Category Archives: Malaisie

Adios Malaysia!

4

Après 58 jours, 13 guesthouses, 60 heures de bus, 7 coins fouillés de fond en comble, nous avons quitté hier la Malaisie par un nouveau moyen de transport : le minibus. Je me revois encore devant Sop, fier de lui apporter ma trouvaille et je revois encore sa mine peu enthousiaste. Une fois de plus, elle avait raison : le minibus, c’est à chier.

Comme à notre habitude, nous n’avions acheté que 3 places pour 4 (y a pas de petites économies) et nous avons commencé notre voyage de Penang jusqu’à la frontière sans trop de problème. Un charmant douanier souffrant sans doute d’une sévère crise d’hémorroïde ou venant de s’être fait plaquer par son boyfriend, nous a accueilli comme un cercueil accueille son cadavre, dans son pays. Mais le pire restait à venir, car une fois la frontière passée, nous avons changé de minibus et le tout aussi sympathique conducteur Thaï est venu nous annoncer que son minibus Thaï avait malheureusement un tout petit coffre Thaï et donc qu’il fallait faire tenir nos bagages français sur nos sièges « Thaï size ».
Evidemment ! 2 adultes, 2 enfants, 1 sac de 150L, 1 sac de 120L, 1 sac de 60L et un PC portable sur 3 places : que demander de plus?! En professionnel, il nous a immédiatement rassuré en nous disant qu’il ne restait plus que 7 heures de trajet. Le minibus était donc plein à craquer quand le chauffeur Thaï s’est arrêté pour faire « rentrer » 2 nouveaux voyageurs et c’est alors qu’une émeute s’est déclenchée, français, espagnol, anglais et allemands, nous ne faisions plus qu’un face à l’ennemi. Sous la pression, le chauffeur Thaï a fini par craquer et nous avons pu nous rétablir sur trois sièges avec nos sacs empilés sur les 2 places vides. C’est alors que derrière nous, le bébé Thaï assis sur les genoux de sa maman Thaï s’est mis à faire un vomi Thaï et une bonne vieille diarrhée Thaï. Amicalement nous lui avons proposé des lingettes bio mais elle n’avait pas l’air d’avoir envie de changer son bébé Thaï. Une deuxième émeute s’est alors enclenchée et Mélanie, une espagnole belge, a presque du tirer sur le volant pour que le chauffeur Thaï se gare. L’odeur très Thaï dans le minibus était indescriptible et tout le monde s’est rué dehors, la maman Thaï a finalement comprit la gêne que provoquait le vomi Thaï et le caca Thaï et a fini par changer son mini-Thaï avec l’aide d’un allemand particulièrement motivé.

Parti à 8h30, nous sommes finalement arrivés à 21h à Krabi et après toutes ces péripéties, j’ai voulu immortaliser ce moment en compagnie de nos nouveaux amis de route avec mon superbe appareil photo que j’avais bien entendu oublié dans le minibus Thaï… Il nous a fallu ensuite environ 1 heure pour rejoindre Ao Nang et retrouver par miracle mon appareil (par chance, les Thaï ne sont pas rancuniers)… Et c’est après une longue errance que nous nous sommes écroulés vers 23h30, le ventre vide, dans un hôtel libre et pas trop cher de cette station balnéaire Thaï.

Ao Nang – Krabi – Thaïlande

 

La face cachée du pagne

3

En toute honnêteté, les Malais sont vraiment sympas, ils sont souriants et adorent les enfants, mais une fois qu’ils sont sur leur moto ou dans leur voiture, ils ont une fâcheuse tendance à se croire dans Mario Kart.
Je ne connais pas exactement le code de la route Malais, mais ce qui est sûr c’est qu’il doit être assez différent du nôtre, au permis, j’imagine bien le genre de questions :

Une famille de Français est au milieu d’une route avec une poussette et un enfant qui s’apprête à courir :
a. J’accélère en ligne droite pour ne pas heurter d’obstacle.
b. Je contourne rapidement en accélérant.

Ou alors :

Je suis garé et je veux sortir au moment où une famille de Français passe :
a. Je fais comme si je n’avais rien vu de gênant.
b. Je n’ai rien vu de gênant.

Hier nous avons visité un temple hindou à quelques pas de notre hôtel, comme d’habitude nous en avons pleinement profité, Gauton a soufflé sur toutes les bougies pendant que Vav s’amusait à chevaucher les statuts de lions. Un moine nous a pris à part et nous a avoué discrètement qu’il était passionné par les billets de banques et il voulait absolument voir à quoi ressemblaient les euros, ce à quoi nous lui avons répondu que nous lui en rapporterions le lendemain.
Ce matin, nous sommes donc retournés au temple, heureux de partager quelque chose avec un moine, mais le partage fut bref. Ces yeux se sont illuminés devant notre billet de 10 euros et il nous a tout de suite demandé tout en le glissant sous son espèce de pagne « Je peux le garder ? »
Je n’ai pas senti en moi le courage suffisant pour baisser le pagne d’un moine dans son temple et nous avons donc laissé la somme bien au chaud où elle était. Coup de chance pour nous, nous n’avions pas sorti en premier le billet de 50.



 

Georgetown – Penang – Malaisie.

Coup de coeur à Penang

1

La rencontre avec les Manohé nous a requinqué : on n’est pas les seuls Toulousains à voyager en Asie du Sud-Est avec des enfants ! Pour tous les parents qui se sentent un peu seuls en orient, je vous conseille vivement de prendre contact avec eux, c’est une excellente thérapie à envisager !
Blague à part, ils ont barroudé un an et demi en Amérique du sud en camping-car et ils sont repartis directement pour 8 mois en Asie du Sud-Est, sacs au dos. Ils ont avec eux une grande fille (Manon) qui a su faire gagner 2 ans d’âge mental à la nôtre et un garçon (Noé) qui est une sorte de mélange explosif de Vav et de Gauton. Notre little lover est tombé fou amoureux de leur jolie blonde qui est même parvenue à lui faire avaler un plat de carottes, qu’est-ce qu’on ne ferait pas par amour…
Après deux jours passés tous ensemble, la séparation d’hier a été tragique. L’esprit de Vav est immédiatement retourné à un âge proche de celui d’un fœtus et Gauton a matérialisé sa peine de cœur en refusant de s’alimenter et ce pendant au moins 3 heures et demi.

Bref, aujourd’hui nous avons nos VISAS Thaï de 60 jours en poche (merci aux Manohé pour le coup de pouce salvateur) et nous avons trouvé un moyen pour nous rendre à Krabi sans trop galérer.
Quant à Penang c’est vraiment un très beau coin… On y trouve des temples de toutes religions et des bouddhas de toutes tailles. On a même eu la chance de voir le plus grand bouddha couché sur son flanc droit (il doit sans doute y en avoir un plus grand sur flanc gauche) et l’honneur de monter notre poussette en haut des escaliers du temple Kek Lok Si… Ici, il fait bon vivre, la nourriture est variée, tous les styles cohabitent et même les mendiants ont des téléphones portables, l’île nous plait d’ailleurs tellement que nous avons décidé de différer notre départ pour Krabi de quelques jours. Et nous méritons bien un petit temps calme avant nos 8-10h de minibus…



 

D’ambassade en ambassade

1

C’est dans un bus que j’écris cet article, un bus qui roule en direction de Penang, Malaisie. Pourquoi sommes-nous au fond de ce bus plutôt que dans notre avion en direction de Krabi (Thaïlande) ?
La première raison est que nous adorons acheter des tickets d’avion pour rien (2 en 6 mois dont un à 2000€)
La deuxième raison est que nous préférons passer par Penang (8h de bus) puis prendre le train (N heures) plutôt que de parcourir la même distance en 1h, entourés de charmantes hôtesses.
La troisième raison est que nous n’avons pas eu notre VISA hier à KL et que nous en avons assez de rester dans cette grande bourgade Malaise.
Je vois déjà les mauvaises langues hexagonales s’agiter mais nous étions si près du but que j’ai presque honte d’écrire ce qui s’est passé.
Nous avons suivi le tuto à la lettre, nous sommes partis à 7h45, arrivés à 10h00, remplis les papiers, je suis allé chercher les 440 MYR et à 11h20, la gentille Thaïlandaise nous a gratifié d’un beau sourire en nous disant :
- Vous pouvez venir chercher vos passeports à 14h00 demain.
Pas de chance, notre avion décolle à 13h30. Evidemment le délai des 48 heures est dépassé et nous ne pouvons plus modifier nos dates, ni nous faire rembourser. C’est donc allégé de 256€ que nous avons décidé de partir pour Penang profitant ainsi des jours nécessaires au consulat de Georgetown pour confectionner nos VISAS Thaï.
C’est un mal pour un bien puisque nous allons pouvoir retrouver là-bas les Manohé, une sorte de famille Reblochon 2.0, experts du voyage en famille, nous avons hâte de discuter avec eux…

 

Tuto: obtenir son VISA Thaï à KL

3

Faire un visa pour la Thaïlande à Kuala Lumpur ? Rien de plus simple !

Pour bien commencer, il faut penser à laver ton seul pantalon le matin même, pour te rendre compte ensuite que le short est interdit au sein de l’ambassade Thaïlandaise. Ainsi tu peux commencer ton périple avec ton pantalon mouillé accroché au sac en espérant qu’il sèche à temps. Il est de bon ton de partir tôt de ta guesthouse, un réveil à 7h00 avec cris d’enfants semble assez adapté pour un départ tambour battant à 10h00. C’est l’heure d’abandonner sans le moindre scrupule femme et enfants dans les rues de Chinatown pour prendre une succession de bus qui ne t’amènent pas du tout à bon port. Ensuite, l’affaire est presque dans le sac, parce que tu as beau demander ta route, aucun mec à Kuala Lumpur n’a la moindre idée de savoir où se trouve l’ambassade. Heureusement, tu es futé et tu as pensé à regarder google maps avant de partir et ta légendaire intuition peut éventuellement te guider jusqu’à un Mac Donald. C’est alors sans aucune peine que tu peux retrouver ta route en pratiquant une sorte de méthode dichotomique (j’insiste sur le « sorte »).
Le plus dur est donc fait, il ne te suffit plus que de te cacher derrière un buisson pour enlever ton short et enfiler ton pantalon mouillé pour te présenter fièrement à l’entrée de la tant convoitée ambassade Thaï.

A ce moment, il faut rester humble et même si tu te trouves exceptionnel, il faut que tu restes calme et concentré devant le guichet, ce n’est pas le moment de faiblir et c’est d’un geste sûr que tu dois présenter tes 4 passeports, le genre de geste qui signifie « je viens chercher mes VISAS, ce n’est qu’une formalité, je suis un homme bien, je n’ai rien à me reprocher » :

— Pour les VISAS il faut que tout le monde soit là et de toute façon ça ferme à 11h30 et il est 11h40 monsieur, au revoir.

Quel personnage sympathique ! Tu t’es tapé une heure et demi de galère, mais à ce moment, tu ne regrettes pas ta visite ! Pour la peine tu vas revenir demain en famille!

De retour à 13h30 chez nous, j’ai l’agréable surprise de ne pas y trouver la meute et je profite donc de ce délicieux instant pour me prélasser dans le canapé de la salle commune. Sop revient plus heureuse que jamais de son périple, elle s’est perdu dans Chinatown, puis à finalement trouvé le parc aux orchidées et celui des oiseaux, Gauton le courageux a lancé une vingtaine de « zai peur » mais tout le monde s’est apparemment régalé.
Demain ça risque de ne pas être la même musique…



 

Good bye, Lapin !

1

Le regard luisant et la trique bien raide, le policier Malais arrête la course folle de mon scooter. J’ai strictement tout à me reprocher, je roule trop vite, je n’ai pas mon passeport ni mon permis sur moi, j’ai un enfant sans casque assis sur les genoux. En France j’aurais été proche de la perpétuité, mais ce qui intéresse le plus l’agent de police, c’est la sangle avec laquelle j’ai attaché Vav.
— A sling for my slackline, you know?
Plein d’enthousiasme, j’entre dans un monologue passionné sur les forces mises en jeu en slackline mais bizarrement, il s’en désintéresse très vite.
— No no… not this, what is This ?
— Oh this? This is « Grand Lapin ».

Grand Lapin était alors lui aussi, bien attaché sur les genoux de Vav. Il la suit strictement partout et surtout depuis le début du grand voyage et nous a sauvés de bien des situations dont celle citée précédemment à Langkawi, mais aujourd’hui à Kuala Lumpur, Grand Lapin n’est plus. Un moment dramatique dans la vie d’une petite Reblochon.
— Papa, mais il est où mon Grand Lapin?
— Tu sais un lapin ça ne vit pas longtemps et le tien avait déjà 6 ans et demi ! Tu devrais être contente qu’il n’ait pas fini en civet plus tôt.
Pas facile à digérer… Je suis allé tout de suite lui en acheter un nouveau, mais j’ai comme l’impression qu’elle fait une sorte de déni de grossesse ou de maman blues.

Le trajet de Pantai-Cenang à KL a été assez rude, levé 5h du mat, taxi à 6h, ferry à 7h30, bus à 10h30 et arrivée à 18h30, suivi par une recherche laborieuse d’une gesthouse libre (jour férié tout est plein). La chambre que nous avons finalement trouvée fait 2m² et nous avons suffoqué toute la nuit, ce matin nous en trouvons une beaucoup plus agréable (Agosto Inn) pour 70RM, ce qui n’est pas excessif pour KL.
Nous allons rester quelques jours dans la capitale, le temps de visiter les lieux incontournables et de prendre nos visas pour la Thaïlande et grâce à la négligence de Vav je vais en économiser un pour Grand Lapin.





 

Vu d’un mauvais (3ème) œil

8

Notre nouvelle guesthouse est au top, une piscine et une cuisine pour seulement 60RM (env 13€) la nuit, merci encore à la famille Sintes… En plus, Vav a de nouveaux potes Malais, bien qu’ils soient un peu vieux pour elle à mon goût ;) , elle apprend beaucoup avec eux dans l’eau.

Hier nous avons fait connaissance avec nos voisins, des charmants Hindous de Kuala Lumpur, les femmes arboraient fièrement leurs bindis entre les yeux et les hommes des tatouages religieux, ils ont été vraiment accueillants et nous ont invité à venir les voir à KL*. Pourtant, aujourd’hui tout est différent… Ravi de les revoir, je m’arrête chez eux pour discuter un peu et tous les 4 sont aussi froids avec moi qu’un français l’est généralement avec un Malais en France. La température descend encore plus au moment où je leur demande leur numéro de mobiles pour les retrouver à KL. Un brin exaspérés, ils finissent par me donner un numéro, un peu à la manière de la fille qui donne son numéro au relou bourré dont elle veut se débarrasser ; le genre de numéro incroyable que tu n’as jamais vu de ta vie (06 05 04 03 02 ou une suite arithmétique plus complexe, tout dépend de son niveau en math). Et fait rare pour des gens qui prennent un Ipad et deux laptops pour le week-end, pas un parmi eux ne possède d’adresse mail…
Songeur et un brin déçu, je rentre chez nous, Sop a pris mon relais avec Vav et son exercice d’école à base de gommettes. Je n’ai pas le temps de me confier qu’elle me demande immédiatement si j’ai fait exprès d’aller voir nos voisins Hindous avec une gommette rose collée sur le front.
M***de, mais c’est pas ma faute ! Quand tu te colles un truc dessus, il faut en moyenne 30 secondes pour l’oublier (ok, disons que moi c’était oublié en 5), comment aurais-je pu y penser 5 minutes plus tard ?

* Prononcé « Kiel », nous n’avons réalisé qu’hier qu’il s’agissait de Kuala Lumpur, c’est pas vif un reblochon.



 

Monday night fever

14

A première vue, les parcs pour enfants Malais ressemblent pas mal aux parcs de chez nous, ils ont des toboggans, des grandes échelles où les plus faibles peuvent se casser la gueule et des balançoires en chaînes bien soudées pour ne pas être volées. Mais quand tu y regardes de plus près (chose que l’on est assez obligé de faire quand on voyage avec des enfants), tu te rends compte de certaines différences.

D’abord, le panneau des interdictions à l’entrée… En France, jamais personne dans sa commune (à part peut-être dans celle de De Villiers) ne s’est vu interdire de « tenir sa copine par la main ». En France, tu as le droit d’amener un pot de fleurs si ça te chante et surtout tu as le droit de faire ça : cf photo.
Mais ce qui est vraiment surprenant dans un parc pour enfant Malais, ce sont les jeux (autres que ceux susnommés). Le premier qui m’a interpellé, c’est celui-là : le « koundelitch à poignées », mais il n’est rien à côté de « l’écarteleur », qui n’est lui-même que peu de chose face à la « guillotine ». Evidemment, je vous ai gardé le meilleur pour la fin et c’est avec beaucoup d’émotion que je vous présente le jeu le plus prisé des Malais, le…, non je n’ose pas lui donner un nom… c’est ça… libre à vous de lui en donner un, et j’attends vos propositions avec impatience…

Je ne sais pas si Gauton a trop joué avec ce dernier, mais il a passé juste après une nuit à 39°C, heureusement ce matin une vieille Malaise* nous a donné un traitement à base de feuilles de Tamtarencha (ou quelque-chose dans ce genre) et la fièvre est tout de suite retombée**. J’imagine qu’à force de jouer avec ce genre d’instruments, les Malaises ont fini par trouver des petits remèdes pour calmer les douleurs.

* Une bonne vingtaine d’années.
** Pas de panique, ce n’est qu’une simple pharyngite malaise et il va déjà mieux.



 

Sapik

8

Vav renverse ses 200 perles à piquer par terre, Gauton part en courant derrière un chat, tout le monde nous regarde, vous l’avez compris nous sommes au restaurant. Nous prenons la carte :
— Gauton qu’est-ce que tu veux manger ?
— Passssa, dit-il en pointant du doigt sa mère.
— Tu veux du riz ?
— Non passsa ! Le doigt toujours aussi accusateur.
— Des noodles ?
— Passssa !
Il adore dire « Pas ça » en insistant sur le C cédille.
Vav est absorbée, elle ramasse calmement ses perles, nous lui choisissons du fried rice, comme à chaque fois. Les plats arrivent brûlants, Gauton pleure car il veut manger tout de suite, Vav est toujours par terre. Le chat repasse, Gauton part à sa poursuite, Sop part derrière Gauton qui se glisse sous une table voisine, il ressort de l’autre côté et revient en courant vers notre table, il marche sur la main de Vav qui se met à hurler. Les perles à piquer volent à nouveau quand Sop arrive pour la consoler, Gauton est remonté sur sa chaise et se jette sur ses noodles brulants.
— Passsa ! dit-il en les repoussant et en en renversant la moitié sur la table.
Il vide la moitié de la bouteille de Ketchup dans son verre pendant que Sop insiste auprès de Vav pour qu’elle vienne manger. Pendant ce temps, je discute avec les gens de la table voisine en faisant mine de ne rien voir. Après recadrage*, nous finissons par nous mettre à table, le fried rice de Vav est épicé :
— ça pique ! Elle pleure à nouveau.
Sop explique à la serveuse que « ça pique » veut dire que c’est trop épicé.
« sapik, sapik », répète-t-elle heureuse d’avoir appris un mot français. Avec les pleurs qui nous entourent, nous n’avons pas le courage de lui expliquer que le vrai mot est « épicé » et non « sapik ».
Voilà comment se passe un repas au restaurant avec les enfants Reblochons, rien de bien terrible, plus que 600 comme ça et nous retrouvons notre cuisine…

* De moi puis des enfants.

 

Wanna more?

Ici, les locaux ont une alimentation assez variée, au petit déjeuner, du riz avec un peu de poulet, le midi, du riz avec juste une touche de poulet, au gouter c’est plutôt riz-poulet et le soir c’est festin : beaucoup de riz avec beaucoup de poulet. Par-contre il y a des glaces et impossible d’en trouver une seule au poulet.

Nous sommes allés découvrir la cascade de Telaga Tujuh et ses septs puits, mais ce que nous avons surtout découvert, c’est la nouvelle manie de Gauton. Depuis qu’il regarde en boucle son nouvel épisode fétiche de Winnie the pooh (sauf si je ne m’abuse, pooh, ça n’a jamais voulu dire ourson, investigation en cours), il se déplace en sautant à pieds joints comme le célèbre Tigrou et ce particulièrement pour franchir une marche. Malheureusement pour nous, il y a exactement 367 marches dans la jungle pour rejoindre les fameux puits. Nous avons donc pris notre mal en patience durant toute la descente et Gauton s’est avalé sous le regard stupéfait des promeneurs, ses 367 marches en bondissant* comme son héro préféré en lançant à chaque fois un « hou hou hou » de satisfaction. La cascade est vraiment belle, quant aux 7 puits, nous les avons longtemps cherché, mais vu les pluies diluviales que connaissent les habitants de l’île, il est très probable qu’ils n’aient jamais vu l’ombre d’un puit, nous avons donc arrêté nos recherches et photographié comme tout le monde, les 7 flaques vasques se trouvant au bout des 367 marches.

Hier soir, alors que j’errais dans les rues de Pantai-Cenang, deux sympathiques masseuses de pieds m’ont proposé leurs services, curieux de connaitre les spécialités locales, j’ai évidemment accepté l’invitation. Une fois à l’intérieur du salon de massage, j’ai vite compris que j’avais été trompé sur la marchandise. Slow de Queen en fond sonore et adolescents aux tendances homosexuelles clairement assumées en guise de masseuses m’y attendaient.
C’est avec une expérience certaine, que mon masseur crêteux donnait le branle* vigoureusement à mon pied et mes orteils tandis que je faisais tout pour éviter de croiser son regard pesant. Trente minutes s’écoulèrent ainsi et alors que je bénissais mon avarie de m’avoir incité à décliner la formule intégrale au profit de celle moins onéreuse, je sentais mon pédi-masturbateur s’aventurer délicatement sur mes mollets.
« Wanna more ? » me dit-il d’un battement de cil.
Ma curiosité a ses limites, je n’ai donc pas poussé l’expérience plus loin et c’est sur mes pieds violés que j’ai repris le chemin de la guesthouse évitant soigneusement de répondre à toute nouvelle proposition.

* Mettre en mouvement, mettre en train, mettre en disposition d’agir, donner une impulsion plus ou moins forte.



 

Cockring (ou la sonnerie du coq)..

13

La plage de Pantai-Cenang n’est pas la plus sympa de l’île, elle est envahie de jet-skis et de touristes friands de sports nautiques. Enfin « sports nautiques » c’est l’expression utilisée par le Lonely Planet, mais à part les mecs qui se font traîner sur des bananes géantes, il n’y a pas beaucoup de riders*… Non non, ici il y a des Malais rasta-men avec des shorts Quicksilver qui t’accostent pour te proposer leurs activités, et bien que Sop ai toujours rêvée de monter une grosse banane Malaise, nous déclinons systématiquement leurs offres.
Nous trouvons nos marques dans notre nouvelle « maison de vacances » et à part les saladiers de pots-pourris aux odeurs franchement désagréables, nous y sommes très bien. Vav est particulièrement heureuse d’avoir sa propre chambre et nous aussi car nous pouvons enfin lui redire notre phrase fétiche : « Vav, va dans ta chambre ! ».
Ce matin je suis allé, vêtu de mon seul slip, chasser le coq qui avait eu la délicieuse idée de venir coqueriquer sous la fenêtre de notre fille préférée. Fort de mon succès et fier comme un vieux bouc, je suis rentré au logis sans m’attendre à ce que j’allais y trouver. Sop me regarda droit dans les yeux, les cheveux au vent du ventilateur, quelque chose en elle avait changé. Il avait dû se passer un terrible évènement durant mon absence, mais quoi ? Je n’étais pourtant parti qu’une poignée de minutes. D’abord, elle était levée, chose qui n’arrive jamais à cette heure** mais surtout elle était bien plus ronde qu’hier (environ 25 kilos de plus). Mais ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est le hurlement qu’elle a fait en me voyant tout en cachant son soutien-gorge, et ce n’est qu’au moment où elle a commencé à m’insulter en arabe que j’ai réalisé que je m’étais sans doute trompé de maison. C’est comme ça que l’habitation entière de nos voisins s’est réveillée dans les cris, couvrant largement mes deux ou trois timides « sorry ».
J’espère que la mama (ordinairement voilée) de la maison mitoyenne à la nôtre ne va pas se faire trop engueuler par ma faute.
Bilan des courses, le coq s’est barré et Vav a été réveillée par les voisins, c’est ainsi que j’ai payé cash mon pêché.
* Des vrais, comme à Leucate et Hossegor quoi !
** 7 heures

 

Black Proton’s touch

11

14 heures de bus et une heure de ferry plus tard, nous avons hier débarqué à Langkawi, une île au nord-ouest de la Malaisie. Durand la traversée, Vav s’est liée d’amitié avec une Sri Lankaise voilée de A à Z :
- C’est drôle Papa, on lui voit que les lunettes à la dame, pourquoi ?
- Parce qu’elle n’y voit pas bien sans…
- Non papa : pourquoi elle est habillée comme ça ? (esquive manquée)
- C’est sa religion qui veut ça.
- Et pourquoi ? (elle est en pleine période de pourquoi)
- Parce que… Au fait, tu sais comment on fait les bébés ?
Arrivés sur l’immense île, nous décidons de louer une voiture, le temps de trouver un coin sympa où résider. Je négocie facilement (basse saison) la voiture de 70 à 50rm (12€) et je charge nos kilos dans le coffre d’un magnifique monospace Honda flambant neuf. Derrière moi, j’entends des Malais hilares, une fois de plus je range ma fierté (les Malais rigolent beaucoup sur notre passage) et invite Sop et les deux diables à venir me rejoindre dans notre superbe carrosse.
- No sir, you rent the black one !
- The black one?
A part, l’ordure garée à côté de mon vaisseau, je ne vois pas de voiture noire.
Nous nous serrons finalement à bord de notre petite ordure noire (une proton tunée : la caisse du parfait Jacky Malais) et nous lançons tout volant à droite* sur les routes de Langkawi. Au bout de quelques minutes, je me retrouve inévitablement sur la voie de droite (comme à la maison quoi !) et tombe nez à nez avec une moto de Police qui, plus généreux que les défenseurs de la loi Française me laissent revenir sans contravention sur celle de gauche…
C’est finalement à Pentai-Cenang, dans une maison avec cuisine proche de la plage, que nous décidons de nous arrêter. Grâce une fois encore à la basse saison, le prix passe de 200rm la nuit à 100rm (25€**). Comme la famille Sintes*** un an avant nous, nous allons pouvoir enfin nous refaire à manger, 3 semaines de restaurants pour nos démons, ça fait déjà beaucoup, mais vu le résultat de mon premier essai, on risque de vite y retourner…
* En 24h, je n’ai pas réussi à m’y habituer et à chaque fois que je montais dans notre Proton aileronnée, je me retrouvais systématiquement à la place sans volant. La première fois c’est drôle, mais au bout de la vingtième ça devient fatiguant (et vexant).
** C’est un peu hors budget, mais ça va nous permettre de refaire le plein.
*** Nous avons cherché la même que la vôtre, mais impossible de la trouver…



 

Mersing, quand tu nous tiens.

7

Contrairement à Gauton, j’ai bien calculé mon coup pour passer mon anniversaire sur une île paradisiaque. La journée a commencé tôt grâce à la chaleur et Vav m’a offert un magnifique tas de coquillages percés, elle voulait en faire un collier, mais heureusement pour moi elle n’a pas trouvé de ficelle. Gauton quand à lui, s’est placé comme à son habitude face aux cocotiers de Moktar et bien accroché à son poteau en bois fétiche, m’a fait cadeau du résultat d’une magnifique constipation. Mais le plus beau présent auquel j’ai eu le droit m’est venu de la vielle dame. Jamais, même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais imaginé un cadeau aussi parfait : une belle mère à l’hôpital. C’est donc avec joie, que nous avons tous quitté dans la précipitation la plus désordonnée, notre morceau de paradis, pour prendre le ferry en direction de Mersing. Avant de trainer la vieille dame et son œil collé jusqu’à son hôpital, j’ai quand même pris le temps de faire un tour sur les spectaculaires manèges du seven-eleven et c’est sans prendre de taxi que nous avons arpenté de nuit la grande route de Mersing jusqu’au plus grand établissement hospitalier du coin. Ici, c’est simple avant même d’expliquer ton cas, tu dois donner 50 ringgits (12 euros) en cash, ce n’est qu’ensuite, après environ 2 heures d’attente qu’un mec en blouse commence à s’intéresser à toi.
Une heure et un litre de liquide phy plus tard, le bon docteur Malais m’a finalement pris à part :
- Je crois que cette femme nous trompe! Il n’y a pas l’ombre d’une lentille dans son œil.
- Je suis damné! A-t-elle fait ça pour me faire rentrer plus tôt à Mersing ?
- C’est élémentaire mon cher Watson.
- Balancez-lui encore un max de sérum, elle va finir par cracher la vérité.
Ce n’est qu’au bout d’un long moment qu’elle a fini par avouer qu’elle n’était pas vraiment sûre d’avoir encore le verre de contact collé à son œil. Le bon médecin nous a donc libérés vers 23h et m’a lancé :
- Vous voulez un bon conseil ? Mettez là dans un avion, c’est tout ce que vous pouvez en faire.*
Il ne savait pas si bien dire, demain c’est son grand départ. Tandis que nous traverserons le pays en diagonale dans un bus pendant 14 heures*** (rien que d’écrire le chiffre, j’en tremble d’avance), elle volera, l’œil toujours aussi collé vers l’hexagone. La séparation sera sans aucun doute délicate, car nous allons perdre une nounou de premier choix…

* Ce dialogue est un peu** romancé.
** Ok, beaucoup.
*** Nous partons pour Langkawi.



 

Air Batang road

4

Quand tu débarques à Air Batang, deux choses principales te frappent, la route qui fait 1m30 de large et les scooters-sidecars d’1m25 handmade qui y circulent à 10 ou 12 km/h. Au tout début, tu trouves ça ingénieux car les locaux ont parfaitement su adapter leurs moyens de locomotion au format des rues, puis au bout de 20 min tu commences à trouver ça franchement con, car à Air Batang, il n’y a qu’une seule voie et que de bout en bout elle doit faire environ 500m. J’imagine bien un ado « Airbatanguais » qui, à 12 ans, se fait offrir son premier scoot :
- Tiens Moktar, enjoy !
- Oh merci maman, je vais pouvoir aller acheter le riz en 1 minute, alors qu’à pied j’en mets bien 2 !
- Oui mais fais bien attention, mets bien tes tongs quand tu conduis.

Ici on ne rigole pas avec la sécurité.
Ce qui est vraiment drôle, c’est qu’au bout d’Air Batang, il y a un grand escalier qui traverse un petit bout de jungle et qu’en quelques minutes tu te retrouves sur une grande route qui fait 2km et qui t’amènes au centre de Tekek : la capitale* de Tioman. Alors les mecs d’AirBatang se garent tous devant l’escalier et partent faire leurs courses à pieds…

Hier, j’ai tendu une belle slackline dans le parc de Moktar juste en face de notre guesthouse sans demander l’autorisation à Momo qui est une personne assez froide au premier (et au second) abord. Illicitement, j’ai pleinement profité de ma sangle quand la nuit est finalement tombée. Pris par mes activités de père famille, j’ai laissé le tout solidement fixé entre les deux cocotiers. Ce n’est que vers 22h qu’un cri relativement différent de ceux des singes nous a alerté, c’était ce bon vieux Moktar ! Il avait foncé tête baissé avec son side-scoot en plein dans la slack. C’était la première fois qu’il me parlait en Malais et sans bien comprendre les mots, j’ai parfaitement saisi le fond de sa pensée. Tout en l’aidant à franchir l’obstacle, j’ai platement excusé notre vieille dame d’avoir tendu son fil à linge si bas. Je pense que cette histoire va se perpétuer de père en fils chez les Moktar, le pauvre vieux était à deux doigts de se faire décapiter, Momo, si tu me lis : encore pardon.
* Capitale = 3 magasins, 2 boutiques détaxées, une école et un aérodrome.



 

Human octopus

10

Sur une île comme celle de Tioman, il y a un sport qui n’existe pas au Cap d’Agde et encore moins à Brive la Gaillarde, ça s’appelle le snorkeling. Le snorkeling c’est la grande classe, surtout le nom : « snorkeling », ça claque, un peu comme la highline ou le ski-touring, mais si on devaiit comparer ça a une discipline olympique, ça se rapprocherait plus du curling. Car en fait le snorkeling, y a rien de plus simple et de moins fatiguant ; tu mets ton masque et ton tuba et tu te laisses brasser par les vagues comme un poulpe en regardant ce qui se passe autour de toi. Après, je n’dis pas il y a peut-être des snorkeleurs plus sportifs*, mais moi personnellement je le pratique comme ça. J’ai même élaboré une technique pour me fatiguer encore moins, je garde mes crocs aux pieds, comme ça je n’ai pas à faire d’effort pour rester allongé. Ce qui est vraiment génial avec le snorkeling, c’est qu’outre le fait que tu vois des trucs presque aussi beau que dans Némo, tu as la tête sous l’eau, et avec la tête sous l’eau tu n’entends plus les cris de tes enfants sur la plage et ça, ça n’a pas de prix.
Du coup à chaque fois qu’une dispute explose à cause d’un coquillage qui est à l’un ou à l’autre ou aux deux, je sais maintenant quoi dire : « chérie, je vais faire un peu de snorkeling tu t’occupes des enfants ? ». Le snorkeling, c’est le top. En quelques sessions j’arrive même à me caler des micros-siestes et je pense qu’un bon snorkeleur doit pouvoir atteindre le sommeil profond, mais je ne suis pas encore à ce niveau.
Vav aussi fait du snorkeling à Air Batang et c’est assez drôle de la voir faire : couchée dans sa bouée rose, la tête enfoncée dans un masque qui ressemble à un saut gonflé avec une vitre au fond et criant à chaque poisson ou corail qu’elle voit. Gauton lui ne snorkel pas, il préfère faire son puzzle de Baloo. Il est arrivé à un tel stade de connaissance sur ce puzzle, qu’il sait reconnaitre les personnages qui sont sur les pièces quand on les lui présente côté carton et à l’envers. Dis comme ça, ça n’a l’air de rien, mais à voir c’est assez surprenant et on ne peut pas s’empêcher de penser en le voyant faire à Dustin Auffman dans Top Gun ou dans un autre film**. Bon allez, je vais snorkeler mon lit, car demain matin, les singes vont encore se taper un délire sur notre toit en taule à 7h00 et réveiller notre petit Baloo-maniaque.
* Avec des palmes peut-être.
** Sans google j’ai moins de culture cinématographique.

 

La cayra de Tioman

2

Une chose sympa à savoir sur Tioman, c’est qu’il n’y a pas moyen de retirer de l’argent (à part à l’aérodrome de Tekek à très mauvais taux) et qu’évidemment personne ne prend la CB, c’est donc désargenté que nous élisons finalement domicile chez ce bon vieux Moktar (12 € la nuit après négociation) à Air Batang, relativement loin du paradis de Nipah.
Ici, à Air Batang, il existe 4 catégories bien distinctes de personnes : les plongeurs, les glandeurs, les locaux et les Reblochons. La plage est assez sympa, les restaurants bons et pas trop chers et Gauton a même une copine répondant au nom de Ticha*, bref le coin nous plait vraiment et nous avons décidé d’y séjourner jusqu’à la fin du mois.
Allongé sur la plage, j’entends un hurlement de terreur, ne répondant qu’à mon courage je réveille la vieille dame à côté de moi en lui lançant une poignée de sable :
- Je crois que ta fille t’appelle.
Le deuxième hurlement me semble plus calme, aussi je préfère attendre le troisième pour me faire un avis définitif. Celui-ci ne tarde pas à venir et sans plus réfléchir, je m’élance dans une course folle d’au moins 25m. Sop et Vav sont au milieu d’une meute enragée de singes et c’est héroïquement que la mère de mes enfants tente de garder au près d’elle une bouteille de litchi à 4 ringgits. La maman singe** l’emporte finalement et sentant la forte odeur de l’homme ultra-dominant que je suis, les primates prennent rapidement le large.
C’est ainsi que nous faisons connaissance avec la racaille de Tioman, nous ne pourrons désormais plus rien laisser traîner sur la petite terrasse de notre guesthouse, à moins que Sarkozy vienne d’ici fin septembre, y passer quelques vacances.

* Je crois qu’il l’aime particulièrement car dans le langage de Gauton, Ticha ça veut dire « petit chat » et il est vraiment fan des tichas.
** « maman singe » est ici au sens propre, Sop a donc évidemment perdu.

 

Tioman – Nipah

5

Abbas a mis les conseils d’Edlinger de côté et monte à son cocotier avec une technique très largement inspirée de celle du singe. Sous le regard médusé de Gauton, qui en lâche son puzzle de Baloo, le propriétaire de notre gesthouse, sort un énorme couteau et laisse tomber 3 noix de coco : « le goûter est prêt ». Vous l’avez sans doute deviné, nous sommes à Nipah, sur une plage de rêve, à Tioman. Vav est aux anges parce qu’on lui a promis de rester ici 10 jours.
Abbas, l’un des 12 heureux habitants de Nipah est un type incroyable, une sorte de Jack Sparrow Malais, super souriant qui boit du rhum et qui remercie toujours ses cocotiers après avoir coupé une noix. A côté de lui, t’as vraiment l’air d’être un Américain de base, il a un petit singe et attrape les serpents comme tu attrapes ton hamburger. Ses chalets sont vraiment rustiques*, mais ils ne sont vraiment pas chers (70 ringgits environ 18 euros), c’est le coin à éviter absolument si vous transportez avec vous une grand-mère reptilophobe, des enfants de moins de 3 ans ou si ta femme n’est pas trop fidèle, c’est donc pour une de ses 3 raisons (je ne vous dirai pas laquelle) que nous décidons de partir 2 jours plus tard.
La nuit tombée, nous laissons donc la vieille dame avec sa phobie, ses petits-enfants dans un chalet ouvert aux 4 vents entre mer de Chine et jungle et allons expliquer la situation à notre hôte qui prend la mauvaise nouvelle avec toujours le même sourire.
Ce n’est que le lendemain que nous subissons pour la nième fois la célébrissime citation « gentil n’a qu’un œil ». Car, si nous avons essuyé durant les deux nuits précédentes des fuites spectaculaires** du toit, si Gauton a frôlé la mort tout proche de dire son ultime « pas dodo » dans le gosier d’un python, ce n’était rien face à la note ultra-salée que nous avait réservé notre rasta-pirate. Deux jours pour seulement 150 euros… complètement hors-budget pour la famille reblochon***…

* ok, ils sont pourris
** à ce niveau-là on peut commencer à parler de douche
*** budget des Reblochons : 25-30€/jour

 

Happy birthday Gauton

7

On n’a pas tous les jours deux ans et on a tendance à l’oublier, mais 2 ans dans une vie, c’est une étape : à deux ans, on arrête de donner ton âge en mois*, à deux ans on ne porte plus de couche, à deux ans on… bref, à deux ans on est vachement plus grand qu’à 24 mois. Pour les 2 ans de notre Gauton, nous avons décidé de lui offrir une journée de rêve, une journée sans tracas, consacrée uniquement à lui.
8h30, nous empaquetons nos deux cents kilos** de matériel suivi immédiatement d’une heure de taxi, d’une heure d’attente au centre-ville de Kuantan, de 4 heures de bus (avec les enfants sur les genoux***) mais une fois arrivé à Mersing nous comprenons vite que le dernier ferry pour Tioman est déjà parti(4) Une longue errance plus tard sous une chaleur infernale dans une ville très… ville, nous parvenons à trouver une chambre super cheap (9€), super chaude et super petite au 4ème étage du « Golden City Hotel » ( « Golden city », ils ont de l’humour quand même dans ce pays !). Après un inoubliable gouter d’anniversaire et une remise de cadeaux extra-plats(5) nous partons en direction du célèbre « Disneyland » de Mersing : le « seven-eleven super market ». Les enfants se régalent à bord du donald rouillé et du tank vietnamien. Après ce moment fort en émotion, nous nous glissons froidement sous une insupportable climatisation et dévorons le fameux riz/poulet du gigantesque KFC de la ville (lieu d’où je poste ce petit message).
Notre Gauton a vraiment passé une superbe journée, il s’est même endormi de bonheur sur ses nuggets en refaisant son puzzle de Baloo, c’est pas le paradis ça ?

* sauf Sop qui a d’après sa mère 375 mois, mais ça reste une exception.
** j’inclus le poids de la grand-mère dans le lot.
*** par chance, nous avons pu trouver une place pour la grand-mère.
(4) prochain départ demain 11h30, celui-là on le loupera pas
(5) on voulait lui prendre un vélo, mais il ne nous restait plus que 25cm3 de place disponible.



 

I believe I can firefly

4

Depuis hier, une drôle de personne vit avec nous, au début, j’ai cru qu’elle allait repartir rapidement, mais elle semble vraiment s’accrocher et petit à petit nous nous y sommes aussi finalement attachés. Ce n’est que ce matin, en nage sous la moustiquaire que j’ai réalisé, d’un coup de coude, j’ai bousculé la chose moite qui me sert de compagne ma tendre femme :
- Sop je sais ! Cette vieille dame, c’est ta mère !
C’est vraiment étrange… je pensais, en atterrissant ici, ne connaitre personne mais il faut croire une fois de plus un dicton à la con : le monde est petit.
Payung guesthouse nous redonne espoir question budget : chalet avec wifi, petite cuisine extérieure pour 15€ la nuit. C’est la troisième guesthouse en 5 jours, question stabilité pour les enfants, on peut mieux faire… Mais Payung guesthouse est au top et nous allons y rester jusqu’à mardi, ensuite nous transvaserons nos 75kg de bagages, notre poussette et notre personne âgée vers l’île Kapas ou celle de Tioman.
Hier soir nous nous sommes offerts une balade de nuit sur la rivière de Cherating à la rencontre des firefly*, la vieille dame à nos côtés n’arrêtait pas de chuchoter « oh c’est comme dans Avatar, mais ici ça fait moins vrai quand même ». A la réflexion, c’est un peu normal… que peuvent bien faire des lucioles volantes Malaises contre la dernière** super-production de James Cameron. En fait, le seul avantage qu’on a sur notre pirogue, c’est qu’on n’a pas l’air con avec des lunettes 3D, sinon pour le reste, la vieille dame a malheureusement raison, Avatar est loin devant : pas d’anti moustique, pas d’eau dans les chaussures, pas de serpents qui peuvent te tomber sur la gueule et surtout, pas de vieille dame te rabattant que c’est mieux sur la mangrove de Chérating…
Durant la nuit, j’ai un peu regretté mon manque de pédagogie, Vav a eu un sommeil très agité et lançait régulièrement des «j’veux rentrer, j’ai peur» ou des «au secours, à l’aide», j’ai fait profil bas, mais le matin mon masque est tombé quand Sop a demandé :
- T’as fait des cauchemars, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
- J’veux pas me faire manger par les crocodiles…
- Quels crocodiles ? Il n’y a pas de crocodiles mon cœur.
- Papa il m’a dit dans le bateau hier que si j’étais pas sage, il allait me jeter à l’eau et que j’allais me faire manger par des crocodiles.
Qu’est-ce qu’ils n’vont pas inventer ces enfants quand même.
 
* Franchement c’était super beau : balade à ne surtout pas louper si vous passez dans le coin. Vav n’a fait qu’hurler « oh ! c’est ma-gni-fique ! » au grand plaisir des autres touristes qui venaient ici pour se laisser envahir par le charme du calme et la beauté hypnotisante de la seule source de lumière des lucioles virevoltantes… Fallait pas monter dans le bateau des Reblochons, qu’on se le dise !
**dernière… en fait j’en sais rien.

 

 

Ringgits forever

1

Nos enfants sont parfaitement ouverts, enfin presque. Vav ne supporte pas l’anglais mais Gauton essaie de s’y mettre, il nous a lancé un « merkyou », contraction de « merci » et de « thank you ». Par-contre, ils sont curieux de tout :

-         Regarde Vav, tu vois ça c’est du corail, il ne faut pas marcher dessus.

-         Et ça maman, c’est quoi ?

-         C’est un bouchon de bouteille en plastique.

-         Regarde Gauton ! Un bouchon !!

-         Pas bouchon ! Pas dodo, pas dodo !

C’est tellement beau de les voir s’éveiller ainsi. Sans parler de Gauton et de son puzzle de Baloo qu’il fait et défait 80 fois par jour, ça va faire de lui une personne extraordinaire et comme il dit si justement et sagement à chaque fois qu’il le reconstitue « faut peu pour treureux »*

Pour revenir à un sujet plus terre à terre : l’argent… Nous ne comprenons pas ce qu’il se passe ici, mais l’argent ne reste pas longtemps dans notre bourse, 50€ la nuit pour 3.5m² et 10€ les repas dans des restaurants bas de gamme. Demain nous tentons de changer de guesthouse, sinon le budget va partir en moitié de temps. Il me fait bien rire ce Baloo avec sa chanson de hippie de la jungle, on voit bien qu’il n’est jamais allé à Chérating, ici il en faut un max des ringgits pour être heureux.

*il en faut peu pour être heureux.