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Natural Games 2013 – highline avec un « Jambon »

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Après le Portugal (peu documenté sur le blog), nous avons décidé de terminer notre voyage en Asie par le festival des Natural Games à Millau (France) en compagnie de la Team « Jambon Slackline USA ».

Article à ne pas lire si vous n’êtes pas adepte de la slack…

Le soleil orange s’écrase derrière les falaises vertigineuses des gorges de la Jonte bien plus lentement que la testicule gauche de Frederik O’Malley* entre sa cuisse et son leach** de highline, ça y est, la première journée des Natural Games 2013 touche à sa fin. Cette année sur le magnifique terrain de jeu de Millau, il y a des highlines pour tous les goûts et pour tous les niveaux. Fredérik, 37 ans, est un « jeune » Texan qui en veut, il est là comme beaucoup pour goûter au grand frisson des lignes tendues dans le vide, mais comme beaucoup, il va surtout ce soir goûter au grand saucisson Aveyronnais en massant ses parties génitales qui servent actuellement d’amortisseurs à ses multiples leash-fall***. Mais Frederik n’a pas dit son dernier mot :
« Je n’ai pas dit mon dernier mot » a-t-il même prononcé à la sortie de ses diverses tentatives. Dernier mot ou pas, Frederik O’Malley n’a certainement pas dit sa dernière connerie, car ce soir, après avoir avalé son xprime, il va forcément entrer en trance devant le déhanché envoûtant de Wax Tailor.

Vendredi matin, Frederik sort la tête de sa tente à 14h, à côté de lui sa conquête de la veille prend soudain une allure moins séduisante qu’avec 3 grammes d’alcool dans le sang. Frederik jette un dernier regard sur le barbu qui partage son duvet et c’est reparti pour une grosse session de highline.
Mais ce vendredi, la météo n’est pas des plus rassurante et Frederik décide finalement de garder ses testicules au chaud pour le lendemain.

Samedi, le ciel n’inspire pas non plus notre highliner en herbe qui préfère prendre un bouillon en s’approchant des célèbres highlineuses (Faith Dickey et Ancee Kancee Kucharova) que de broyer à nouveau une de ses deux compagnonnes de route.

Le soleil revient enfin dimanche et par chance, Roger (sa copine de jeudi soir) n’a pas voulu de lui la nuit dernière: c’est le moment idéal pour le jeune Frederik de se remettre en piste sur ce qu’il appelle désormais « ma highline ».
A ce jour, personne ne sait si finalement il est parvenu à traverser la ligne de 25 mètres installée à plus de 110 mètres de hauteur, mais aux derniers rayons de soleil, il essayait encore. Si vous n’êtes pas venus aux Natural Games de juin 2013, voilà ce que vous auriez pu vivre, bien qu’évidemment chacun vit ce festival à sa manière…

Quant à moi, reporter amateur de 4petitspiedsenasie.fr, il est temps que j’arrête mes conneries articles et que je remette mon badge et ma chemise car les vacances sont finies…

* Team « Jambon Slackline USA »
** corde de sécurité qui retient le funambule à la slackline.
** chute dans le baudrier sans rattraper la slackline avec les mains.



 

Back to reality

Totalement jetlagué, à 4h du matin dans la cuisine du bon vieux Verrou, devant un café qui n’a pas été prédigéré par un quelconque rongeur, j’assiste à la rediffusion d’une émission mettant en scène une espèce de pseudo star française bedonnante aux formes généreuses qui se prélasse au soleil avec un pécheur indonésien sur une eau turquoise.

— Et vous faites ça tous les jours ?! demande-t-elle la gueule plâtrée, au pauvre type qui n’a pas les moyens de mettre un moteur sur son radeau.
— Oui depuis que ma femme est morte d’une rage de dent, j’élève mes 6 enfants, c’est très dur.
— Ah oui je comprends ! Bon allez, c’est pas le tout, mais ça me donne faim tout ça ! Je me taperais bien un petit bœuf Kobe, je connais un resto sympa : l’Arakawa à Tokyo, ça doit pas être bien loin d’ici ? Mais j’insiste, le vin c’est pour moi !

Pendant que certains profitent à l’autre bout du monde, d’autres subissent la pluie, le froid, un dégât des eaux et attendent devant un enduit qui n’arrive pas à durcir. Mais tout n’est pas si noir, il y a des bons côtés à être de retour en France, comme se balader dans les rayons de Leroy Merlin, se rendre compte que son lave-vaisselle est en panne, s’apercevoir que l’alcool qu’on avait mis en dépôt-vente chez son beau-père a été bu vendu, apprendre à réutiliser du papier toilette et surtout le must : faire sa déclaration d’impôt.
Quand on est arrivé en France le 19 mai, certaines choses étaient complètement bouleversées, comme la coupe de cheveux de mon frère et le poids de notre chien tandis que d’autres n’avaient pas bougé d’un iota comme par exemple l’arôme du vin rouge, la surdité de mon père et la connerie de notre voisine. Mais dans l’ensemble, le bilan est assez positif (si toutefois on enlève la coupe de cheveux de mon frère) car on sent que les enfants apprécient vraiment de pouvoir enfin reparler Français, même si Gauton fait encore quelques dérapages :

— Et qu’est-ce qu’on dit à mamie Lulu?
— Thank you! Tarimakasi!
— Mais qu’est-ce qu’il me laconte* celui-là, hé?

Pour les chiffres, notre voyage en Asie du sud-est nous aura coûté 15605.15€**, ce qui est le prix d’une Kia Venga 1.4L Essence, donc à tous ceux qui en ont marre de la tronche de leur voisine et qui ont les moyens de se payer une Kia Venga : achetez plutôt une trottinette et prenez un billet, ça en vaut la peine! On le réalise d’autant plus quand on est de retour sur sa trottinette…

Demain, l’aventure continue avec 4PetitsPiedsEnAsie au Portugal! ;)

* le « R » n’existe pas dans le patois de Lulu.
** 15605.15€ moins 5240€ de transport (avion/train/bus) soit 41.4€ par jour.

 

J-4: Au revoir Président

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Une étape supplémentaire, papa Reblochon n’a plus de travail*. Plus de travail et plus de maison, la machine est définitivement en marche. La sensation est assez agréable, un petit sentiment de liberté qui n’existe pas quand on prend 3 semaines de vacances en aout à Gruissan ou à Bourg Madame. Joyeux comme un pinçon** j’annonce à ma Vav : « Papa n’a plus de travail, c’est génial non ? » Elle me répond immédiatement « J’ai mangé tous les gâteaux au chocolat ». Je sens que nous sommes sur la même longueur d’onde et qu’elle a bien compris l’ampleur de la signification spirituelle de ma phrase. Quoiqu’il en soit, outre le fait, qu’effectivement elle vient de s’enfiler un paquet entier de Fingers et qu’elle va certainement vomir d’ici une heure, je me sens réellement bien.

L’alimentation est d’ailleurs un sujet qui soulève actuellement quelques interrogations car contrairement à Vav’, Gauton n’est pas un grand fan de riz, sans parler de sa passion quasi hystérique pour les yaourts et surtout pour le fromage. Ceci dit, notre médecin nous a rassuré aujourd’hui en nous annonçant qu’il venait de passer dans la catégorie « presque obèse »***, il a donc une bonne réserve dans laquelle il pourra puiser et pour ne rien gâcher, c’est financièrement très intéressant.
Pour dire à quel point il est accro à la nourriture française, hier il s’est réveillé à 3 heures du matin et nous a dit « Veux fromage ». Généralement, les enfants qui se réveillent la nuit demandent un biberon et bien lui, il demande du fromage. Je ne sais pas trop comment il va réagir quand, à la place de son morceau de camembert on va lui servir un bol de riz… L’avenir nous le dira…
Mais une chose est sûre, il va devoir lui aussi dire au revoir à son Président.

* Encore merci à tous mes collègues !
** Je sais pas d’où ça sort cette expression.
*** « presque obèse » interprétation médicale personnelle qui indique que tu commences t’approcher dangereusement de la ligne en pointillée du carnet de santé.

 

J-7: Steuplait: veux chambre

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 « Maman rentrer maison, steuplait veux chambre », c’est la phrase qu’a décidé de lancer Gauton* à sa maman ce matin à 7 jours du départ. Pas encore parti, il veut déjà revoir sa chambre… Comment lui expliquer qu’elle est utilisée comme bureau par nos locataires ? Qu’à la place de son cheval à bascule, il y a une tour de PC ? C’est pas facile à gérer, Sop a retenu ses larmes en pensant « Mon Gauton, il veut rentrer chez lui » pendant que l’auteur de la phrase choc partait en courant les bras en l’air en criant « pas dodo, pas dodo ». D’un côté je peux comprendre qu’il en ai marre qu’on habite chez ses grands-parents. Je peux éventuellement le comprendre. En faisant un effort, je peux comprendre. Vraiment, je crois que je peux comprendre… Comme je te comprends Gauton…. « Maman, veux rentrer maison »…

Quand je pense que la plupart des gens à qui nous présentons le voyage, nous demandent « Vous prenez les enfants ? »… Je verrais bien Sop répondre : « oh non ! On veut faire un break, un an sans les voir ça va nous faire du bien… Et puis, c’est bien connu, les enfants c’est comme les chiens : ça voit pas le temps passer, tu les laisses un an et ils pensent que tu es parti il y a une heure. » On en est bien loin…..

En attendant, Gauton a bien fichu la pagaille dans le moral de la troupe Reblochon avec sa petite phrase grammaticalement incorrecte. Il va falloir qu’il arrête ce comportement, sinon on le laisse chez papi et mamie celui-là, d’autant plus qu’on n’a pas payé son billet**

* pour rappel: Gauton c’est pas son vrai nom, c’est sa couverture
** billet moins de deux ans

 

J-8: Penser au retour

Sur tous les sites de traveler’s, on lit : « surtout, pensez à bien préparer votre retour, c’est très important », mais comment veux-tu préparer ton retour quand déjà tu as du mal à préparer ton départ ?
C’est vrai, dans l’absolu, ce serait sympa d’avoir un super projet pour notre retour (devenir pape, tuner notre vieux Peugeot Partner, boire une bouteille d’eau en 4sec), mais d’un autre côté si le « projet retour » est plus cool que celui de départ, tu n’as plus forcément envie de partir et là… les doutes peuvent éventuellement te faire perdre pieds !
Et bien nous, nous effaçons ce premier piège d’un revers de main, car à part aller à la piscine de Pibrac, nous n’avons pas le moindre projet pour l’été 2013…
En fait si, il y a bien les trucs classiques des enfants : rentrer à l’école, attraper des poux, peut-être une petite appendicite, qui sait !? Mais une appendicite, c’est pas vraiment un projet de retour, sans oublier le caractère aléatoire de la chose… Non non, un projet ça doit être du concret ! Du sûr ! Alors on a bien réfléchit avec Sop et on a finalement trouvé la solution, notre « projet retour » on va le chercher pendant notre voyage*! Et si on trouve rien, on se rabattra sur l’appendicite de Vav.

* Procrastiner ou l’art de toujours remettre à plus tard ce qui peut être évité le jour même: méthode enseignée par un sage employé municipal en 1997.

 

J-13: Le bonheur des uns fait… chier.

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Les dictons c’est souvent con, mais s’il y en a un qui m’énerve particulièrement c’est celui-là: « le bonheur des uns fait le malheur des autres ». Primo, il ne remonte pas du tout le moral (grosso-modo il veut dire « T’en chies bien là ?! Bein dis-toi que grâce à ça, Marcel est en train de s’en payer une bonne ! »), Secundo… il m’énerve parce que, le type qui te le balance, il a systématiquement un air résigné qui sous-entend : « tu pourras rien y changer mon p’tit gars, t’as la loose un point c’est tout ».
Aujourd’hui, j’ai réalisé que notre départ occasionnait pas mal de perturbations annexes qui pouvaient entrer dans le cadre de ce dicton… Le plus frappant étant le pauvre bonhomme qui va devoir me remplacer au taf… Mais, jetons un voile pudique sur ce triste fait.

Par-contre ce que j’ai surtout réalisé dans notre cas, c’est qu’il y avait pas mal de contre-exemples: un bonheur qui engendre un autre bonheur… Grâce à notre départ, la maitresse de Vav’ n’aura jamais entendu parler d’elle, mon frère ne va pas se faire ridiculiser cette année au derby de Piau*, mes collègues n’auront pas à supporter mes reblochonades**, nos locataires vont pouvoir profiter des crises d’hystéries de notre voisine, le trou de la sécu va diminuer et la population mondiale va… non rien.
Sinon, à part un nouveau caca dans le salon des beaux-parents, le comportement de Vav va plutôt en s’arrangeant, merci l’homéopathie.

*: Private-joke
**reblochonades : actes involontaires de ma part qui occasionnent souvent des dégâts collatéraux.

 

J-18: Twilight vs Tarzan

Il y a des signes qui ne trompent pas, ces signes qui annoncent que le départ est imminent et qui se multiplient de jour en jour. Le dernier en date : un achat sur cdisount qui se solde par la pensée: « et si ça arrive après qu’on soit parti », ou alors les phrases du style : « On sait jamais, on se fait 20 bises au cas où on ne se revoit pas! ».

Mais ce qui nous préoccupe actuellement, c’est Vav. Elle est dans un état d’excitation qui dépasse largement sa rage habituelle. A moins qu’elle soit en période charnière d’une quelconque mutation vampiresque ou zoanthropique, il semblerait plus vraisemblable que son comportement soit lié au « grand voyage ». Elle se réveille souvent dans la nuit en hurlant et prend beaucoup de plaisir à réveiller son frère. Sop était contre l’idée de l’amener voir un exorciste et elle a préféré une méthode plus douce : un homéopathe. Bilan : 80 granules par jour et interdiction formelle de lui parler du voyage. A priori, nous avons trop « reblochoné » avec elle et une anxiété serait en train de s’installer. A qui vais-je pouvoir me confier maintenant pour parler des menaces sismiques sur Bali et des problèmes de VISA pour le Vietnam ?

Gauton lui, ne comprend pas ce qui se magouille dans son dos, sa seule préoccupation : Tarzan. Faut dire que la dernière version dessin animé de cette célèbre histoire est assez surprenante et pousse à l’admiration, surtout quand on est un petit être de 2 ans. Ce tarzan, c’est une sorte de surfeur, bodybuildé aux rastas impeccables et au torse rasé de prêt qui slide des branches et slack des lianes. Il a jamais vu une fille de sa vie, et la première qu’il croise, c’est jackpot! Bon, j’avoue que t’as plus envie de ressembler à lui, qu’à l’acteur de « Tarzan of the Apes » dans la version muette de 1918, quoique…

 

J-22: Goodbye Marylou

Nous sommes SDF. Les clefs de notre maison sont enfin entre les mains de nos (gentils) locataires, c’est une grande étape de faite. 20h, chacun dans notre voiture (ok, c’est pas très écolo), nous retournons vers la maison où nous attendent nos enfants.

Quelle était la probabilité pour que F.I.P. passe une reprise de Marylou de Polnaref ?

Et là où j’imagine Jean-Paul Rouve, je sais que Sop, seule au volant, pleure, les yeux dans le rétroviseur, réinterprétant le « goodbye Marylou… »  à sa façon. En type très terre à terre, je me concentre sur les paroles pour essayer d’y déceler une quelconque métaphore. Mais je ne trouve rien, Marylou n’est certainement pas une maison, c’est sûr. D’ailleurs, c’est quoi cette chanson ?

« Quand l’écran s’allume je tape sur mon clavier

Tous les mots sans voix qu’on se dit avec les doigts

Et j’envoie dans la nuit

Un message pour celle qui

Me répondre OK pour un rendez-vous »

C’est même pas français : « Un message pour celle qui me répondre OK pour un rendez-vous », comment c’est possible que ce soit un tube interplanétaire ? Même en CE1, tu  te prendrais un gros coup de stylo rouge pour une phrase pareille. J’imagine que ça doit venir du charisme du chanteur et du refrain improbablement suraigu.

Bref, sur le coup, je suis bien content de ne pas être dans la même voiture que Sop, mais quelque part, j’en veux un peu à FIP de nous faire ça, un petit « rider on the storm » aurait été bien plus efficace.

 

J-25: What else?

Un déménagement pour aller d’un endroit à un autre c’est déjà compliqué, mais pour aller d’une maison vers rien, ça devient carrément l’enfer. En premier lieu, tu dois trouver des endroits où déposer tes affaires, dans notre cas, nos parents ont été les plus grandes victimes. Enfin victimes… c’est plus une chance pour eux, voir même un honneur que de garder nos cartons et nos meubles. Et puis sentimentalement parlant, c’est très fort : un coup de blues ? Pas besoin de psy, ils n’auront qu’à déballer un carton, trouver un slip sale et le moral remontera instantanément !

Mais ce n’est pas tout… car une fois que tu as forcé la main à tes parents et que tu as éloigné tes enfants de la maison à vider, il faut tout démonter et notamment : les magnifiques chambres où ce sont éveillées les chairs de nos chairs… Et pour une maman Reblochon, c’est psychologiquement très très dur… Alors en bon papa Reblochon, tu peux t’atteler au démantèlement des lits mais tu as beau utiliser la visseuse plus que nécessaire, il arrive un moment où tu ne peux plus faire semblant de ne pas entendre les petits murmures larmoyants: « Et cette poupée, Vav’ a joué avec ce matin… », « Quelle égoïste, mon petit Gauton n’aura pas son garage à voiture pendant un an, il l’aime tant… ».

Alors là t’as plus le choix, t’es obligé de mettre ta casquette de psychologue amateur, de faire tenir en équilibre précaire le lit à baldaquin sheherazad à moitié démonté et de soutenir moralement celle sans qui les cartons ne se feront pas que tu aimes. Mais, le papa Reblochon a beau être un fin remonteur de moral, il ne doit pas perdre de vu le « lit » qui doucement est entrain de glisser contre le mur. Mais en calculant la vitesse du glissement, l’accélération, les forces de frottements, il a vite fait de savoir combien de temps doit durer l’accolade finale ; c’est ainsi que, comme un prince, il relâche sa belle exactement au moment où tout allait basculer. On pourrait appeler ça du génie, mais je préfère le mot « talent ». Là où une star US aurait sans doute balancé un petit « what else? » dans un sourire au bicarbonate de soude, je me suis contenté d’un simple « t’as pas vu ma visseuse? » les dents jaunies au café.

Enfin bref, pour résumer, le déménagement pour faire une année sabbatique, c’est loin d’être une partie de plaisir, mais il faut bien passer par là, tout ne peut pas être facile…

 

J-26: Quand Vav’ a la rage

Parmi les innombrables choses à faire avant le départ, une m’a posé un problème tout particulier : la double prise de sang pour déterminer le groupe de Vav. Cette tâche, réservée au papa dans notre fameuse feuille excel, n’a pas été une mince affaire.
Parce qu’une simple prise de sang, ce n’est pas grand-chose… on prend l’enfant par surprise, on lui promet des bonbons et l’affaire est dans le sac, mais la « double prise de sang », ça n’a rien à voir !
Car l’enfant, cet être si particulier, a une mémoire… et c’est cette dite mémoire (qui est souvent utile, ne le nions pas) qui m’a coûté 2 tympans et des « pauvre monsieur, votre enfant est terrible » au laboratoire d’analyse.
Honnêtement, si la technicienne lui avait annoncée : « Vav, nous allons t’arracher les 2 bras sans anesthésie, tu vas avoir très mal et ensuite tu ne pourras plus donner le bibi à tes poupées », la réaction aurait été la même. J’avais un peu l’impression d’être dans un épisode de Saw, sauf que dans Saw, y a moins de cris et plus de sang.
Mais heureusement, le personnel était pédagogue en masse ce jour-là et à quatre pour la retenir, les quelques gouttes de sang ont pu être finalement prélevées.
Avant de partir, le pire de ses tortionnaires m’a lancé « J’espère qu’on ne l’a pas traumatisée » en sachant pertinemment le contraire… la prochaine fois maman s’y colle.

 

J-28: Le petit machin

Mauvaise nouvelle, le casse-tête des assurances n’est pas encore terminé, apparemment la sécurité sociale ne marcherait pas les 3 premiers mois du voyage, ce qui nous contraint finalement à prendre l’assurance Marco Polo dès le premier jour du voyage. En fait, nous ne sommes sûrs de rien et notre dernière expérience de vol annulé nous incite à la plus grande prudence sur ce terrain…

Nos locataires arrivent dans moins d’une semaine, la maison se vide et nos sacs de voyage se remplissent. Passer de plus de 20m cube à 3 sacs de 20 kilos est aussi un challenge à ne pas négliger et à cette heure le phénomène du « petit machin » nous guette à chaque instant.
Ce syndrome est d’autant plus amplifié quand on part avec deux petits enfants…
Le dernier « petit machin » en date est un mini-mixeur pour Gauton, car ce petit démon ange n’arrive pas à avaler le moindre morceau trainant dans une soupe, donc nous avons deux choix : Faire maigrir notre ogre mousselin jusqu’à ce qu’il avale enfin des morceaux ou emporter le nouveau « petit machin ». J’étais évidemment pour la solution 1, moins chère et beaucoup plus downshift et nous avons donc choisi la 2.
Nous voilà maintenant avec une valise, enfin un carton, de « petits machins » à intégrer dans nos sacs initiaux. Nous verrons le résultat à la pesée finale…

 

J – 38: Phil&Teds

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38 jours avant le départ et le sentiment profond que rien n’est prêt et d’ailleurs rien n’est prêt.
Les locataires arrivent dans 16 jours, la maison est encore pleine et nous sommes à la mer. La liste excel n’a pas dû se vider toute seule, enfin nous verrons à notre retour, peut-être qu’une âme charitable aura eu la bonne idée de passer du produit anti-mousse sur le toit de la maison?

Nous avons reçu le lit parapluie ultra-light de phil & teds, c’est vraiment génial, c’est un peu le macbook du portable dell : c’est plus cher, plus léger et vraiment plus élégant.
Non, honnêtement, c’est la classe internationale, je me vois déjà en pleine jungle dé-zippant la housse de mon « philou » (c’est son p’tit nom) et le monter en presque moins d’une heure avec le Gauton hurlant de fatigue derrière moi. Parce-que ce qu’il faut savoir avec le macbook des lits-parapluie, c’est qu’il faut un doctorat en génie-mécanique pour le monter, alors un pauvre papa Reblochon de base, il a beau suivre les 22 steps, à la fin, le lit ressemble plus à un tipi qu’à autre chose. Ceci-dit, les ingé de Phils&Teds, ils sont pas si con! Pour les mecs comme moi (ceux qui jettent directement le carton et tous les papiers à la benne), ils ont cousu la notice à l’intérieur du lit ! ET je peux vous garantir, que c’est pas évident de lire une notice collée à l’intérieur du machin que vous voulez monter. Surtout avec une Vav’ derrière qui attend la moindre occasion pour entrer dans son tipi.

Bref, j’exagère, le « philou » n’est pas si mal que ça, je vais m’entraîner, et je vais devenir un vrai geek du lit-parapluie, promis Gauton.

 

J – 51: L’augmentation

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Nos locataires arrivent dans moins d’un mois, il est plus que temps de commencer à faire quelques cartons, Sop a proposé de s’en occuper seule, c’est une sorte de passion chez elle et j’ai décidé de ne pas m’interposer.
Vav’ a choisi ce qu’elle voulait emporter pour le voyage: son vélo, la cabane du jardin, ses 232 poupées (toutes sauf Emma), ses 867 livres et albums et surtout sa chaise grenouille. Elle a aussi décidé que Gauton n’emporterait qu’une seule de ses petites voitures. Le partage me semble équitable.

Changeons de sujet… depuis quelques temps, je me donne à 100% fond au taf pour tenter de décrocher ma première augmentation, ce serait vraiment un plus pour notre retour… Et aujourd’hui, c’est le grand jour, je suis devant cette lettre que j’attends depuis si longtemps… à travers l’enveloppe je devine quelque-chose, est-ce possible? Je m’empresse d’ouvrir, mon coeur s’emballe c’est bien ça: un pin’s. Un p***** de pin’s! Vous savez, les trucs que certains ados collectionnaient dans les années 90 (bon ok j’en faisais parti, -c’est bon…- faut pas se moquer des adolescents, c’est une période charnière de la vie!..). Bref, à la place d’une augmentation ou d’une prime, me voilà en face de ce pin’s, il y a 20 ans j’aurais été un ado comblé, mais là j’ai beau chercher, le clipser, le déclipser, je suis un peu désemparé, perplexe.
Une chose est sûre, lundi je me colle le pin’s sur la chemisette.

J – 58

Moins de 2 mois avant « the D day ».
Il nous reste 49 actions à mener (allant de « acheter une balle de squash » à « faire le déménagement »…)
Au niveau mutuelle/sécu/assurance voyage c’est assez compliqué de faire le bon choix… enfin, s’il en existe un…
Pour le moment on pense partir sur une solution dite « batarde »:
- les 3 premiers mois: sécu+mutuelle+carte bleue premier.
- le reste: assurance Marco-Polo d’AVI.

Nous avons trouvé notre point de départ pour la Malaisie: Cherating.
Un lieu qui semble faire polémique sur internet (il y a du « très pour » et du « très contre »).
A nous de voir ce qu’il en est… Pour nous, l’avantage, c’est que Cherating est assez prêt de Kuantan (notre ville d’arrivée), que c’est reposant et calme… Exactement ce qu’on cherche pour le début de notre « grand voyage en famille ».
Ensuite nous aviserons.

J – 80

Une feuille excel vient de nous apprendre que nos prévisions de budget « avant départ » sont dépassées, pourtant il nous manque un max de trucs à acheter…
Une deuxième feuille excel nous indique qu’il reste 91 choses à régler avant le jour J.
Sachant qu’il ne reste plus que 80 jours, on a franchi la barre mythique des 1 chose/jour à faire, il va falloir se bouger un peu plus…

J – 87

Les billets sont enfin en poche:
- Aller simple Toulouse-Paris
- Aller Simple Paris-Kuantan
Le tout pour 2000€, 60kg de bagages avec Easyjet et Air-Malaysia.
C’est quand même dommage que Sop ai refusé catégoriquement de mettre Vav’ en soute, on aurait économisé un max et avec un bon somnifère, j’vois vraiment pas le problème.
Fait troublant… on avait le choix des dates pour prendre notre billet, et bien nous avons choisi de partir un 11 septembre. C’est seulement une fois le paiement effectué que nous avons réalisé que le 11 septembre était le 254e jour de l’année du calendrier grégorien, ça craint.

J – 89

Les congés (parental et dispo) sont demandés et acceptés, le bail de la location de la maison est signé pour un an en meublé, notre banque nous a enfin envoyé la carte VISA Premier… Le process est plus qu’en marche!
Notre petite terreur féminine semble être quand même un peu anxieuse pour ce voyage, il va falloir bien gérer ça… Je vais laisser maman s’occuper des « coms ».
Voici mes dernières tentatives:
« Regarde Vav’, dit bonjour au gentilles personnes qui vont habités dans notre maison pendant le grand voyage, ce monsieur va dormir dans ta chambre, tu es contente?! »
Une minute + tard, notre Vav pose une pêche au milieu du salon.
« Regarde Vav’, ça c’est la carte avec laquelle nous allons acheter les billets pour le grand voyage! »
Une minute + tard, Vav machouille dans un coin la carte dorée…
Il va sans doute falloir en recommander une.

J – 194: Présentation

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Notre trip Asiatique

Salut, nous sommes une petite famille de 4 individus composée de 2 parents et 2 enfants (c’est assez classique) et nous avons décidé de partir 1 an en Asie du sud-est. Le départ des Reblochons est prévu pour mi-septembre 2012, juste avant les 2 ans de « Gauton » (nous l’appellerons ainsi pour des raisons d’anonymat et pour éviter que Big-Brother ne mette le grappin dessus). Notre petite fille, Vava, dit aussi « Vav-la-rage » aura, quand a elle, 3.5 ans le jour du départ.

Nos 4 pays cibles sont la Thaïlande, le Vietnam, la Malaisie et l’Indonésie. Enfin c’est notre plan initial… Nous n’aurons pas trop de contraintes et allons nous laisser vivre au rythme de la vie locale et surtout de nos enfants.

Pourquoi faire un blog sur ça?

Déjà ce sera un bon souvenir dans 10 ans avec 10 kilos de plus et une vieille tonsure sur la tête, ensuite pour que nos amis & familles puissent suivre ce qu’on fait et les motiver à nous rejoindre quelques semaines et enfin pour laisser une trace de ce voyage sur la toile pour ceux qui cherchent éventuellement des infos.

Budget

Nous prévoyons un budget pouvant aller jusqu’à 20000 euros, mais espérons ne pas dépasser 15000. Nous mettons à louer pour un an notre maison meublée et si on ne trouve personne, il nous faut prévoir environ un paquet en plus pour payer les mensualités…
Ici le détail du budget

 Ce qu’on pense y trouver

D’abord, un mode de vie moins stressant qu’ici, ensuite rencontrer des gens qui ne sont pas des cadres chez Airbus… Enrichir nos enfants (en appauvrissant leur héritage) mais aussi des trucs plus simples!!: Grimper à Krabi, faire de la plongée, faire de la slackline, faire du tourisme, enfin bref, un an de plaisir quoi…
Il est temps de downshifter en Asie!

Ce qu’on espère ne pas trouver

Des problèmes de santé avant tout… et surtout pour les petits. C’est pourquoi nous avons ciblé les pays (Thaïlande, Malaisie, Vietnam, Indonésie) qui nous semblaient les plus sûrs.

Les Reblochons en Asie

Alors la famille Reblochon se décline ainsi:

- La mère, Sopalin Reblochon, prof des écoles, pas prête d’avoir ses annuités pour toucher une retraite complète. Elle aime beaucoup le contact avec le rocher et va pouvoir régaler ses narines à Krabi…

- Le père, Vinsangle Reblochon, intermittent du spectacle dans une ancienne poissonnerie (comprendront ceux qui pourront). Il aime prendre soin de son corps, se maquiller (se faire beau quoi!) pour plaire tous les jours un peu plus à sa femme et surtout parce qu’il a un ego démesuré.

- La fille, Vava Reblochon, 3.5 ans, notre petite fleur pleine d’épines. La fée sucette est passée avant le voyage… un truc de moins à gérer.

- Le fils, Gauton Reblochon, 2 ans, champion du monde de taboulet.