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I believe I can firefly

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Depuis hier, une drôle de personne vit avec nous, au début, j’ai cru qu’elle allait repartir rapidement, mais elle semble vraiment s’accrocher et petit à petit nous nous y sommes aussi finalement attachés. Ce n’est que ce matin, en nage sous la moustiquaire que j’ai réalisé, d’un coup de coude, j’ai bousculé la chose moite qui me sert de compagne ma tendre femme :
- Sop je sais ! Cette vieille dame, c’est ta mère !
C’est vraiment étrange… je pensais, en atterrissant ici, ne connaitre personne mais il faut croire une fois de plus un dicton à la con : le monde est petit.
Payung guesthouse nous redonne espoir question budget : chalet avec wifi, petite cuisine extérieure pour 15€ la nuit. C’est la troisième guesthouse en 5 jours, question stabilité pour les enfants, on peut mieux faire… Mais Payung guesthouse est au top et nous allons y rester jusqu’à mardi, ensuite nous transvaserons nos 75kg de bagages, notre poussette et notre personne âgée vers l’île Kapas ou celle de Tioman.
Hier soir nous nous sommes offerts une balade de nuit sur la rivière de Cherating à la rencontre des firefly*, la vieille dame à nos côtés n’arrêtait pas de chuchoter « oh c’est comme dans Avatar, mais ici ça fait moins vrai quand même ». A la réflexion, c’est un peu normal… que peuvent bien faire des lucioles volantes Malaises contre la dernière** super-production de James Cameron. En fait, le seul avantage qu’on a sur notre pirogue, c’est qu’on n’a pas l’air con avec des lunettes 3D, sinon pour le reste, la vieille dame a malheureusement raison, Avatar est loin devant : pas d’anti moustique, pas d’eau dans les chaussures, pas de serpents qui peuvent te tomber sur la gueule et surtout, pas de vieille dame te rabattant que c’est mieux sur la mangrove de Chérating…
Durant la nuit, j’ai un peu regretté mon manque de pédagogie, Vav a eu un sommeil très agité et lançait régulièrement des «j’veux rentrer, j’ai peur» ou des «au secours, à l’aide», j’ai fait profil bas, mais le matin mon masque est tombé quand Sop a demandé :
- T’as fait des cauchemars, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
- J’veux pas me faire manger par les crocodiles…
- Quels crocodiles ? Il n’y a pas de crocodiles mon cœur.
- Papa il m’a dit dans le bateau hier que si j’étais pas sage, il allait me jeter à l’eau et que j’allais me faire manger par des crocodiles.
Qu’est-ce qu’ils n’vont pas inventer ces enfants quand même.
 
* Franchement c’était super beau : balade à ne surtout pas louper si vous passez dans le coin. Vav n’a fait qu’hurler « oh ! c’est ma-gni-fique ! » au grand plaisir des autres touristes qui venaient ici pour se laisser envahir par le charme du calme et la beauté hypnotisante de la seule source de lumière des lucioles virevoltantes… Fallait pas monter dans le bateau des Reblochons, qu’on se le dise !
**dernière… en fait j’en sais rien.

 

 

Ringgits forever

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Nos enfants sont parfaitement ouverts, enfin presque. Vav ne supporte pas l’anglais mais Gauton essaie de s’y mettre, il nous a lancé un « merkyou », contraction de « merci » et de « thank you ». Par-contre, ils sont curieux de tout :

-         Regarde Vav, tu vois ça c’est du corail, il ne faut pas marcher dessus.

-         Et ça maman, c’est quoi ?

-         C’est un bouchon de bouteille en plastique.

-         Regarde Gauton ! Un bouchon !!

-         Pas bouchon ! Pas dodo, pas dodo !

C’est tellement beau de les voir s’éveiller ainsi. Sans parler de Gauton et de son puzzle de Baloo qu’il fait et défait 80 fois par jour, ça va faire de lui une personne extraordinaire et comme il dit si justement et sagement à chaque fois qu’il le reconstitue « faut peu pour treureux »*

Pour revenir à un sujet plus terre à terre : l’argent… Nous ne comprenons pas ce qu’il se passe ici, mais l’argent ne reste pas longtemps dans notre bourse, 50€ la nuit pour 3.5m² et 10€ les repas dans des restaurants bas de gamme. Demain nous tentons de changer de guesthouse, sinon le budget va partir en moitié de temps. Il me fait bien rire ce Baloo avec sa chanson de hippie de la jungle, on voit bien qu’il n’est jamais allé à Chérating, ici il en faut un max des ringgits pour être heureux.

*il en faut peu pour être heureux.

 

Cherating beach

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« One, just One » nous dit-il avec son pouce fièrement dressé devant son sourire sympathique et sa petite moustache. Avec son prénom tout droit sortit d’un dialogue de Veber, One est notre chauffeur de taxi, c’est lui qui nous amène à notre première étape Malaise : Cherating. One (en fait j’ai appris par la suite que c’était Wan) explose de rire quand nous lui disons que nous sommes en vacances pour 1 an, il ne comprend pas pourquoi nous faisons ça et nous prend vraiment pour des fous : « one year holliday ? one year ? » Derrière nous un long trajet compliqué* mais qui est finalement passé  assez vite compte tenu du fait que nous n’avons pas fermé l’œil depuis 48 heures. Dans le taxi, Vav grogne : « il est méchant le monsieur, il dit des gros mots », non Vav’ : « beach », ça veut dire plage. C’est pas ma faute si dans « breaking bad » il n’y a pas de plages.

Nous entrons dans Cherating, village en bord de jungle et de mer, les premiers habitants que nous croisons sont des singes, ça n’a pas l’air d’étonner One, notre fidèle taximan qui, sans donner un coup de frein passe, laissant s’écarter les primates sur les bords de la route.

La première longue journée du « grand voyage » touche à sa fin, nous nous écroulons tous dans une minuscule guesthouse et dormons 15 heures d’affilées, jusqu’à midi le lendemain, Vav avec nous dans le lit double et Gauton dans son philou**. Cherating, attention, les Reblochons sont arrivés.

* Gauton ne passait pas les portiques de sécurité avec sa salopette blindée et avait systématiquement droit à une fouille et Vav avait des grosses envies de Base-Jump à bord du Boeing d’Air Malaysia, nous ne sommes pas passés inaperçu. 

** lit parapluie du parfait traveller, ultra design