Category Archives: Mae Hongson

Long neck vs Chicken man

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“Femmes girafes” est une expression vraiment pas sympa, c’est un peu comme si on appelait les femmes de fortes statures « Femmes éléphants » ou les militants d’extrême droite « Hommes poulets ». Depuis Maé Hong Son, nous sommes à quelques kms de ces villages et c’est après s’être beaucoup documenté sur internet que nous avons décidé d’aller nous y faire notre propre opinion. Les guides touristiques mentionnent un flux de 1200 touristes par an, soit environ 4 par jours, ce qui est sans doute extrêmement loin de la vérité vu qu’en une heure nous avons croisé au moins 40 touristes. Les « habitants* » de ces villages (les padongs) viennent tous de Birmanie et sont accueillis par la Thaïlande pour des raisons qui sont assez vagues. Le fait est que ces femmes sont plus ou moins obligées de se faire pousser le cou** pour faire venir le touriste chez elles et c’est ainsi qu’elles peuvent vivre. Ce n’est pas évident de se balader au milieu de ses réfugiées Birmanes et je n’ai pas eu le courage de mitrailler comme 99% des autres touristes. Nous avons discuté un peu avec l’une d’entre elle qui parlait bien anglais et elle nous a expliqué qu’elle était dans ce village depuis 11 ans et qu’elle n’avait que peu d’espoir de retourner un jour dans son pays. Comme beaucoup de ses femmes, elle était vraiment magnifique et avait une fille de l’âge de Vav qui avait sans doute un sombre destin devant elle.

Tout ça pour dire que je ne sais pas s’il faut aller ou ne pas aller voir ces femmes, mais sur les 250 baths d’entrée, une partie (je ne connais pas le %) leur est remise et nous leur avons acheté directement des écharpes et des bijoux ce qui semble être plutôt positif pour elles. Ce qui est sûr par contre, c’est que s’il y avait un village d’hommes poulets, je ne payerais pas l’entrée pour payer les graines.

* Habitants ou prisonniers car ils n’ont pas le droit de sortir.
** Techniquement, il s’agit plus d’un gros tassement de vertèbres qu’autre chose.



 

Voiles sur les filles, barques sur le Nil.

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A part les saints et les moineaux, les gens normalement constitués rencontrent toujours d’autres gens un peu moins bien constitués qu’ils ont envie de gourmander. C’est aujourd’hui à un couple d’Égyptiens que je dois cette fâcheuse envie. Je m’explique, dans le bus local Paï-Mae Hong Son, nous n’avions pas assez d’espace pour que nos enfants touchent le sol et nous les portions donc dans nos bras alors que nous étions nous-même debout, cependant passer 4 heures dans cette posture sur une route sinueuse nous semblait un peu long et dangereux, tout cela devant la porte ouverte du bus. C’est alors que Sophie a demandé gentiment aux deux Égyptiens largement étalés devant nous, s’ils pouvaient bouger leurs sacs posés en plein milieu de l’allée (alors qu’il y avait -je précise- de la place sur le toit) de quelques centimètres pour que nous puissions jucher nos progénitures sur leurs jambes, la réponse fût simple et directe : « non ».

C’est alors que Gauton, grisé d’être dans mes bras, s’est mis à hurler et j’ai donc naturellement rapproché le plus possible la bouche de mon fils préféré de l’oreille du dit connard. Puis Sophie a tout simplement posé sans grâce notre grosse Vav sur le sac de l’homme excédé qui nous a lancé un regard noir, c’est à ce moment que mon envie de le gourmander a eu lieu et pour la première fois en 4 mois, j’étais prêt à montrer à mes enfants mes quelques notions de Muay thaï. J’avais bien sûr au préalablement évalué la force physique de mon adversaire en l’ayant vu porter avec peine son sac et j’avais estimé qu’il ne devait pas être beaucoup plus dangereux qu’une de ses ancêtres momies, les risques étaient donc faibles pour un sentiment de bien-être énorme. Malheureusement (ou heureusement), l’affrontement n’eut jamais lieu car il déclara forfait sans s’en rendre compte en descendant rapidement du bus laissant mon gourmandage sur sa faim.