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2013 à 13 en Thaïlande

Depuis début décembre les rangs de notre équipe n’ont fait qu’augmenter, du bon et du moins bon nous est arrivé de France et de Navarre mais surtout de France. Ben the slack (déjà présenté) a été suivi de très près de Romano (un type un peu aigri qui n’arrive pas à monter sur une sangle sans râler) qui lui-même ne se déplace jamais sans son poulain souffre-douleur, Fredo (un type qui a passé un 6c bloc en 3 jours de pratique et qui a poursuivi sa progression lentement pour arriver finalement au 6b, 3 ans plus tard). Puis est arrivé une sorte de vieille dame (en plus jeune) que nous appellerons Serge et qui apprécie particulièrement quand on le complimente sur la taille de son harpon. Le père Thaï nous a finalement apporté de Bangkok le 24 décembre, papa et maman Cheum avec leurs deux enfants pétants la forme (au début au moins). C’est donc à 13 (j’inclus la double personnalité de Serge) et sans le compte à rebours d’Arthur que nous allons ce soir mettre un pied en 2013. D’après nos voisins Danois (c’est leur 40ème réveillon ici), il ne faudra pas s’approcher des feux d’artifices Thaï, vraiment cheaps, qui ont la fâcheuse habitude de partir en vrille à ras le sol sous peine de rester à jamais en 2012 un pétard thaï entre les dents ou ailleurs.



 

Orange Chandelier – Ao Nang – Krabi

Cet article n’intéressera pas grand monde, à part ceux qui ont prévu de venir grimper à Krabi.

Depuis Ao Nang, il y a une voie sympa, pas trop dure à ne pas louper : « orange chandelier » sur Ao Nang Tower. La classe ultime pour faire cette voie est d’y aller comme un puriste, à la nage. Depuis Ao Nang, il faut d’abord rejoindre à pied la petite plage qui se trouve après la promenade des singes et se jeter à l’eau au bout du petit embarcadère. Un nageur entraîné met environ 3 minutes 40 pour parcourir les 400 mètres nécessaires à regagner le pied de la tour. Ensuite, une corde statique un peu élimée permet de sortir de l’eau et amène à une petite plateforme d’où l’on peut se préparer (juste sous le relais d’une voie courte en 6a). Il faut ensuite faire une petite traversée ascendante d’environ 40m sur la gauche en 4+ (cordes statiques en place), la voie se déroule en 3 longueurs (6b, 6b+ et 6c). La longueur 2 semble surcotée (c’est plutôt un 6a+) et le « crux » de la voie se trouve juste sous le relais de la longueur 3. Cette voie n’est pas trop patinée en comparaison des couennes que l’on trouve à Tonsaï & Raylay… Pour la descente, il faut faire attention à ne pas rester pendu comme un con Toni Kurz (Eiger – 1936) dans une des longueurs car la voie surplombe sur sa totalité, à moins que vous n’ayez envie de faire une petite remontée sur corde fixe, exercice que j’apprécie particulièrement sous 40°, mais qui n’est pas forcément au gout des autres qui attendent au-dessus en plein cagnard, sans eau. Si toutefois vous choisissez cette option, il vous en coutera 2 Changs (bière locale) et 5 ans de foutage de gueule.
Matos : 1 jeu de dégaines et une corde de 75m minimum (pas besoin de sangle ni de coinceur).



 

Le Père Noël est un hardeur

Quand tu as des enfants en âge de comprendre ce que tu racontes, il est sage de faire très attention à ce que tu dis pendant la période de noël. Par exemple, il ne faut pas dire « putain, j’ai pas de cadeau pour Sop, elle va faire la tronche » mais plutôt, « Tiens-donc, j’ai l’impression que Sop n’a pas été très sage cette année, le papa noël risque de ne rien lui apporter ». Mais le meilleur moyen pour ne pas se faire remarquer c’est de parler en utilisant les premières lettres des mots clefs. Pour « noël », il suffit de dire « N » et pour cadeau « C ». Ce qui fait qu’on se retrouve à dire des trucs du genre :
- F., t’es prêt ? J’ai comme l’impression que le P.N. va passer…
- Marine ?
Bref, au bout d’un moment on finit toujours par se comprendre, notre lady-boy à nous a donc enfilé sa T de N et a donné pleins de C a tous les E et même à ceux qui nous ont fait un peu C toute l’année.
Après avoir bien joué son rôle, notre P.N avec sa gueule de hardeur est parti se faire masser avec du savon et se bourrer la gueule au reggae bar du coin (une sorte de PMU Thaï). Bref, comme le dit Renaud, Le P.N est un pauvre mec, mais je veux quand même le remercier, il a assuré comme une bête et surtout, il n’a pas vomi devant nos enfants. Kapunka my friend.



 

Ao Nang waterline of Ni

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Cet article est un topo de Waterline (désolé pour les personnes non concernées…)

L’Ao-Nang waterline of Ni est une waterline réservée aux slackeurs sachant nager.
Depuis l’embarcadère de Pai Plong Beach, il faut patauger environ 500m avec tout le barda pour atteindre le spot.
A marée basse, la slackline est à environ 2.5m, à marée haute environ 1.5m. A marée basse (ou mi-basse), si vous avez des mains et des pieds d’ingénieurs ou de pianistes, il est intelligent de penser à prendre des gants et des chaussures pour dominer les moules qui gardaient ce lieu intact et inexploré depuis des milliers d’années.. mais une fois de plus l’homme a vaincu!

Les longtails aiment passer entre ces deux rochers pour amuser les touristes, il faut donc de temps en temps expliquer pourquoi vous êtes là et l’enjeu économique essentiel pour les générations Thaïs à venir. Au bout de quelques secondes, les boatmen abandonnent facilement leur cause et vous pouvez continuer votre art en toute impunité.
Nous avons tendu une slack 2.5 en double primitive et la mollesse de la ligne nous a permis de faire sauter une des élingues pour un démontage ultra-rapide.

Pour les plus riches et les moins pures, il est possible de louer des kayaks pour 500 baths soit 12.5€ (1/2 journée)


Afficher Ao Nang waterline of Ni sur une carte avec toutes les infos.

 

Cocotier: 1-0

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Prendre un but en escalade, c’est pas la grande classe, enfin tout dépend de la voie qui te fait butter. Par exemple, prendre un but dans une grande voie ED en TA super expo un jour de tempête, c’est moins déshonorant que d’en prendre un dans un 5b à Altissimo sous la clim. Bref, quand tu grimpes, il t’arrive ce genre de chose, c’est normal et tu t’en vantes plus ou moins. Hier, j’ai pris mon premier but sur un cocotier. Et ça rien que de l’écrire c’est dur, surtout quand une bande de grimpeurs Toulousain surentrainés arrivent dans le coin d’ici quelques jours…
Se faire dominer par un cocotier, c’est une expérience assez humiliante qui normalement ne se raconte pas quand on a un tant soit peu de fierté ; pour ma part, il s’agissait d’un arbre très vertical sans marche taillée, assez haut et garni de belles grappes de noix de cocos. Tout s’est passé normalement jusqu’au sommet mais, plus fatigué que d’habitude, j’ai dû me reposer en encerclant le tronc avec mes bras et mes jambes à la manière d’un… à la manière d’un mec qui a l’air vraiment con en haut de son arbre. Il m’a ensuite fallu deux bonnes minutes pour dégager ma machette complètement coincée et une fois libérée, je me suis rendu compte que j’étais juste un peu trop bas pour utiliser mon arme. C’est tout naturellement que j’ai voulu remonter les 30 centimètres manquants, et c’est à ce moment que j’ai réalisé que mes bras étaient complètement tétanisés. La suite ressemblait un peu à une descente de pompier sur barre fixe agrémentée de quelques mouvements de lap dance et une chance pour moi, des Thaïs morts de rire s’étaient arrêtés pour contempler mon spectacle grotesque. Bilan de l’opération, pas de noix de coco et une grosse brûlure sur chaque membre, dès que j’ai cicatrisé je prends ma revanche.

 

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Revanche prise (mais pas en libre…):

Pourvu que ça dure – P. Boutot

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Elle attendait ça avec impatience et grâce à la mère de Paul Libaud et à la FIVB, le rêve est devenu réalité : Vav a finalement fait sa rentrée des classes !
C’est quand même fou l’être humain, tu offres des vacances d’un an a un enfant et ce qu’il veut par-dessus tout c’est d’aller à école, quitte à ne rien comprendre de la journée. Par contre, si tu mets ton gamin à l’école, la seule chose qu’il attend ce sont les vacances… A part quelques moines bouddhistes et François Hollande, l’homme n’est jamais satisfait de ce qu’il a. Le grand Patrick Sébastien (de son vrai nom Patrick Boutot) est lui-même parvenu à cette conclusion en chantant sa légendaire complainte «on voudrait des sous», pour ceux dont la culture musicale n’est pas un atout principal, en voici le texte :

Vous n’êtes jamais content disait le politicien
Vous n’êtes jamais content on fait tout pour votre bien
Vous n’êtes jamais content vous ne pensez qu’à râler
Vous n’êtes jamais content à la fin qu’est-ce que vous voulez !!!
Pas grand-chose en vérité, on voudrait des sous pour acheter des frites,
On voudrait des sous pour aller danser

On voit bien ici que la frite n’est qu’une métaphore et qu’elle représente simplement ce que l’on n’a pas et que le « sou » n’est que le vecteur pour atteindre cette dite frite. Bref ce matin, Vav a trouvé le sou et a croqué la frite.

En Thaïlande (au moins ici, à Ao Nang), les enfants portent l’uniforme et passent 30 minutes sous le soleil à chanter et à danser, ce matin Vav était assez repérable, c’était la seule à ne pas avoir les cheveux noirs et la seule complètement immobile dans la cour. En fait, elle n’avait pas l’air de bien comprendre ce qui se passait autour d’elle, mais à la fin de la matinée quand nous l’avons récupérée, elle était très satisfaite de sa première journée d’école.
Il faut dire que ça doit être assez cool, la maîtresse ne peut pas t’engueuler quand tu ne fais rien puisqu’elle ne sait pas comment te l’expliquer, ensuite tu peux dire ce que tu veux (gros mot inclus), personne ne te fera jamais aucun reproche. Imaginez, vous arrivez dans une boite et le chef vous donne un boulot à faire, vous allez sur Facebook toute la journée et le soir, vous pouvez le traiter de «petit pot de pu» et dans tous les cas il vous sourira, c’est pas une belle frite ça ?



 

Adios Malaysia!

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Après 58 jours, 13 guesthouses, 60 heures de bus, 7 coins fouillés de fond en comble, nous avons quitté hier la Malaisie par un nouveau moyen de transport : le minibus. Je me revois encore devant Sop, fier de lui apporter ma trouvaille et je revois encore sa mine peu enthousiaste. Une fois de plus, elle avait raison : le minibus, c’est à chier.

Comme à notre habitude, nous n’avions acheté que 3 places pour 4 (y a pas de petites économies) et nous avons commencé notre voyage de Penang jusqu’à la frontière sans trop de problème. Un charmant douanier souffrant sans doute d’une sévère crise d’hémorroïde ou venant de s’être fait plaquer par son boyfriend, nous a accueilli comme un cercueil accueille son cadavre, dans son pays. Mais le pire restait à venir, car une fois la frontière passée, nous avons changé de minibus et le tout aussi sympathique conducteur Thaï est venu nous annoncer que son minibus Thaï avait malheureusement un tout petit coffre Thaï et donc qu’il fallait faire tenir nos bagages français sur nos sièges « Thaï size ».
Evidemment ! 2 adultes, 2 enfants, 1 sac de 150L, 1 sac de 120L, 1 sac de 60L et un PC portable sur 3 places : que demander de plus?! En professionnel, il nous a immédiatement rassuré en nous disant qu’il ne restait plus que 7 heures de trajet. Le minibus était donc plein à craquer quand le chauffeur Thaï s’est arrêté pour faire « rentrer » 2 nouveaux voyageurs et c’est alors qu’une émeute s’est déclenchée, français, espagnol, anglais et allemands, nous ne faisions plus qu’un face à l’ennemi. Sous la pression, le chauffeur Thaï a fini par craquer et nous avons pu nous rétablir sur trois sièges avec nos sacs empilés sur les 2 places vides. C’est alors que derrière nous, le bébé Thaï assis sur les genoux de sa maman Thaï s’est mis à faire un vomi Thaï et une bonne vieille diarrhée Thaï. Amicalement nous lui avons proposé des lingettes bio mais elle n’avait pas l’air d’avoir envie de changer son bébé Thaï. Une deuxième émeute s’est alors enclenchée et Mélanie, une espagnole belge, a presque du tirer sur le volant pour que le chauffeur Thaï se gare. L’odeur très Thaï dans le minibus était indescriptible et tout le monde s’est rué dehors, la maman Thaï a finalement comprit la gêne que provoquait le vomi Thaï et le caca Thaï et a fini par changer son mini-Thaï avec l’aide d’un allemand particulièrement motivé.

Parti à 8h30, nous sommes finalement arrivés à 21h à Krabi et après toutes ces péripéties, j’ai voulu immortaliser ce moment en compagnie de nos nouveaux amis de route avec mon superbe appareil photo que j’avais bien entendu oublié dans le minibus Thaï… Il nous a fallu ensuite environ 1 heure pour rejoindre Ao Nang et retrouver par miracle mon appareil (par chance, les Thaï ne sont pas rancuniers)… Et c’est après une longue errance que nous nous sommes écroulés vers 23h30, le ventre vide, dans un hôtel libre et pas trop cher de cette station balnéaire Thaï.

Ao Nang – Krabi – Thaïlande