement les mêmes noms que nos enfants ! D’ailleurs si vous voulez on peut vous donner toutes leurs affaires, nous venons justement de les perdre entre deux salves d’eaux !

Le hasard a fait si bien les choses que nous avons finalement décidés de faire un bout de chemin en leurs compagnies… à la condition bien sûr que leurs deux petits-enfants ne bouleversent pas notre tranquillité si récemment et difficilement acquise…

* Autrefois appelée « la vielle dame », ce terme est désormais hautement censuré et donc bannie de mon vocabulaire.



 

Run BKK

Notre première escale Thaïlandaise prend fin par sa capitale, l’abandon à son triste sort de Ben the slack et le luxe de la demeure de notre ambassadeur préféré. C’est étrange et agréable de se retrouver plongé dans un endroit si propre et si grand (je parle bien de l’appartement et non de l’ambassadeur), mais nous ne devons pas nous habituer à cet excès d’abondance : piscine, nounou-femme de ménage, sauna, salle de bain perso, enfants à l’école, nourriture française et autres chasses d’eau ne sont pas pour les Reblochons ! Nous c’est plutôt à 4 dans le même lit*, les enfants 24h/24 sur le dos à la vie à la mort, douches froides, pad-thaïs et saut d’eau à côté du trône, donc non, ne nous habituons pas car lundi à 5h du matin, le rêve se termine, d’autant plus que nos locataires en France ont décidé de nous lâcher 6 mois trop tôt… Mais en attendant, nous jouissons au maximum de l’hospitalité de nos hôtes et j’en profite d’ailleurs pour les remercier vivement de cet accueil qui nous fait énormément souffler (je ne parle même pas du vin rouge, du saucisson et du fromage…). Quand à Bangkok, pour le moment je suis époustouflé par la nature, celle qui a permis aux poissons du fleuve Chao Praya de muter pour survivre, celle qui fleuri aux sommets des gratte-ciels et celle qui a fait pousser les poils dans nos nez pour filtrer les gaz d’échappements, à cette dame lady-boy nature-là, je dis bravo car pour s’adapter, il lui en a fallu une sacrée paire.

* A Pai, nous avons même réussi à dormir à 4 dans un lit simple.



 

Le canyon de Paï

5

C’est toujours marrant de se rendre compte par quels mots clés sont arrivés les gens sur son site, dans notre cas, la dernière recherche drôle est « je suis en thailande jai vomi et une diarhée que faire? », c’est vrai que quand on fait cette recherche sur Google on trouve en première page pas mal « d’infos » provenant de 4petitspiedsenasie.fr et j’aimerais bien savoir si la personne ayant fait cette recherche a trouvé son bonheur dans un des articles et surtout j’aimerais bien savoir comment elle va aujourd’hui, mais je ne suis pas sûr qu’elle reviendra pour me répondre…, pas plus que celle qui a cherché « un champion aux petits pieds » et il est clair que celle qui a trouvé le site grâce aux mots « tuto masturbateur » n’a pas dû y faire long feu non plus.

Une introduction parfaitement inutile pour dire qu’aujourd’hui nous sommes de retour sur Pai et avons profité ce matin du canyon sec situé à 8 kilomètres au sud de la ville. Malgré la forte chaleur du coin, il ne faut pas hésiter à y faire un saut car le paysage splendide n’a rien à voir avec le reste des environs. Vav, Gauton et Sop ont adoré glisser dans les pistes de bobsleigh terreuses et nous avons pu faire un cours « grandeur nature » sur la création des canyons ce qui a ammené Gauton à la conclusion suivante: « C’est pas souette! Alors si c’est ça, ze zette doudou! »
Et doudou s’envola.



 

Long neck vs Chicken man

4

“Femmes girafes” est une expression vraiment pas sympa, c’est un peu comme si on appelait les femmes de fortes statures « Femmes éléphants » ou les militants d’extrême droite « Hommes poulets ». Depuis Maé Hong Son, nous sommes à quelques kms de ces villages et c’est après s’être beaucoup documenté sur internet que nous avons décidé d’aller nous y faire notre propre opinion. Les guides touristiques mentionnent un flux de 1200 touristes par an, soit environ 4 par jours, ce qui est sans doute extrêmement loin de la vérité vu qu’en une heure nous avons croisé au moins 40 touristes. Les « habitants* » de ces villages (les padongs) viennent tous de Birmanie et sont accueillis par la Thaïlande pour des raisons qui sont assez vagues. Le fait est que ces femmes sont plus ou moins obligées de se faire pousser le cou** pour faire venir le touriste chez elles et c’est ainsi qu’elles peuvent vivre. Ce n’est pas évident de se balader au milieu de ses réfugiées Birmanes et je n’ai pas eu le courage de mitrailler comme 99% des autres touristes. Nous avons discuté un peu avec l’une d’entre elle qui parlait bien anglais et elle nous a expliqué qu’elle était dans ce village depuis 11 ans et qu’elle n’avait que peu d’espoir de retourner un jour dans son pays. Comme beaucoup de ses femmes, elle était vraiment magnifique et avait une fille de l’âge de Vav qui avait sans doute un sombre destin devant elle.

Tout ça pour dire que je ne sais pas s’il faut aller ou ne pas aller voir ces femmes, mais sur les 250 baths d’entrée, une partie (je ne connais pas le %) leur est remise et nous leur avons acheté directement des écharpes et des bijoux ce qui semble être plutôt positif pour elles. Ce qui est sûr par contre, c’est que s’il y avait un village d’hommes poulets, je ne payerais pas l’entrée pour payer les graines.

* Habitants ou prisonniers car ils n’ont pas le droit de sortir.
** Techniquement, il s’agit plus d’un gros tassement de vertèbres qu’autre chose.



 

Voiles sur les filles, barques sur le Nil.

2

A part les saints et les moineaux, les gens normalement constitués rencontrent toujours d’autres gens un peu moins bien constitués qu’ils ont envie de gourmander. C’est aujourd’hui à un couple d’Égyptiens que je dois cette fâcheuse envie. Je m’explique, dans le bus local Paï-Mae Hong Son, nous n’avions pas assez d’espace pour que nos enfants touchent le sol et nous les portions donc dans nos bras alors que nous étions nous-même debout, cependant passer 4 heures dans cette posture sur une route sinueuse nous semblait un peu long et dangereux, tout cela devant la porte ouverte du bus. C’est alors que Sophie a demandé gentiment aux deux Égyptiens largement étalés devant nous, s’ils pouvaient bouger leurs sacs posés en plein milieu de l’allée (alors qu’il y avait -je précise- de la place sur le toit) de quelques centimètres pour que nous puissions jucher nos progénitures sur leurs jambes, la réponse fût simple et directe : « non ».

C’est alors que Gauton, grisé d’être dans mes bras, s’est mis à hurler et j’ai donc naturellement rapproché le plus possible la bouche de mon fils préféré de l’oreille du dit connard. Puis Sophie a tout simplement posé sans grâce notre grosse Vav sur le sac de l’homme excédé qui nous a lancé un regard noir, c’est à ce moment que mon envie de le gourmander a eu lieu et pour la première fois en 4 mois, j’étais prêt à montrer à mes enfants mes quelques notions de Muay thaï. J’avais bien sûr au préalablement évalué la force physique de mon adversaire en l’ayant vu porter avec peine son sac et j’avais estimé qu’il ne devait pas être beaucoup plus dangereux qu’une de ses ancêtres momies, les risques étaient donc faibles pour un sentiment de bien-être énorme. Malheureusement (ou heureusement), l’affrontement n’eut jamais lieu car il déclara forfait sans s’en rendre compte en descendant rapidement du bus laissant mon gourmandage sur sa faim.



 

Straw c’est trop

3

Depuis Chiang Maï, nous avions deux solutions, faire comme Ben the slack et prendre des cours de Muay Thaï ou écouter les conseils d’un sage nous ayant conseillé de « regarder au-delà de ce que nous voyons ». C’est sans l’ombre d’une hésitation que Gauton nous a incité à suivre la seconde voie et en trois heures de minibus chargés comme seuls les thaïs savent le faire, nous avons débarqué hier soir à Paï. Je n’aime pas dire du bien facilement et croyez-moi quand je dis que Paï c’est la classe… Complètement perdu dans les montagnes, Paï est un petit village vraiment retiré, calme bien que touristique, le scooter se loue pour 80 baths (2€) et le soir les rues déjà désertées par les véhicules deviennent piétonnes et animées d’un très beau marché. Ce matin à 7h00, il y faisait 14° et la température est montée en flèche pour arriver aux températures auxquelles nous sommes habituées en début d’après-midi. A part les premiers jeux de mots de Vav incessants (« mais y a pas de paille à Paï ? », « On mange de la papaye à Paï ? », tout est parfait, une véritable bouffée d’air pur après la pollution de Chiang Maï et avant celle de Bangkok.



 

Au nord, y avait les Reblochons

6

Chiang Mai est une étape incontournable quand tu viens en Thaïlande et nous avons décidé de ne pas la contourner comme énormément d’autres touristes… Ici, c’est le nord et comme dans le nord de beaucoup de pays, il y fait frais, on peut manger des padthaïs pour 30 baths et dormir facilement pour 250 baths sauf quand tu es un Reblochon, ce que justement nous sommes.
Comme tout le monde, nous avons passé nos 12 heures en train et comme tout le monde nous nous sommes posés dans la première guesthouse* à l’intérieur du carré de la plus grande ville du nord. Ce n’est que le lendemain que la différence s’est creusée avec les autres au moment où la gérante nous a dit sans honte : « Vous ne pouvez pas rester, il faut libérer la chambre d’ici 30 minutes, vos enfants sont trop bruyants ». L’amabilité Thaï n’a décidément pas de borne et c’est enchanté que nous avons déserté la chambre sans payer le papier toilette (10 baths quand même !). La seconde guesthouse* à quelques mètres de la première nous a réservé le même genre de châtiment en nous demandant à 40 reprises le lendemain matin « Today check-out ? ». Pas besoin d’être Nostradamus pour comprendre que nous n’étions pas les bienvenus et nous avons compris trop tard que les deux établissements étaient de mèche au moment où la vieille thaï nous a demandé 10 baths pour nettoyer une tâche de feutre de Gauton sur un drap.

En route vers une nouvelle guesthouse, nous sommes tombés miraculeusement sur un topo d’escalade égaré au milieu de nulle part, ce fut le moment clé, le moment où la chance reprenait le dessus et tout s’est enfin mis à rouler pour les Rebloch’ & co : Vav a soufflé ses 4 bougies et est subitement devenue sage, Gauton est parvenu à faire son puzzle de Baloo dans le noir, Ben the slack s’est arrêté d’aller aux toilettes et le tout au sein d’une superbe Guesthouse avec piscine juste en face des deux autres.
C’est ainsi que nous sommes repartis du bon pied enchaînant belles grimpes, massage par des bagnardes, biberonnage de bébés tigres, balade sur crottes d’éléphants**… Que demander de plus à Chiang Mai?

* BTS, tu as le nom de ces guesthouses ?
** Beaucoup moins chères que les balades sur dos, les balades sur crottes sont très instructives et ludiques pour les enfants.



 

Don’t be cruel

Mal reposés de notre Safa(ke)ri, nous repartons pour seulement 23 baths en train 4ème classe (thaï-style) vers l’ancienne capitale, Ayutthaya, notre ville tampon avant de regagner Chiang Mai, la Mecque du mec mou.
Quand tu montes dans un train comme celui-là avec ta face de navet et tes énormes sacs, tu ne passes pas inaperçu et les thaïs mal habitués aux touristes nous apparaissent enfin… gentils. Car il faut le savoir, les thaïs des régions touristiques sont complètements saoulés par les farengs* et je crois que je ne mâche pas mes mots en disant qu’ils ne cliquent pas sur « j’aime ». En fait avec eux, on a l’impression d’être soit un distributeur de baths, soit un mec qui les dérange et c’est souvent que l’on passe au cours d’une discussion d’un statut à l’autre. D’un côté on peut les comprendre, le touriste n’a pas apporté que des bonnes choses avec lui durant ces dernières décennies : hausse du coût de la vie, destruction des côtes, tourisme sexuel, fans d’Elvis Presley, etc… mais pourquoi est-ce à nous d’en subir les conséquences ? Ce n’est certainement pas un Reblochon qui mange pour 40 baths et dort pour 300 qui est à l’origine de leurs malheurs ! Donc messieurs les Thaïlandais, si vous me lisez : Détendez-vous, « Don’t be cruel, be slack ».

* Alors apparemment, d’après un type assez malin (pour ne pas dire très futé), fareng vient de « Français » donc ça commence naturellement par un « F » ;-)



 

L’homme qui a vu l’ours

2

21h d’agréable et décontractant voyage en minibus et bus nous ont arrachés de Catha-beach*, de Serge et de ses moussaillons pour nous déposer, allégés de notre kindle**, à GreenLeaf (Pakchong 200km au nord de BKK). Un incroyable et heureux concours de circonstances fait que les Manohés sont eux aussi ici et le hasard fait d’autant bien les choses que nous arrivons juste à temps pour fêter le moisiversaire du petit Noé. Mais malheureusement, gâteaux à la crème et autres sucreries ne fermenterons pas longtemps dans nos estomacs maintenant trop habitués au riz, au poulet et au riz. Par chance, vomir et chier mou ne fait pas peur aux Reblochons et le lendemain nous sommes d’attaque avec Ben the slack (plus slack que jamais) pour inaugurer une waterline sympa et ludique au-dessus des eaux limpides des piscines naturelles situées à quelques minutes en stop de notre guesthouse. Les jeunes Thaïs et Max ne résistent pas longtemps et deviennent vite les meilleurs amis de notre BTS international.

Après une vraie demi-nuit de repos, c’est une fois de plus dans la douleur que nous laissons les Manohés s’éloigner vers leur « vieille dame à eux » tandis que nous partons vivre la grande aventure en safari dans le très prisé parc nationale Khao Yaï, une des plus vaste forêt d’Asie, une sorte de Bois de Boulogne mais en plus grand. Ce safari est proposé pour 1300 baths par notre guesthouse et offre de voir dans leurs milieux naturels, serpents, scorpions, éléphants, riches thaïs en week-end, kalaos, gibbons et autres animaux exotiques.
En résumé, voilà à quoi ressemble le tour :
Chaussés de guêtres (Gauton y compris), nous suivons notre guide qui ne se trompe jamais, car tous les animaux mentionnés sur la publicité de la gesthouse nous tombent tout cuit sous le nez. Fake ou coïncidence ? Kalao en plume ou en plastique ? Scorpion de vivarium ? Eléphant de cirque ? Chauffeur transformiste*** ? On ne le saura jamais et on ne veut pas le savoir car les enfants ont adoré et c’est l’essentiel.

* Kata Beach
** Article de Cheum à venir.
*** A la manière de superman, il a disparu au moment où l’ours est apparu au loin.



 

La tristitude à Patong

1

Après une chevauchée des plus épiques en scooter et une après-midi de grimpe des plus remarquables depuis l’arrivée des gaulois en terre Thaï, la fine équipe a décidé, suite à un vote honteusement truqué, de quitter l’île sans voix des Konoïs.
La logique nous a poussés à Phuket puis la testostérone à Patong. Gauton était le seul homme à ne pas avoir eu l’autorisation de sa mère pour assouvir sa curiosité et c’est avec un peu de recul, pas plus mal.
En Thaïlande, chacun pratique le « take away » à sa manière et si les Reblochons sont assez friands du « Pad-Thaï* », les vieux Pharangs sont plutôt branchés « Thaï tout court » et à Patong ces derniers l’emportent haut la main. Aussi, il n’est pas rare à Patong de baver tranquillement devant le double whopper du Burger-King pendant que les plus fortunés se pavanent fièrement avec leurs double « take away vivant » et cet air qui semble vous dire :
« Regardez-moi les enfants, si vous travaillez bien à l’école vous finirez comme moi. »
Mais la question que je me pose en voyant ces vieux australiens est « Sont-ils aussi fiers dans leur pays quand ils ramassent deux prostituées le samedi soir pendant que leur femme joue au uno avec leurs copines watwatcher ? » Mais je n’irai pas plus loin sur ce débat sociologique car en seconde, je n’ai jamais eu la moyenne.

Hormis les « take away » voilà ce qu’on trouve facilement à Patong : des Lady-Boys, des joueuses vaginales de ping-pong, des seven-eleven, des lanceuses vaginales d’oiseaux, des hommes troncs, des lanceuses vaginales de bananes, des femmes en vitrine, etc…
Bref, si vous voulez venir à Patong et que vous trouvez que Claire Chazal est un peu vulgaire, faites comme Serge le Pirate et son équipage, changez de cap… Et comme aurait pu le dire Oldelaf « La tristitude, c’est quand ta fille est championne de ping-pong à Patong, ça fait mal ».

* recette disponible ici



 

Konoïs à Koh Yao Noï

3

D’est en ouest la Thaïlande est différente et ce n’est pas la peine d’aller d’est en ouest pour arriver à cette conclusion. L’île Koh Yao Noï dans la province de Phang Nga n’est située qu’à quelques encablures de Phuket et de Krabi et pourtant le contraste y est surprenant. Le touriste n’est pas une curiosité comme dans les coins les plus reculés, il n’est pas non plus gratifié de grands sourires plein de dents, souvent faux d’ailleurs (sourires et dents), non ici le touriste semble simplement méprisé*. Un étranger sur Koh Yao Noï ne peut pas jouer à son jeu préféré : le marchandage ; du bungalow au scooter, du pad-thaï à la banane, le prix pour les pharangs** reste immuable. Le visage angélique de Serge, le doigt gonflé de Fredo, les jeux de mots de Serge Lama, la mauvaise humeur de Romano ou la slackitude de Ben n’y peuvent rien ; même nos enfants (au demeurant adorables) ne parviennent pas à faire baisser un prix ou ne serait-ce que faire sortir une dent (prémisse d’un sourire) de la bouche d’un habitant de ce rocher. A croire qu’il s’est passé quelque chose de grave ici, peut-être y a-t-il eu une projection d’un film de Jean Claude Vandame, ou alors une diffusion pirate sur les ondes radios de l’île du dernier album de Garou ? Je n’ai pas la réponse pour le moment, mais toujours est-il que les dialogues ressemblent un peu à ça :

— Bonjour !
— (blanc)
— Il n’est pas trop tard pour manger ?
— (blanc)
— Ou alors un petit Take away ?
— (blanc)
— Venez les gars, ils ont l’air cool ! En plus y a un match de taureaux à la télé !

Bref, hormis le mutisme des habitants, l’île est au top. Ici, on peut snorkeler dans de l’eau peu limpide, grimper sur du caillou incroyablement sculpté au grain intact, construire des cabanes, faire de la slack, écrire son prénom sur le sable et surtout, se reposer au calme.
Loin des poitrines siliconées de Koh Phi Phi, loin des hôpitaux de Krabi, loin des mecs sortis de leurs salles de pans de Tonsaï, loin des bananas splits à 90 baths de Koh Lanta, à Koh Yao Noï, la vie est belle, simple et sans souci comme dirait Timon la mangouste préférée de Gauton. Un coin, qui du bout de ses criques murmure aux oreilles des Reblochon « welcome in my paradise » mais qui est un poil moins attirant pour les pirates aux gros harpons venu sur la terre des Thaï*** pour tirer du lourd. Sur ce, je vous laisse, un Kohyaonais**** est en train d’essayer de ne pas me parler.

* terme exagéré cependant le touriste semble un peu vu comme une espèce nuisible, à l’image du sanglier dans le Gers et de l’homme de couleur en Ardèche.
** D’après ce que j’ai compris, le pharang est une personne qui n’est pas dans le « Thaï spirit » et le mot sonne un peu comme une insulte, en français on pourrait traduire ça par « ce gros con d’étranger qui profite de mon pays et qui croit que Jean-Luc Delarue est imprimé sur mes billets de banques ».
*** traduction littérale
**** habitant de l’île, aussi appelé Konoïs



 

2013 à 13 en Thaïlande

Depuis début décembre les rangs de notre équipe n’ont fait qu’augmenter, du bon et du moins bon nous est arrivé de France et de Navarre mais surtout de France. Ben the slack (déjà présenté) a été suivi de très près de Romano (un type un peu aigri qui n’arrive pas à monter sur une sangle sans râler) qui lui-même ne se déplace jamais sans son poulain souffre-douleur, Fredo (un type qui a passé un 6c bloc en 3 jours de pratique et qui a poursuivi sa progression lentement pour arriver finalement au 6b, 3 ans plus tard). Puis est arrivé une sorte de vieille dame (en plus jeune) que nous appellerons Serge et qui apprécie particulièrement quand on le complimente sur la taille de son harpon. Le père Thaï nous a finalement apporté de Bangkok le 24 décembre, papa et maman Cheum avec leurs deux enfants pétants la forme (au début au moins). C’est donc à 13 (j’inclus la double personnalité de Serge) et sans le compte à rebours d’Arthur que nous allons ce soir mettre un pied en 2013. D’après nos voisins Danois (c’est leur 40ème réveillon ici), il ne faudra pas s’approcher des feux d’artifices Thaï, vraiment cheaps, qui ont la fâcheuse habitude de partir en vrille à ras le sol sous peine de rester à jamais en 2012 un pétard thaï entre les dents ou ailleurs.



 

Orange Chandelier – Ao Nang – Krabi

Cet article n’intéressera pas grand monde, à part ceux qui ont prévu de venir grimper à Krabi.

Depuis Ao Nang, il y a une voie sympa, pas trop dure à ne pas louper : « orange chandelier » sur Ao Nang Tower. La classe ultime pour faire cette voie est d’y aller comme un puriste, à la nage. Depuis Ao Nang, il faut d’abord rejoindre à pied la petite plage qui se trouve après la promenade des singes et se jeter à l’eau au bout du petit embarcadère. Un nageur entraîné met environ 3 minutes 40 pour parcourir les 400 mètres nécessaires à regagner le pied de la tour. Ensuite, une corde statique un peu élimée permet de sortir de l’eau et amène à une petite plateforme d’où l’on peut se préparer (juste sous le relais d’une voie courte en 6a). Il faut ensuite faire une petite traversée ascendante d’environ 40m sur la gauche en 4+ (cordes statiques en place), la voie se déroule en 3 longueurs (6b, 6b+ et 6c). La longueur 2 semble surcotée (c’est plutôt un 6a+) et le « crux » de la voie se trouve juste sous le relais de la longueur 3. Cette voie n’est pas trop patinée en comparaison des couennes que l’on trouve à Tonsaï & Raylay… Pour la descente, il faut faire attention à ne pas rester pendu comme un con Toni Kurz (Eiger – 1936) dans une des longueurs car la voie surplombe sur sa totalité, à moins que vous n’ayez envie de faire une petite remontée sur corde fixe, exercice que j’apprécie particulièrement sous 40°, mais qui n’est pas forcément au gout des autres qui attendent au-dessus en plein cagnard, sans eau. Si toutefois vous choisissez cette option, il vous en coutera 2 Changs (bière locale) et 5 ans de foutage de gueule.
Matos : 1 jeu de dégaines et une corde de 75m minimum (pas besoin de sangle ni de coinceur).



 

Le Père Noël est un hardeur

Quand tu as des enfants en âge de comprendre ce que tu racontes, il est sage de faire très attention à ce que tu dis pendant la période de noël. Par exemple, il ne faut pas dire « putain, j’ai pas de cadeau pour Sop, elle va faire la tronche » mais plutôt, « Tiens-donc, j’ai l’impression que Sop n’a pas été très sage cette année, le papa noël risque de ne rien lui apporter ». Mais le meilleur moyen pour ne pas se faire remarquer c’est de parler en utilisant les premières lettres des mots clefs. Pour « noël », il suffit de dire « N » et pour cadeau « C ». Ce qui fait qu’on se retrouve à dire des trucs du genre :
- F., t’es prêt ? J’ai comme l’impression que le P.N. va passer…
- Marine ?
Bref, au bout d’un moment on finit toujours par se comprendre, notre lady-boy à nous a donc enfilé sa T de N et a donné pleins de C a tous les E et même à ceux qui nous ont fait un peu C toute l’année.
Après avoir bien joué son rôle, notre P.N avec sa gueule de hardeur est parti se faire masser avec du savon et se bourrer la gueule au reggae bar du coin (une sorte de PMU Thaï). Bref, comme le dit Renaud, Le P.N est un pauvre mec, mais je veux quand même le remercier, il a assuré comme une bête et surtout, il n’a pas vomi devant nos enfants. Kapunka my friend.



 

Piraterie à Koh Lanta

7

A tous ceux qui sont fatigués de contempler chaque jour du poisson en masse et de manger du Padthaï-Chicken du petit dej au diner, il existe une alternative : la chasse sous-marine. Serge, une sorte de pirate de la Garonne, nous a rejoint depuis quelques jours et nous a éloigné sans hésiter des spots de grimpe de Raylay pour tenter l’aventure à Koh Lanta. Ce qui est vraiment important à Koh Lanta c’est de fredonner la musique du générique de l’émission, sinon Koh Lanta, c’est plus vraiment Koh Lanta. Mais celui qui a été le plus déçu en arrivant, c’est Romano (une espèce de grimpeur manouche), il pensait qu’on allait lui donner une couleur à l’embarcadère et qu’il allait pouvoir dire du mal, en off, de son compagnon de chambre (et de lit). Mais Koh Lanta, c’est pas du tout comme on voudrait nous le faire croire sur TF1. T’es pas du tout obligé de faire le poireau sur un poteau pendant 45 minutes pour gagner une biscotte, il suffit simplement d’aller au Seven-Eleven en scooter et de prendre un paquet de pain de mie. T’es pas non plus obligé de construire ta cahute entre deux cocotiers pour pouvoir survivre, il suffit juste de donner 400 baths et tu as ton bungalow ventilé, bref Koh Lanta c’est pas la vraie grande aventure avec un grand « A », quoiqu’avec Serge le pirate et Nat-nat le Thaï, tu as vite fait de te retrouver dans une eau infestée de barracudas avec un harpon pour enfant et un longtail qui dérive seul 500m au large… et dans ce genre de moments, tu commences à toucher du doigt les coins les plus sombres de Denis Brogniart, et croyez-moi, c’est bon. « Tout tou tou tou tou… »



 

Koh Siboya

2

Aujourd’hui, je voudrais remercier mon Kiné de Toulouse, non pas pour m’avoir remis le genou avant le départ (de toutes façons, il a été redéplacé par une masseuse Thaï pour seulement 100 baths), mais pour m’avoir conseillé d’aller à Koh Siboya. Sur la carte, Koh Siboya est vraiment proche d’Ao Nang, mais dans la vraie vie, il nous a fallu toute la journée pour pouvoir déposer nos sacs dans un des superbes bungalows de Mister Chung.
Ici, pas d’américain bodybuildé, pas de bimbo en string huilée, pas de types qui te vendent des chapeaux multicolores et des grenouilles en bois, pas de tailleur de costume, pas de… en fait la liste est longue parce qu’ici il n’y a vraiment rien. Koh Siboya, c’est une île vraiment préservée avec des Thaïs, des vrais de vrais et Mr Chung avec ses bungalows. Pour seulement 800 baths (20€), nous avons le droit à une véritable maison avec un étage, deux chambres, une cuisine et même : une chasse d’eau ! Si c’est pas la classe ça !…
Ici, les gens ne viennent pas pour faire la fête mais pour trouver un endroit calme et se revitaliser, dommage pour eux, ils vont devoir faire une pause sur le silence tant que Vav la rage sera dans le secteur, car ces temps-ci elle porte extrêmement bien son surnom… J’exagère un peu, elle est quand même mignonne et particulièrement quand elle dort. Ben the slack commence à en avoir un bon aperçu et nous avons peur avec Sophie de lui couper l’envie de faire des enfants. D’ailleurs, j’ai eu l’impression hier que sur sa slack il prenait plus de risques que d’habitude d’un point de vue strictement génital.

Juste quelques mots sur « Ben the slack », car il ne veut pas trop que je parle de lui, il nous a rejoint pour deux mois et il ne se déplace quasiment que sur sa slack, ce qui a tendance à ralentir pas mal nos déplacements (sans remettre en cause ses compétence de slackeur). Bref, je ne sais pas s’il va tenir aussi longtemps que prévu à nos côtés (j’ai peur que sa slack casse avant février) mais nous ferons tout pour le garder avec nous, car c’est un très bon compagnon et une excellente nounou !

 

Ao Nang waterline of Ni

3

Cet article est un topo de Waterline (désolé pour les personnes non concernées…)

L’Ao-Nang waterline of Ni est une waterline réservée aux slackeurs sachant nager.
Depuis l’embarcadère de Pai Plong Beach, il faut patauger environ 500m avec tout le barda pour atteindre le spot.
A marée basse, la slackline est à environ 2.5m, à marée haute environ 1.5m. A marée basse (ou mi-basse), si vous avez des mains et des pieds d’ingénieurs ou de pianistes, il est intelligent de penser à prendre des gants et des chaussures pour dominer les moules qui gardaient ce lieu intact et inexploré depuis des milliers d’années.. mais une fois de plus l’homme a vaincu!

Les longtails aiment passer entre ces deux rochers pour amuser les touristes, il faut donc de temps en temps expliquer pourquoi vous êtes là et l’enjeu économique essentiel pour les générations Thaïs à venir. Au bout de quelques secondes, les boatmen abandonnent facilement leur cause et vous pouvez continuer votre art en toute impunité.
Nous avons tendu une slack 2.5 en double primitive et la mollesse de la ligne nous a permis de faire sauter une des élingues pour un démontage ultra-rapide.

Pour les plus riches et les moins pures, il est possible de louer des kayaks pour 500 baths soit 12.5€ (1/2 journée)


Afficher Ao Nang waterline of Ni sur une carte avec toutes les infos.

 

Cocotier: 1-0

8

Prendre un but en escalade, c’est pas la grande classe, enfin tout dépend de la voie qui te fait butter. Par exemple, prendre un but dans une grande voie ED en TA super expo un jour de tempête, c’est moins déshonorant que d’en prendre un dans un 5b à Altissimo sous la clim. Bref, quand tu grimpes, il t’arrive ce genre de chose, c’est normal et tu t’en vantes plus ou moins. Hier, j’ai pris mon premier but sur un cocotier. Et ça rien que de l’écrire c’est dur, surtout quand une bande de grimpeurs Toulousain surentrainés arrivent dans le coin d’ici quelques jours…
Se faire dominer par un cocotier, c’est une expérience assez humiliante qui normalement ne se raconte pas quand on a un tant soit peu de fierté ; pour ma part, il s’agissait d’un arbre très vertical sans marche taillée, assez haut et garni de belles grappes de noix de cocos. Tout s’est passé normalement jusqu’au sommet mais, plus fatigué que d’habitude, j’ai dû me reposer en encerclant le tronc avec mes bras et mes jambes à la manière d’un… à la manière d’un mec qui a l’air vraiment con en haut de son arbre. Il m’a ensuite fallu deux bonnes minutes pour dégager ma machette complètement coincée et une fois libérée, je me suis rendu compte que j’étais juste un peu trop bas pour utiliser mon arme. C’est tout naturellement que j’ai voulu remonter les 30 centimètres manquants, et c’est à ce moment que j’ai réalisé que mes bras étaient complètement tétanisés. La suite ressemblait un peu à une descente de pompier sur barre fixe agrémentée de quelques mouvements de lap dance et une chance pour moi, des Thaïs morts de rire s’étaient arrêtés pour contempler mon spectacle grotesque. Bilan de l’opération, pas de noix de coco et une grosse brûlure sur chaque membre, dès que j’ai cicatrisé je prends ma revanche.

 

============================================================
Revanche prise (mais pas en libre…):