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Croisière sur le Mékong : découvrez Vietnam autrement

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Il n’y a rien de mieux de découvrir le Vietnam au fil de l’eau, plus précisément via le fleuve Mékong. Au cours de la navigation, quelle que soit la durée de votre croisière, le dépaysement et l’exotisme seront bien garantis. Depuis Hô Chi Minh-Ville vers la Chau Doc, vous aurez un aperçu différent de la beauté des paysages vietnamiens. Voici un panorama grandiose d’une croisière à travers le Vietnam via le Mékong.

Première étape à Hô Chi Minh-Ville
Si vous souhaitez réaliser une croisière lors de votre séjour au Vietnam, Hô Chi Minh-Ville est sans doute le point de départ idéal pour découvrir les richesses vietnamiennes. Avant d’embarquer sur votre bateau, il est indispensable de profiter d’une petite ballade de découverte à travers cette magnifique cité. Faites un petit tour dans le quartier de Cholon. Il est surtout attrayant pour son animation et pour la communauté chinoise qui y est présente depuis des siècles. Vous aurez d’ailleurs l’opportunité de goûter à des spécialités culinaires d’origine chinoise tout en admirant à une décoration colorée et égayante.
N’oubliez pas de visiter la pagode de Thien Hau ou la pagode de la Dame Céleste. Le marché Binh Tay est également un point à ne pas manquer. Vous serez fasciné par sa structure sino-française avec sa cour arborée et sa tour. La visite du quartier français est également conseillée pour voir l’Hôtel de Ville, l’Opéra, sa cathédrale, le Palais de la réunification et l’ancienne demeure du gouverneur général de la Cochinchine. Avant de monter à bord de votre bateau, terminez votre visite par un petit détour dans le musée des souvenirs de guerre.

Navigation vers My Tho à travers le Delta du Mékong
Vous devez traverser le Delta du Mékong pour rejoindre My Tho. Il rassemble en général un réseau de canaux et cours d’eau, un lieu de vie pour les Vietnamiens. Tout au long de la navigation, le paysage y est époustouflant. Vous verrez une succession de rizières, vergers, villages, rivières et marais ornés d’oiseaux de tout type. Vous aurez également l’occasion de voir des marchés flottants, des fabriques de bonbons à la noix de coco et d’autres produits.
Une fois arrivée à My Tho, admirez la pagode Chua Vinh Trang qui est très spéciale, car elle présente un mélange entre le style colonial, vietnamien, chinois et khmer. Vous n’avez pas besoin de partir loin pour découvrir le marché proposant des poissons frais et des fruits. L’île Dragon, Phoenix et l’île tortue vous accueilleront également à bras ouvert.
Rejoindre Cai Be et son marché flottant
Le district de Cai Be se trouve sur la rive droite du pont My Thuan menant vers la province de Vinh Long. Il est une étape à passer, car un des bras du Mékong y passe. Le dépaysement y est assuré grâce à la présence des fameux marchés flottants. L’ambiance y est particulière avec ses nombreuses embarcations de tout type proposant diverses marchandises comme les fruits, poissons et légumes. C’est le point de rencontre de nombreux commerçants venus de toutes les régions du pays. La scène y est colorée et pleine de surprises. Si vous avez le temps, effectuez une ballade sur les rives de Cai Be et admirez également le marché terrestre riche en couleurs et en odeur.

Traverser Vinh Long pour atteindre Sa Dec
Vous poursuivez la découverte du Delta du Mékong en continuant vers Vinh Long. Elle est une ville très impressionnante. Mais lors d’une croisière sur le Mékong, le paysage est orné de maisons sur pilotis et des champs d’arbres fruitiers. Vous aurez d’ailleurs l’occasion de faire quelques arrêts, notamment dans les vergers afin de goûter aux fruits tropicaux. Il est également intéressant de faire escale sur l’île Binh Hoa Phuoc pour visiter une pépinière d’arbre fruitier, une briqueterie, une fabrique de galettes de riz et du riz soufflé. Une fois ses visites terminées, vous partirez pour Sa Dec, l’étape finale pour découvrir le Vietnam. En arrivant dans cette ville surnommée « le jardin de la Cochinchine » grâce à son horticulture, vous aurez l’occasion de voir quelques maisons coloniales. Vous aimerez également de voir la couleur et l’ambiance dans le marché local.
Cette visite sur l’eau du Vietnam vous marquera sûrement. Elle expose un panorama très différent de la découverte du pays.

 

Bloc à Suoi Tranh – Phu Quoc – Vietnam

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Cet article n’intéressera presque personne, mais on ne sait jamais…

Suoi Tranh sur l’île de Phu Quoc est normalement une magnifique cascade, il se trouve que lorsque nous avons décidé d’y faire un tour, nous n’y avons pas trouvé d’eau par contre toute la balade est jalonnée de magnifiques blocs à nettoyer et à ouvrir, il y a un réel potentiel…



 

Ecologie au Vietnam

En tant que parents d’enfants dont les réveils sont en phase avec ceux du soleil et de celui de ce p**** de coq, nous avons la chance de profiter pleinement des premières heures de la journée et grâce à ça, j’ai eu l’honneur hier d’avoir un aperçu de l’écologie au sens Vietnamien du terme.

La marée avait alors déposé sur la plage devant un magnifique hôtel, un tapis de déchets (polystyrène, sacs plastiques, verres et autres matériaux hautement biodégradables) et les employés œuvraient comme un seul homme à les regrouper en tas par matière. Intrigué par ces monticules de détritus, je suis allé voir un des besogneux devant son tas de plastique pour lui demander s’il pratiquait le tri sélectif et où en était le Vietnam dans le recyclage de ses déchets. Evidemment je ne m’attendais pas à ce qu’il me sorte une poubelle jaune et une poubelle bleu, pourtant ces tas suscitait en moi vague espoir…
Malheureusement, la discussion a coupé court quand il a pris sa pelle et s’est mis à enterrer sous mes yeux son demi-mètre cube de merde.

Une demi-heure plus tard, la plage était parfaitement propre et les premiers riches bronzeurs sont alors arrivés pour poser leurs culs blancs dans le sable.

Comme disait le philosophe Vincent Lagaf « Ce que je ne vois pas n’existe pas ».

Le point positif, c’est que Vav et Gauton adorent creuser pour découvrir des trésors enfouis et que je sais maintenant précisément où il faut chercher…

Voilà donc où en est l’écologie à Phu-Quoc et ce n’est donc pas étonnant si Gauton commence à prendre des mauvaises habitudes d’un point de vue consommation énergétique… Pourvu que Dieu et Eva Joly ne lui en tiennent pas rigueur.



 

Thong sucks? Tong socks!

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Si un pays ne respecte pas les superproductions Hollywoodiennes, c’est bien le Vietnam. Avant-hier, après 4h de bus depuis Can Tho nous avons pris le ferry en direction de l’île de Phu-Quoc et avons eu le privilège d’assister à une projection du dernier (enfin je crois) « Mission Impossible ». Pour ceux qui ont déjà vu les premiers génialissimes épisodes de Barbapapa intégralement bruités à la bouche par la même voix, vous comprendrez bien de quoi je parle. Parce que, si parfois certaines V.F. sont dérangeantes quand la bouche ne colle pas parfaitement au texte, là c’est d’une tout autre catégorie…
En fait, c’est simple, Tom Cruise, sa bimbo et tous les autres personnages sont doublés par la même… femme. Alors, Tom Cruise avec une voix de femme viet, il faut s’y habituer, mais ça passe encore, mais les coups de feu bruités par la même personne, le spectateur n’y croit plus du tout… Et vu le peu d’enthousiasme et le ton monocorde de la doubleuse, on comprend rapidement qu’elle n’a pas du toucher un gros cachet pour faire ce job.
Ce qui est sûr, c’est qu’avec des doublages pareils, les viets ne sont pas prêts de troquer leurs propres films contre ceux d’outre-pacifique…

Mais si aujourd’hui j’ai décidé de faire cet article, ce n’est pas pour parler de cinéma, ni même de l’île paradisiaque qu’est Phu Quoc, non, c’est pour parler d’un produit typiquement vietnamien utilisé par toutes les femmes et que je n’avais jamais vu ailleurs. Avant de décevoir le lecteur, je dois prévenir que cet objet, bien qu’à connotation érotique, n’est pas à proprement parlé un sextoy, car il s’agit simplement d’un sous-vêtement. Il est évident, que ce sous-vêtement, terriblement sexy et incroyablement pratique ne tardera pas à devenir un produit star en Europe et je suis sûr que pas une française ne se déplacera alors sans ses « chaussettes à tong ».
La « chaussette à tong » est une chaussette (il peut aussi s’agir d’un bas) qui sépare le gros orteil de ses voisins pour permettre l’insertion aisée de la dite tong.
C’est donc la manière classe, distinguée et subtile qu’ont adoptée 95% des femmes vietnamiennes pour pouvoir porter sa tong au chaud. Je pensais devenir celui qui importerait cette trouvaille dans notre pays, à la manière des conquérants espagnols du 16ème siècle avec la tomate Péruvienne, mais après recherche sur internet il s’avère que la chaussette à tong est déjà en vente…

Déçus d’être arrivé trop tard pour la chaussette tong et fort de l’acquisition de notre bungalow les pieds dans l’eau avec cuisine, nous sommes partis hier à Duong Dong faire le marché pour nous approvisionner en nourriture. A Duong Dong, tout est encore authentique, ici, pas de poubelle Pingouin, les routes sont encore à 50% des pistes en terre rouge et les locaux ne parlent pas un mot d’anglais. Nous avons trouvé facilement le marché et avons été littéralement hallucinés par les gens en scooter qui font leur course sans descendre de leur monture, à vrai dire, ce marché est une sorte de Mac Drive géant sans hamburger.
Une vendeuse amicale était heureuse de montrer à Vav et Gauton ses crapauds tous étroitement ficelés ensemble par la taille, avec des membres arrachés en train de se débattre:

— Viens par-là mon Gauton, c’est pas top ça…
— Moi moi moi moi, ze le veux le collier de grenouille, c’est souette !
— Non c’est pas chouette, je pense qu’elles souffrent… Tiens, allons plutôt voir les poules sans patte !

Si elle ne sait plus quoi faire en France, il reste un max de boulot à Brigitte Bardot au marché de Duong Dong…



 

Bouldering in Phu Quoc

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Cet article n’est intéressant que pour les grimpeurs perdus au Vietnam.

map bouldering phu quoc

Phu Quoc est une petite île à l’ouest du Vietnam, à 4km sous Duong Dong, il est possible d’y faire un peu de bloc au bord de la mer, mais le site est loin d’être majeur… Toutes les voies partent assises et ne dépassent pas 4.5m, les difficultés sont presque toujours au départ.
Voilà un petit topo des quelques voies qu’on peut y trouver:



 

Sauvetage dans le Mekong

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Comme si on ne les trimballait pas assez, ce matin à 5h00 nous avons décidé de partir en barque avec nos progénitures pour découvrir le Mékong en partant de Can Tho. Mais l’avantage, c’est qu’à 2 et 4 ans les enfants protestent beaucoup moins qu’à 12 et 14 et même si un Gauton arraché de son Phil&Teds ressemble à ça, on a pleinement profité de la balade et du lever du soleil. Les excursions laborieuses (enfants hurlants et intenables) sur la mangrove de Cherating (Malaisie) il y a maintenant 6 mois, nous semblent bien loin car maintenant Vav et Gauton sont de véritables baroudeurs ! 6 heures dans une barque en pleine canicule ? Même pas mal !

On me reproche souvent que dans mes articles je suis assez négatif, mais sur le Mékong aujourd’hui, nous nous sommes vraiment régalés ! Nous avons commencé par boire un café au marché flottant ensuite nous* n’avons pas pu résister à l’envie de poser nu derrière une feuille de bananier tout en se faisant mater par un paysan édenté, puis traverser un des canaux du Mékong en Bambouline avant de manger notre six-millième nems dans une petite gargote perchée au-dessus de l’eau…
Le seul hic, c’est que comme tous les touristes, nous avons choisi la ballade la plus chère et celle dite « sans touriste » (cf lonely planet) pour nous retrouver bien-sûr entouré de… touristes !

Le sujet principal de conversation de Chinh Tuc, notre boatman imberbe, était le poil et il concupisçait** particulièrement mes bras et ma barbe***.
Chinh Tuc semblait bien nous apprécier jusqu’au moment où il a fait tomber son paquet de clopes dans le fleuve. Le paquet bien fermé flottait admirablement sans prendre l’eau et il a naturellement fait demi-tour pour aller le récupérer. Malheureusement pour lui, il ne savait qu’il transportait à son bord une sorte de héros des temps modernes et j’ai donc décidé de lui venir en aide. En voulant rattraper le paquet à la Pony Game style nous avons manqué de très peu le retournement de la barque. Heureusement, seuls nos pieds se sont retrouvés sous quelques centimètres d’eau à écoper et inutile de dire que les cigarettes sont allées par le fond.

Transporter une famille de Reblochons, même rodée, sur son navire reste une entreprise à ne pas prendre à la légère…

* Ok, « je n’ai pas pu », mais je tiens à préciser qu’il s’agissait d’une photo purement artistique réservée à un usage exclusivement personnel et qu’on n’avait pas vu le paysan… (50€ la photo, Paypal et tickets resto acceptés)
** Verbe apparemment manquant dans la langue Française, il était temps de l’utiliser.
*** Nous ne sommes pas allés plus loin.



 

Auk, the bin

Saigon raisonne souvent dans nos têtes comme une cité particulière, comme une ville à visiter une fois dans sa vie… Mais le Saigon d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui de l’amant de Jean-Jacques Annaud. Non, Saigon, n’a pas particulièrement échappé à la modernisation et il n’y a pas vraiment de quoi s’y rouler par terre (quoi que Gauton l’ai fait une paire de fois).

Ici, comme dans tout le Vietnam, la majorité des poubelles sont des pingouins*, les habitants ont troqué leurs vélos contre des scooters et leurs chapeaux pointus contre des casques Nike…
Pour tout dire, les types qui viennent ici pour venir voir quelque-chose d’authentique, sont aussi déçu que quand ils arrivent à Paris et qu’ils n’y trouvent ni calèche, ni gamin en béret courant derrière une boite de conserve.
Mais, une fois qu’on a mis cela de côté, on trouve ici des choses sympa à faire, comme visiter le palais de la réunification, faire un tour au zoo (30 centimes), perdre son doudou, acheter des tuniques en soie et des T-shirts Gangnam style, manger des Phô Bô**, acheter des vestes North Face pour 20€ et surtout, trouver le moyen le moins cher pour quitter la ville.

Après 3 jours de Saigon, nous avons décidé de mettre les voiles sans plus attendre pour nous rendre dans des lieux plus préservés avant de basculer sur l’île de Phu Quoc, notre dernière étape vietnamienne.
Espérons seulement que la mode du pingouin-poubelle ne soit pas encore arrivée dans le delta du Mekong…

* Ces fameuses poubelles nous posent en réalité un énorme problème d’hygiène car notre Gauton (le Barbidou de la famille) les embrasse toutes systématiquement sur la bouche.
** Soupe de nouille, c’est une sorte de pad-thaï à la viet (en beaucoup moins gras).



 

Deux femmes et un Moscovitch

Ça y est, pour nous Muiné c’est fini… Adieu le vent, adieu le sable dans les yeux, adieu le centre médical. Ce matin à 8h notre bus pour Saigon est passé nous prendre et manque de bol, nous étions les premiers sur la liste. Car il faut savoir que les compagnies de bus vietnamiennes adorent faire le « ramassage scolaire » dans les hôtels avant de partir, ce qui signifie que tu perds un max de temps avant de décoller… Et du temps dans un bus avec deux enfants, c’est le genre de chose que tu essayes de diminuer au maximum. Mais heureusement nous avons eu la chance d’avoir assis à côté de nous un couple de Russes avec leur enfant. A sept sur les 5 sièges du fond, nous avons eu toute la proximité nécessaire pour expliquer à Vav comment et pourquoi s’était possible que deux femmes soient « papa et maman ».
Certains diront peut-être qu’il est prématuré de parler d’homosexualité avec un enfant de 4 ans, mais on ne pouvait pas rester muet devant ses interrogations :

— Papa… c’est laquelle le papa ?
— Vav, ce n’est pas vraiment un papa mais… je dirais que c’est celle qui n’a pas de vergeture.

C’est vrai ça… Ça ne doit pas être évident de choisir celle qui va porter le bébé quand un couple lesbien prend la décision de faire un môme… Chez les hétéros on ne se pose pas ce genre de questions, d’ailleurs je ne sais pas comment j’aurais réagi si Sop m’avait demandé « ok, je veux un enfant, mais c’est toi qui prends 20 kilos, qui ne peut plus boire pendant 9 mois et qui cultive les patates après l’accouchement ». Mais la nature est ainsi faite et c’est un sujet d’engueulade en moins…

— Est-ce que le papa du petit garçon il fait pipi debout ?
— Vav, ce n’est pas vraiment un papa, mais bien sûr ! Avec le PMate du vieux campeur !

Même si c’est un peu délicat avec un enfant dont l’âge mental cache une capacité de concentration proche de celle d’un bulot, c’était le moment que tout parent attend pour aborder le sujet de la fécondation.
En fin de compte, ce couple Russe a permis à notre fille d’ouvrir les yeux sur la société contemporaine et surtout d’être fière d’être Française quand nous lui avons appris (non sans émotion) que son pays était en train de vibrer d’un « oui » unanime à la question du mariage gay.
Bref, à 15h00 nous avons fait nos adieux à nos voisines de route et après avoir failli nous faire voler notre poussette complètement déglinguée par une mama Viet, nous avons finalement atterri dans la plus belle et grande chambre de tout notre voyage*.
Un peu de luxe avant d’attaquer le delta du Mekong…

* Madame Cuc, Saigon : clim, 2 lits doubles, frigo, baignoire, petit dej et repas du soir inclus pour 25$

 

Keygen Muiné 2013

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Il y a un truc génial avec les enfants, c’est que quand il arrive un truc négatif, tu peux facilement leur faire porter le chapeau. Un exemple très frais (arrivé ce matin) me vient d’ailleurs à l’esprit…
Vav avait un peu de fièvre (un petit 39) et en parents responsables nous avons décidé de repousser notre visite des dunes de Muiné de quelques heures pour aller faire un saut chez un médecin Viet (on ne connait pas vraiment un pays sans s’être fait prendre la température par un de ses toubibs). Pour nous y rendre, je suis allé louer un scooter (idéal pour transporter une personne malade) et en posant la clé sur le lit, je me suis fait la réflexion : « Cette clé est vraiment petite et sans porte clé, je devrais la mettre ailleurs ». Evidemment, une fois que tout le monde était enfin prêt, la clé avait disparue. Première réaction :

— Gauton ? As-tu joué avec une petite clé ? (toujours rester poli et gentil, c’est primordial)
— Moi moi moi moi*, Oui zé zoué avec.
— Tu l’as mise où ?
— (pas de réponse)
— Papa, je l’ai vu ! Il l’a jetée… là (Vav montre une haie touffue comme une portugaise**)

C’est à ce moment que tu peux éventuellement perdre patience, mais il ne faut pas ! Les enfants sentent ce genre de chose, alors tu ravales ta colère et tu lances tant bien que mal d’un air enjoué:

— Allez les enfants, on va faire un jeu, celui qui retrouve la clé gagne une sucette !

La tête dans la haie, tu as beau aimer tes enfants, quand ils te ramènent tout un tas de clés allant du morceau de bois, aux cailloux en passant par la poupée Barbie, bizarrement tu as tendance à moins apprécier leur imagination. D’autant plus que je n’avais pas pris d’assurance pour le scooter et que le type m’avait bien fait comprendre qu’il fallait lui rendre entier.

— Vav, je sais que tu as de la fièvre, mais concentre toi ! Tu es sûre d’avoir vu ton frère jeter la clé dans cette p****** de haie ? On ne la retrouvera jamais ! Il l’a jetée où exactement ?
— Euh… là ! (elle montre une autre haie, de l’autre côté du chemin).
— Moi, moi, moi, moi… (Gautier revient en courant) moi zé vu la clé, elle est dans la pisssine !

En trois secondes, la zone de recherche avait subitement quadruplée. Il était temps de mettre les enfants à l’abri et Sop l’avait bien compris… Après avoir parcouru le fond de la piscine, m’être arraché le visage dans deux haies, c’est enfin seul dans la chambre complètement retournée, plus d’une heure après, que j’ai enfin retrouvé la vraie clé… Je vous vois déjà venir « il l’avait dans la poche, il a accusé ses enfants, c’est moche », mais pas du tout ! Gauton l’avait bel et bien subtilisée et l’avait balancée dans notre immense*** sac à bordel.

Je ne peux évidemment pas conclure sans parler de l’état de santé de Vav, mais ne vous inquiétez pas ! Elle n’a finalement qu’une bronchite et sa forme olympienne ne nous a pas empêché d’aller se balader dans les dunes de Muiné et prendre plaisir à voir la convalescente faire de la luge et Gauton enchaîner ses « roulé-moulé » dans les pentes de sable rouge avant de finir lui aussi chez le toubib

* c’est son nouveau tic de langage.
** dsl, j’ai pas trouvé mieux… mais j’ai honte.
*** 150 litres quand même!…



 

Fairy string, Muiné

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Muiné au Vietnam est un peu le Leucate de chez nous, à part que le vent (thermique) ne se lève que vers midi et qu’ici les riders allemands parlent russes et se saoulent à toute heure de la journée. Si vous voulez découvrir le Vietnam, que vous voulez vous immerger dans une culture locale, ne venez surtout pas à Muiné. Mais après un mois de ballades dans le pays, c’est assez agréable de venir faire un break de quelques jours sur « the vietnamiese spot ».
Première grosse entorse financière, hier, je n’ai pas pu résister à louer un peu de matos pour me mesurer aux vagues et aux 30 nœuds que nous offrait le Poséidon Viet… Mon nouveau physique d’anorexique ne m’a pas vraiment aidé et il a fallu que j’aille puiser au plus profond de mes réserves (je n’en dirais pas plus, secret professionnel) pour rester 4 heures dans l’eau et rentabiliser mes 45USD.

Aujourd’hui, mes courbatures ne m’ont pas lâché pendant notre petite rando les pieds aux frais dans la rivière aux fées (the fairy stream). Vav était un peu écœurée quand elle a vu la seule fée du coin, une russe corpulente qui avait choisi un simple string comme tenue de rando (léger, pratique et ne gêne pas dans les mouvements, à essayer !). Mais dans cette magnifique rivière à l’eau rouge, il n’y avait pas qu’une fée ficelle à découvrir, il y avait aussi un paysage aride, des dunes pourpres et des formations sableuses étonnantes. Tout ceci a quasiment réussi à compenser la bredouillitude de nos deux petits chasseurs de fées (les vraies, celles avec des ailes).
D’ici quelques jours, nous repartons pour Saigon mais en attendant de retrouver les difficultés des grandes villes avec nos enfants, en cette période de crise* nous profitons au maximum du repos que nous offre une guesthouse sur la mer avec piscine et moult fées ficelle russes à son bord.

* Nos locataires nous ont quitté…



 

Hup hup hup?

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Après avoir passé 3 jours en balade sur notre 2 roues autour de Dalat et son univers impitoyable (ville entièrement construite par les Français), après y avoir revu nos amis Toulousains*, après y avoir vu les cascades et les milliers de serres, après y avoir vu une petite ferme à soie, après avoir mangé des croissants**, après n’avoir pas vu le site d’escalade, nous avons décidé de terminer notre excursion dans les hauts-plateaux Vietnamiens par la « maison folle ».

Sur le papier, une visite de maison, aussi folle qu’elle soit, ne semble pas très attrayante pour des enfants, mais détrompez-vous ! La maison folle de Dalat (Crazy house) est une réplique presque parfaite de celle des Barbapapas, vous savez, celle faite en barbaplastique (Hup hup hup, barbatruc ) ! C’est comme ça que la visite s’est transformée en véritable course aux Barbapapas et les enfants y croyaient dur comme fer ! Mais la déception ne s’est pas fait attendre, car quand j’ai faire croire à Gauton que l’imposante dame Russe était sans doute Barbamama, il est entré dans une rage folle. Il faut dire qu’à part se transformer en personne bruyante, désagréable et finalement dotée d’un excellent Français, la Russe n’était pas ce qu’on pouvait appeler un métamorphe au sens Barbatruc du terme.

Quoiqu’il en soit, nous avons passé un excellent moment dans la maison folle conçue par la fille du second président du Vietnam et ça même si Vav nous a chanté en boucle et à tue-tête la célèbre rengaine « Voici venir les Barbapapas, on fait les fous! » (elle ne connait pas la suite).
Allez un petit dernier pour la fin: Hup hup hup? Barbatrruc !

* Claire et Romain rencontrés à Ninh Binh (avec encore une fois une bouteille de vin : merci !)
** Pas très bon, mais appréciable au bout de 6 mois de riz.



 

Du delta du Mékong à Bali

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La seule « contrainte » que nous nous sommes imposés récemment* dans notre périple est Bali car c’est une île (180km/80km) vraiment spéciale que nous ne voulons absolument pas louper. C’est la seule île hindoue d’Indonésie (les autres sont musulmanes) et on y trouve une grande diversité dans ses paysages, ses terres et ses plages. Andy, un voyageur allemand très slack rencontré à Langkawi en Malaisie est littéralement tombé amoureux de l’île, il y a passé deux mois et compte y retourner d’ici la fin de son voyage et pourquoi pas s’y installer. C’est un coin incroyable pour surfer et la plupart des gens que nous avons croisés sur la route en sont revenus très contents. Cependant, il se trouve que Bali est peut-être victime de son succès (j’espère que c’est dans une moindre proportion que Kho Phi Phi…) et nous avons eu quelques sons de cloches négatifs liés à sa son actuelle sur-fréquentation… Enfin nous jugerons par nous-même en avril/mai**.

En attendant le 23 avril, nous avons changé notre plan de route car nous sentons qu’un mois est trop juste pour profiter pleinement de la traversée du Vietnam, c’est pourquoi nous avons fait prolonger nos Visas d’un mois supplémentaire (25USD/passeport). Nous ne commencerons donc la traversée du Cambodge que fin mars, pour retraverser un morceau de la Thaïlande afin de traverser une fois de plus la Malaisie (avec cette fois, une escale d’une semaine aux îles Perhentian) pour finalement prendre notre avion en destination de Bali à Singapour…

La route promet d’être longue et sinueuse mais heureusement, la motivation de nos enfants va nous porter :
— Vav, ça te gêne de faire 3500km en bus pour aller prendre un avion ?
— Papa, j’étais en train de brosser ma poupée et la tête s’est arrachée et en plus je n’la retrouve même pas***.
Cependant, notre voyage en Indonésie (cliquez ici) risque de ne se résumer qu’à Bali, Lombok et les îles Gili, car notre timing en mai sera serré et que les autres destinations Indonésiennes ne nous semblent pas particulièrement adaptées à un voyage avec des petits enfants. Mais d’ici là, tout peut encore bouger…

* billets d’avion achetés en janvier: A/R Singapour-Bali 412€ à 4 avec AirAsia
** Nous avons calculé notre coup pour ne pas tomber en pleine saison.
*** La tête est toujours portée disparue à cette heure.

 

Le Vietnam avec des enfants

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Voyager avec des enfants au Vietnam apporte pas mal d’avantages, car les Vietnamiens adorent tout ce qui mesure moins d’un mètre et particulièrement quand ils ont une petite tête blonde. Nos enfants ne sont pas blonds et heureusement, car vu leurs succès ici (bien plus qu’en Thaïlande ou en Malaisie), on ne pourrait pas faire 2 pas sans être intercepté. Les jeunes Viets adorent poser pour des portraits avec eux alors que les vieux se régalent de leurs pincer les joues et les bras. Malheureusement, Vav et Gauton détestent ces deux cas de figure et c’est au moins dix fois par jour que nous devons nous excuser de leurs comportements. Pour prendre un exemple, la semaine dernière à Hoi An, un vieil homme répondant au nom de « Tout » était heureux d’exercer son Français approximatif avec notre Vav :

— Comment tu t’appelles-tu ?
— Nan !
— Quel âge tu as-tu ?
— Nan !
— Comment ton frère s’appelle-tu ?
— Nan !
— Comment…
— (coup de pied) Nan ! (Fuite en courant)

En tant que parent, dans ce genre de moment, un sentiment t’envahis, ça s’appelle la honte. Alors tu essayes de rattraper le coup tant bien que mal, en expliquant qu’hier la pleine lune a joué sur sa personnalité mais que d’ordinaire c’est une petite fille charmante…

Bref, si vous voulez faire un voyage au Vietnam avec vos enfants, je n’aurais qu’un conseil: n’hésitez pas à les prendre ! Ils sont de bons compagnons et peuvent être un atout majeur dans bien des circonstances ! Pas plus tard qu’aujourd’hui, Gauton a réussi à soutirer une pomme et une orange durant la négociation quotidienne du Banh (sandwich vietnamien). Et si, comme nous, vous vous retrouvez bloqué à Nha Trang sous des trombes d’eau et que vous ne savez plus quoi faire des monstres qui sont entrain de reprendre la Joconde sur les draps de votre chambre, il existe une solution! The MaxiMark! Et oui, Maximark est un centre commercial qui cache à son 4ème étage un espace dédié aux enfants… Pour seulement 20000 dongs (80 centimes), vous pouvez souffler l’espace d’une heure ou deux et croyez-moi ça fait du bien… La salle est adaptée au 2-6 ans (cuisine en plastique, table d’opération, espace dessins animés, piscine à balles…) et le top du top : 2 nounous qui gardent et surveillent la zone pendant que papa et maman boivent un thé tranquillement face au spectacle…
Mais le meilleur argument pour prendre ses enfants au Vietnam c’est que ce sont vos enfants et ce ne serait vraiment pas sympa de laisser une tierce personne se lever à 6h du mat’ alors que vous vous dorez la pilule sur une des plages de Nha Trang ou que vous kitez tranquillement à Mui Né… Chúc mừng năm mới !!!



 

Bouldering in Nha Trang

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Cet article ne vous intéressera que si vous voulez venir grimper à Nha Trang, au Vietnam.
Le site dont je vais parler est un site de bloc. Pour vous y rendre, il suffit de louer un scooter depuis Nha Trang (4$ la journée) et longer la plage vers le nord. Au bout de 2 km environ, vous ne pourrez pas louper les blocs magnifiques au-dessus de l’eau qui vous appellent : vous êtes arrivé à Hon Chong.
Première mauvaise nouvelle : En plus d’être un site de bloc, il s’agit aussi d’un site à touristes. Deuxième mauvaise nouvelle, là où il y a des touristes, il y a des tickets d’entrée (21000 dongs – 1$) et là où il y a des tickets d’entrée il y a un parking payant (5000 dongs).
Si vous n’avez encore jamais payé pour grimper sur un bout de caillou, c’est le moment de vous y mettre…
Il y a 5 blocs principaux, les 4 premiers (les premiers quand on arrive : secteur 1, secteur 1 bis, secteur 2, secteur 3, secteur 4) sont bien pour s’échauffer et le dernier, le plus haut (5m) et le plus dur est vraiment beau (secteur 5). Le topo présenté ici est loin d’être exhaustif, mais il donne un aperçu du coin. Les descentes sont toutes simples (III environ)..
Il vaut mieux venir avec un crash pad ou/et des pareurs, car à part pour une voie, toutes sont relativement exposées. Attention le crux de « mother fucker » est en haut…)
Pour les enfants, il y a aussi de quoi grimper, c’est un coin vraiment sympa, à ne pas louper si vous avez vos chaussons sur vous ! Bonne grimpe et Chúc mừng năm mới !!!



 

Slackline is not a crime

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A Hoi An, il y a une plage qui se trouve à environ 5km du centre et qui est un peu le rêve de tout bon (ou mauvais) slacklineur. Tout y est parfait, des cocotiers au-dessus d’un sable blanc soigneusement ratissé, une mer bleue limpide, des russes en string et des îles en arrière-plan. Evidemment, je n’ai pas pu résister à tendre ma partenaire (la plus longiligne des 2) et j’en ai profité un maximum jusqu’à ce que de vieilles Viets viennent me crier dessus vers 15h. Le motif était clair, je prenais trop de place pour qu’elles puissent joncher le sol de leurs nattes payantes. Et c’est ainsi que je me suis mesuré à une véritable mafia locale, car bien motivé et en pleine forme sur ma slack, j’ai décidé de ne pas céder. Boosté par leur présence et leurs pluies de cris et d’insultes, je n’ai jamais aussi longtemps tenu debout et alors que j’enchainais aller-retour sur aller-retour, les vieilles « abat-journées » aux dents rouges ont littéralement tapissé toute ma zone de réception de leurs nattes, quelle charmante intention ! La plus virulante fun d’entre-elles voyant que je ne cédais pas a finalement décidé de s’accrocher à ma ligne pour m’en faire tomber. J’ai vraiment fait tout ce qui était en mon pouvoir pour tenir face au défi qu’elle me lançait, mais au bout d’un moment je suis tombé. Satisfaite d’elle, j’ai attendu qu’elle ait eu le dos tourné pour remonter rapidement en selle, les Viets assis dans le sable étaient mort de rire… et l’un d’entre eux m’a fait signe qu’elle allait me trancher la gorge. La vieille, plus excitée que jamais m’a fait retomber trois fois de suite de la même manière (elles sont joueuses ses Vietnamiennes quand même) et au bout d’un moment, j’ai dû abdiquer. Le plus drôle dans l’histoire, c’est qu’une fois que j’avais finalement tout démonté, une de ses clientes est venue me voir pour me demander d’en refaire et la vieille, voyant qu’elle était sur le point de perdre sa précieuse clientèle, m’a dit sèchement de la remettre en place ! Bien sûr j’ai dit non… et j’ai dit non aussi quand elle a voulu me louer une de ses maudites nattes…

Hier à 18h, nous avons quitté Hoi An en bus, le chauffeur ne parlait pas un mot d’anglais et quand je suis allé lui demander s’il faisait une pause repas, il m’a répondu « non ». A 20h nous avions donc dévoré toutes nos « sucreries », vers séchés compris et à 20h10, repus, nous avons attendu sagement une demie heure que tout le monde mange leurs riz au resto. Une fois de plus, nous sommes tombés sur une Viet qui a voulu nous faire payer deux fois de suite le même paquet de gâteaux, elle s’est énervée et a rameuté toute sa troupe en disant qu’on n’avait pas payé mais nous n’avons pas cédé et nous sommes repartis avec le paquet sans donner 1 dong de plus… Fier de nous, nous pensions enfin avoir déjoué les mauvais tours des Viets, mais ce matin, quand le bus nous a vomi sur la chaussé de Nha Trang à 4h50 du matin, un taxi nous a pris 150 000 dongs pour faire le tour de la ville et nous déposer à notre nouvel hôtel situé à moins de 200m de l’arrêt de bus… Si c’est dans la défaite qu’on apprend, à la fin du Vietnam nous serons savants.



 

Quand la musique est bonne

Si après 15 jours de Vietnam je devais relever deux trucs choquants, je mettrais en première position, l’amour un peu trop prononcé qu’ont les Vietnamiens pour les chiens (je parle de ceux qu’on trouve à l’étalage ou dans les nems) et en seconde, les karaokés. Pas la peine de parler des chiens, il n’y a rien à dire de plus, en revanche les karaokés…
Depuis notre arrivée à Hanoi on a vu qu’il n’existe pas un coin de rue sans son karaoké, c’est une véritable passion chez les Vietnamiens. Même dans les coins les plus paumés de Cat Ba, même là où il n’y a pas un vendeur de noodles, tu es sûr de trouver un karaoké.
Mais le top du top, on le vit ici à Hoi An, notre hôtel donne sur une petite rue qui devrait être vraiment calme, seulement voilà, le kéké du coin a décidé d’investir dans un pack sono 2 fois 4000 watts. Et ce type est si fan de ses cordes vocales, qu’il pense vraiment nous faire plaisir quand il pousse le volume de son ampli. Bilan des courses, tous les soirs il se tape son trip, torse nu à moitié chez lui, à moitié dans la rue et s’enquille plus de 3 heures de karaoké reprenant la discographie d’une sorte de Dalida Viet. En fait ce type, au lieu de se dire, « tiens je vais bouquiner ce soir » ou « Et si je me regardais un petit Derrick ? », lui il sort son micro, tombe la chemise, allume ses spot lights et se fait son gros plaisir sur le trottoir emmerdant tous ses voisins à 500 mètres à la ronde. C’est ce que j’appelle une démonstration de savoir vivre.

 

Robert was here

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L’interminable voyage en train entre Ninh Binh et Hué a finalement pris fin et nous avons pu nous écrouler dans un hôtel au sud de la ville homonymique de celui qui a relancé la mode de la barbe collier en France. Au cours de la visite instructive d’un musée d’engins de guerre, Gauton a accepté de troquer sa tenue de Dustin Hoffman contre celle de Tom Cruise le temps d’une photo, mais la session a été de courte durée et il est vite retourné à ses puzzles. Dans ce musée on voit bien la différence d’armement entre les Américains et les Vietnamiens et on comprend deux choses : d’abord, les vietnamiens ont vraiment dû la jouer fine dans leurs tanks légos-techniques et surtout on comprend mieux pourquoi il y a eu 50 000 morts Américains contre plus d’1 million de Viets… Le fait est que je ne sais pas s’ils conduisaient leurs tanks comme ils conduisent aujourd’hui leur scooter, mais ça a dû pas mal désarçonner les Stalloniens en treillis habitués à doubler sur plusieurs kilomètres pour ne pas dépasser la limitation d’une route de campagne… Enfin aujourd’hui on voit dans les rues beaucoup de Viets arborant des casques de guerre et on a l’impression de ressentir chez les plus jeunes une grande fierté de toute cette histoire. Et après ce qu’on leur a fait vivre, on accepte mieux de se faire enfler et rouler à longueur de journée…



 

Ninh Binh

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Accompagnés de nos nouveaux sympathiques compagnons de route, en trois jours de froid et d’humidité, nous avons eu le temps nécessaire pour visiter Ninh Binh et ses magnifiques environs.
J’ai réappris à conduire un scooter et la méthode Viet est finalement assez basique : dès que tu vois quelqu’un ou quelque-chose devant, à droite ou à gauche, tu klaxonnes, ensuite en ce qui concerne les feux, les priorités et les sens de circulation, il faut simplement les oublier.
Hier, à la pagode de Bai Dinh, en ce second jour de Têt, les Viets étaient en masse et l’un d’entre eux nous a expliqué que de se faire prendre en photo avec un bel enfant leur apportait prospérité, longévité et fertilité… C’est donc avec beaucoup de jalousie que Sop a regardé sa fille se faire mitrailler avec la moitié de la population de Ninh Binh.
Comme Vav, j’ai eu moi aussi la chance de rentrer dans un des critères importants du Têt, celui du « père de famille de plusieurs enfants, marié et riche qui apporte richesse et chance». Mes chefs, s’ils me lisent un jour derrière leur cigare Cohiba Behike, risquent d’en pouffer, mais effectivement, comparé aux 150$ du salaire moyen du pays, je suis plutôt bien placé.

Aujourd’hui, nous attendons le train qui devrait nous déposer demain à Hué, mais en ce 3ème jour de Têt, nous n’avons eu le droit qu’à 2 places assises (350 000 Dongs/place). Entre 18h ce soir et 6h demain matin, la route promet d’être longue et pleine d’embûches, mais heureusement, le soleil devrait être de la fête à l’arrivée.
Que le Têt soit avec nous.



 

Lost S7

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« A midi je me la prends, au soir je me la mets et à minuit je me le fête »

Après 3 jours passés à Hanoi, nous avons décidé de mettre les voiles sur Cat Ba, la plus grande île de la baie d’Ha Long. Sans aucun problème nous avons trouvé une guesthouse charmante avec vue sur le port de pêche et matelas atteignant environ la densité des meilleurs carrelages portugais, le tout pour seulement 5€ la nuit (Sunset Hotel). Sans se soucier le moins du monde du Têt (nouvel an Vietnamien), nous sommes partis faire le tour des célèbres baies d’Ha Long et de Lan Ha, mais au retour, quand nous avons commencé à chercher un moyen de quitter l’île, nous avons cru vivre un remake d’une série télé américaine, John Locke en moins.

Pendant le Têt, tout le monde arrête de travailler et rentre chez soi pour retrouver sa famille, malheureusement il se trouve que presque personne ne vit à Cat Ba, c’est pourquoi à cette date, même la capitale de l’île se transforme en ville fantôme. Les quelques personnes encore en activité nous ont ri au nez quand on leur a dit qu’on désirait partir. Plusieurs d’entre eux nous ont même certifié qu’aucun bateau ne partirait pendant les dix prochins jours… Heureusement, l’ours polaire ne nous a pas eu et nous avons réussi à déjouer la conspiration qui consistait à nous garder prisonnier de l’île en prenant un bus et une sorte de bateau tôt hier matin, à la veille du Têt. Une fois à Hai Phong, le Têt nous a encore joué un mauvais tour, car les bus à destination de Ninh Binh (notre étape suivante) étaient eux aussi tous annulés. Après avoir couru dans les rues, m’être arraché les cheveux (au sens propre et défiguré*), deux viets genre « Chevalier et Lespales » en uniforme m’ont finalement avoué qu’il y avait peut-être un bus qui passait par Ninh Binh (mais qui normalement ne s’y arrêtait pas) au départ d’une autre station. A ce stade-là, j’avais un peu perdu espoir… mais miracle, le seul bus de la journée de cette station excentrée partait bien vers notre ville et cela 15 min plus tard.
A 16h, la pluie et le froid de Ninh Binh nous ont enfin accueillis et par chance, un des rares hôtels ouverts a fait parfaitement l’affaire… Et c’est avec nos voisins de chambre, un couple Toulousain, que nous avons sifflé gaiement la bouteille de vin de riz offerte gracieusement par le propriétaire de la guesthouse pour célébrer le Têt.

Et pour ceux qui n’auraient pas encore trouvé la petite énigme d’introduction, je ne peux plus rien pour vous…

* photos à venir



 

Bienvenue chez les Viets

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Le Vietnam n’était pas le pays que j’attendais avec le plus d’impatience car les échos que nous en avons eus durant notre voyage étaient vraiment négatifs. Le Lonely Planet lui-même est assez dur dans ses jugements et les mots « arnaques », « escrocs », « vols », etc… sont en surnombre dans les pages du célèbre guide. Pourtant nous y sommes et c’est souvent quand on s’attend au pire qu’on apprécie le mieux car pour le moment nous trouvons les Viets vraiment gentils et comparativement beaucoup plus accueillants que les Thaïs. Quant à Edouard Lucas, il ne devait pas sortir souvent de chez lui, car contrairement à BKK, Hanoi est une ville sans tour (désolé) et chose assez rare pour une capitale comptant environ 2 millions de scooters, sans feux de circulation. Alors en bon Français, tu peux évidemment tenter ta chance en attendant devant un des quelques passages piétons mais à moins que les réserves pétrolières de l’Arabie Saoudite atteignent celles de l’Andorre, tu risques fort de ne pas voir ralentir le flux continue qui se fiche éperdument des bandes blanches peintes au sol. La seule solution est donc de forcer le passage, et voilà en image notre première tentative. Bref, une fois l’obstacle des routes franchi, on se rend vite compte qu’Hanoi nourrit bien et pour pas cher (environ 3€ pour 4), que les guesthouses sont aussi nombreuses que peu onéreuses, que les Vietnamiens adorent se balader avec des abat-jours sur la tête et que la monnaie locale (le dong) est simple à calculer pour un européen car 1 Dong vaut 3.56e-05 euro. Le seul hic qui noircit notre tableau est notre p****n de sac Samsonite qui a encore perdu sa roue, et sans elle, la traversée du Vietnam va être une vraie guerre (pardon).