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Auk, the bin

Saigon raisonne souvent dans nos têtes comme une cité particulière, comme une ville à visiter une fois dans sa vie… Mais le Saigon d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui de l’amant de Jean-Jacques Annaud. Non, Saigon, n’a pas particulièrement échappé à la modernisation et il n’y a pas vraiment de quoi s’y rouler par terre (quoi que Gauton l’ai fait une paire de fois).

Ici, comme dans tout le Vietnam, la majorité des poubelles sont des pingouins*, les habitants ont troqué leurs vélos contre des scooters et leurs chapeaux pointus contre des casques Nike…
Pour tout dire, les types qui viennent ici pour venir voir quelque-chose d’authentique, sont aussi déçu que quand ils arrivent à Paris et qu’ils n’y trouvent ni calèche, ni gamin en béret courant derrière une boite de conserve.
Mais, une fois qu’on a mis cela de côté, on trouve ici des choses sympa à faire, comme visiter le palais de la réunification, faire un tour au zoo (30 centimes), perdre son doudou, acheter des tuniques en soie et des T-shirts Gangnam style, manger des Phô Bô**, acheter des vestes North Face pour 20€ et surtout, trouver le moyen le moins cher pour quitter la ville.

Après 3 jours de Saigon, nous avons décidé de mettre les voiles sans plus attendre pour nous rendre dans des lieux plus préservés avant de basculer sur l’île de Phu Quoc, notre dernière étape vietnamienne.
Espérons seulement que la mode du pingouin-poubelle ne soit pas encore arrivée dans le delta du Mekong…

* Ces fameuses poubelles nous posent en réalité un énorme problème d’hygiène car notre Gauton (le Barbidou de la famille) les embrasse toutes systématiquement sur la bouche.
** Soupe de nouille, c’est une sorte de pad-thaï à la viet (en beaucoup moins gras).



 

Deux femmes et un Moscovitch

Ça y est, pour nous Muiné c’est fini… Adieu le vent, adieu le sable dans les yeux, adieu le centre médical. Ce matin à 8h notre bus pour Saigon est passé nous prendre et manque de bol, nous étions les premiers sur la liste. Car il faut savoir que les compagnies de bus vietnamiennes adorent faire le « ramassage scolaire » dans les hôtels avant de partir, ce qui signifie que tu perds un max de temps avant de décoller… Et du temps dans un bus avec deux enfants, c’est le genre de chose que tu essayes de diminuer au maximum. Mais heureusement nous avons eu la chance d’avoir assis à côté de nous un couple de Russes avec leur enfant. A sept sur les 5 sièges du fond, nous avons eu toute la proximité nécessaire pour expliquer à Vav comment et pourquoi s’était possible que deux femmes soient « papa et maman ».
Certains diront peut-être qu’il est prématuré de parler d’homosexualité avec un enfant de 4 ans, mais on ne pouvait pas rester muet devant ses interrogations :

— Papa… c’est laquelle le papa ?
— Vav, ce n’est pas vraiment un papa mais… je dirais que c’est celle qui n’a pas de vergeture.

C’est vrai ça… Ça ne doit pas être évident de choisir celle qui va porter le bébé quand un couple lesbien prend la décision de faire un môme… Chez les hétéros on ne se pose pas ce genre de questions, d’ailleurs je ne sais pas comment j’aurais réagi si Sop m’avait demandé « ok, je veux un enfant, mais c’est toi qui prends 20 kilos, qui ne peut plus boire pendant 9 mois et qui cultive les patates après l’accouchement ». Mais la nature est ainsi faite et c’est un sujet d’engueulade en moins…

— Est-ce que le papa du petit garçon il fait pipi debout ?
— Vav, ce n’est pas vraiment un papa, mais bien sûr ! Avec le PMate du vieux campeur !

Même si c’est un peu délicat avec un enfant dont l’âge mental cache une capacité de concentration proche de celle d’un bulot, c’était le moment que tout parent attend pour aborder le sujet de la fécondation.
En fin de compte, ce couple Russe a permis à notre fille d’ouvrir les yeux sur la société contemporaine et surtout d’être fière d’être Française quand nous lui avons appris (non sans émotion) que son pays était en train de vibrer d’un « oui » unanime à la question du mariage gay.
Bref, à 15h00 nous avons fait nos adieux à nos voisines de route et après avoir failli nous faire voler notre poussette complètement déglinguée par une mama Viet, nous avons finalement atterri dans la plus belle et grande chambre de tout notre voyage*.
Un peu de luxe avant d’attaquer le delta du Mekong…

* Madame Cuc, Saigon : clim, 2 lits doubles, frigo, baignoire, petit dej et repas du soir inclus pour 25$