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De Bangkok à Koh Samui

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Si comme nous, l’immensité, la chaleur, la foule et la pollution de Bangkok ne vous attirent pas particulièrement, il existe pour vous un moment idéal pour visiter la ville: Songkran.

Songkran est le nouvel an Bouddhique et comme pour toutes les nouvelles années dans beaucoup de pays au monde, en Thaïlande, on fait la fête. Et si au Canada on mange du ragoût de patte de cochon, si en Espagne on s’empiffre de raisin, si en France on prend soin de sa cirrhose, en Thaïlande on s’arrose non-stop pendant trois jours et trois nuits. A grands coups de seaux ou de pistolets à eau, il est impossible de ne pas se faire mouiller autour de Khao San road du 12 au 15 avril, particulièrement si vous êtes une femme et d’autant plus si vous avez une forte poitrine. Papou le verrou l’avait bien compris en choisissant son vol pour Bangkok un 13 avril…
Songkran permet donc de marcher au frais en s’amusant avec ses enfants et même si beaucoup de Thaïs sont en vacances, la ville de Bangkok est loin d’être désertée.

Mais aujourd’hui Bangkok est loin derrière nous, aujourd’hui c’est dans un lagon bleu turquoise que nous nous rafraîchissons sur l’île de Koh Samui. Hormis le cadre magnifique que nous offre ce paradis en mer de Chine, hormis les parties génitales rocheuses de l’île, Sop et moi sommes fortement déçus car Papou le verrou n’a en fin de compte de John Locke que le crâne… A part jouer de l’iPhone et du PC, à part se faire masser à moitié nu sur la plage, à part dormir dans les plus luxueux bungalows de la côte Est Thaïlandaise, notre John Locke à nous n’a pas grand-chose à voir avec un aventurier. Dans un élan héroïque, il a bien essayé de manger un plat épicé, mais les inévitables démangeaisons dans une des parties les plus secrètes de son anatomie ont réussi à le faire sortir de route et à renverser son scooter entraînant dans sa chute, vieille dame et petite fille…

Bref, si notre Verrou n’est pas encore tout à fait prêt à survivre plus d’un quart d’heure sur une île déserte, il n’en reste pas moins un être doté d’une forte capacité d’orientation et même si aujourd’hui il n’a pas réussi à retrouver le restaurant où nous avons déjà diné plus de 5 fois, en sa compagnie nous ne risquons pas de nous égarer.



 

Le papou de Papouasie

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En ce premier jour de Songkran*, nous avons décidé de nous éloigner des joyeuses festivités humides des rues pour nous offrir un petit bol d’air conditionné à l’aéroport international de Bangkok.
Levés à 7 heures, arrivés à 9, nous nous sommes placés en première ligne des arrivées pour jouer au jeu du « à qui ressemble-t-il ? » et avons comparés sans relâche plus de 25 000 visages à des acteurs, à Laetitia Millot, à des comiques, à Michel Leeb, tout cela dans la joie et la bonne humeur. Après avoir trouvé une bonne centaine de Bruce Lee, une cinquantaine de « Papou – Mamou » et jugeant que la plaisanterie avait assez durée nous sommes retournés vers nos lointains et ruisselants quartiers de Khao San Road, éreintés et affamés.

Quelle ne fut pas notre surprise de trouver à notre arrivée, dans la chambre mitoyenne à la nôtre, la Mamou de Malaisie*, suivi de près par son petit père (le papou de Papouasie) et par leurs deux petits-enfants: Vav et Gauton.

— Vav et Gauton !? Exactement les mêmes noms que nos enfants ! D’ailleurs si vous voulez on peut vous donner toutes leurs affaires, nous venons justement de les perdre entre deux salves d’eaux !

Le hasard a fait si bien les choses que nous avons finalement décidés de faire un bout de chemin en leurs compagnies… à la condition bien sûr que leurs deux petits-enfants ne bouleversent pas notre tranquillité si récemment et difficilement acquise…

* Autrefois appelée « la vielle dame », ce terme est désormais hautement censuré et donc bannie de mon vocabulaire.



 

Run BKK

Notre première escale Thaïlandaise prend fin par sa capitale, l’abandon à son triste sort de Ben the slack et le luxe de la demeure de notre ambassadeur préféré. C’est étrange et agréable de se retrouver plongé dans un endroit si propre et si grand (je parle bien de l’appartement et non de l’ambassadeur), mais nous ne devons pas nous habituer à cet excès d’abondance : piscine, nounou-femme de ménage, sauna, salle de bain perso, enfants à l’école, nourriture française et autres chasses d’eau ne sont pas pour les Reblochons ! Nous c’est plutôt à 4 dans le même lit*, les enfants 24h/24 sur le dos à la vie à la mort, douches froides, pad-thaïs et saut d’eau à côté du trône, donc non, ne nous habituons pas car lundi à 5h du matin, le rêve se termine, d’autant plus que nos locataires en France ont décidé de nous lâcher 6 mois trop tôt… Mais en attendant, nous jouissons au maximum de l’hospitalité de nos hôtes et j’en profite d’ailleurs pour les remercier vivement de cet accueil qui nous fait énormément souffler (je ne parle même pas du vin rouge, du saucisson et du fromage…). Quand à Bangkok, pour le moment je suis époustouflé par la nature, celle qui a permis aux poissons du fleuve Chao Praya de muter pour survivre, celle qui fleuri aux sommets des gratte-ciels et celle qui a fait pousser les poils dans nos nez pour filtrer les gaz d’échappements, à cette dame lady-boy nature-là, je dis bravo car pour s’adapter, il lui en a fallu une sacrée paire.

* A Pai, nous avons même réussi à dormir à 4 dans un lit simple.