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Konoïs à Koh Yao Noï

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D’est en ouest la Thaïlande est différente et ce n’est pas la peine d’aller d’est en ouest pour arriver à cette conclusion. L’île Koh Yao Noï dans la province de Phang Nga n’est située qu’à quelques encablures de Phuket et de Krabi et pourtant le contraste y est surprenant. Le touriste n’est pas une curiosité comme dans les coins les plus reculés, il n’est pas non plus gratifié de grands sourires plein de dents, souvent faux d’ailleurs (sourires et dents), non ici le touriste semble simplement méprisé*. Un étranger sur Koh Yao Noï ne peut pas jouer à son jeu préféré : le marchandage ; du bungalow au scooter, du pad-thaï à la banane, le prix pour les pharangs** reste immuable. Le visage angélique de Serge, le doigt gonflé de Fredo, les jeux de mots de Serge Lama, la mauvaise humeur de Romano ou la slackitude de Ben n’y peuvent rien ; même nos enfants (au demeurant adorables) ne parviennent pas à faire baisser un prix ou ne serait-ce que faire sortir une dent (prémisse d’un sourire) de la bouche d’un habitant de ce rocher. A croire qu’il s’est passé quelque chose de grave ici, peut-être y a-t-il eu une projection d’un film de Jean Claude Vandame, ou alors une diffusion pirate sur les ondes radios de l’île du dernier album de Garou ? Je n’ai pas la réponse pour le moment, mais toujours est-il que les dialogues ressemblent un peu à ça :

— Bonjour !
— (blanc)
— Il n’est pas trop tard pour manger ?
— (blanc)
— Ou alors un petit Take away ?
— (blanc)
— Venez les gars, ils ont l’air cool ! En plus y a un match de taureaux à la télé !

Bref, hormis le mutisme des habitants, l’île est au top. Ici, on peut snorkeler dans de l’eau peu limpide, grimper sur du caillou incroyablement sculpté au grain intact, construire des cabanes, faire de la slack, écrire son prénom sur le sable et surtout, se reposer au calme.
Loin des poitrines siliconées de Koh Phi Phi, loin des hôpitaux de Krabi, loin des mecs sortis de leurs salles de pans de Tonsaï, loin des bananas splits à 90 baths de Koh Lanta, à Koh Yao Noï, la vie est belle, simple et sans souci comme dirait Timon la mangouste préférée de Gauton. Un coin, qui du bout de ses criques murmure aux oreilles des Reblochon « welcome in my paradise » mais qui est un poil moins attirant pour les pirates aux gros harpons venu sur la terre des Thaï*** pour tirer du lourd. Sur ce, je vous laisse, un Kohyaonais**** est en train d’essayer de ne pas me parler.

* terme exagéré cependant le touriste semble un peu vu comme une espèce nuisible, à l’image du sanglier dans le Gers et de l’homme de couleur en Ardèche.
** D’après ce que j’ai compris, le pharang est une personne qui n’est pas dans le « Thaï spirit » et le mot sonne un peu comme une insulte, en français on pourrait traduire ça par « ce gros con d’étranger qui profite de mon pays et qui croit que Jean-Luc Delarue est imprimé sur mes billets de banques ».
*** traduction littérale
**** habitant de l’île, aussi appelé Konoïs