Back to reality

Totalement jetlagué, à 4h du matin dans la cuisine du bon vieux Verrou, devant un café qui n’a pas été prédigéré par un quelconque rongeur, j’assiste à la rediffusion d’une émission mettant en scène une espèce de pseudo star française bedonnante aux formes généreuses qui se prélasse au soleil avec un pécheur indonésien sur une eau turquoise.

— Et vous faites ça tous les jours ?! demande-t-elle la gueule plâtrée, au pauvre type qui n’a pas les moyens de mettre un moteur sur son radeau.
— Oui depuis que ma femme est morte d’une rage de dent, j’élève mes 6 enfants, c’est très dur.
— Ah oui je comprends ! Bon allez, c’est pas le tout, mais ça me donne faim tout ça ! Je me taperais bien un petit bœuf Kobe, je connais un resto sympa : l’Arakawa à Tokyo, ça doit pas être bien loin d’ici ? Mais j’insiste, le vin c’est pour moi !

Pendant que certains profitent à l’autre bout du monde, d’autres subissent la pluie, le froid, un dégât des eaux et attendent devant un enduit qui n’arrive pas à durcir. Mais tout n’est pas si noir, il y a des bons côtés à être de retour en France, comme se balader dans les rayons de Leroy Merlin, se rendre compte que son lave-vaisselle est en panne, s’apercevoir que l’alcool qu’on avait mis en dépôt-vente chez son beau-père a été bu vendu, apprendre à réutiliser du papier toilette et surtout le must : faire sa déclaration d’impôt.
Quand on est arrivé en France le 19 mai, certaines choses étaient complètement bouleversées, comme la coupe de cheveux de mon frère et le poids de notre chien tandis que d’autres n’avaient pas bougé d’un iota comme par exemple l’arôme du vin rouge, la surdité de mon père et la connerie de notre voisine. Mais dans l’ensemble, le bilan est assez positif (si toutefois on enlève la coupe de cheveux de mon frère) car on sent que les enfants apprécient vraiment de pouvoir enfin reparler Français, même si Gauton fait encore quelques dérapages :

— Et qu’est-ce qu’on dit à mamie Lulu?
— Thank you! Tarimakasi!
— Mais qu’est-ce qu’il me laconte* celui-là, hé?

Pour les chiffres, notre voyage en Asie du sud-est nous aura coûté 15605.15€**, ce qui est le prix d’une Kia Venga 1.4L Essence, donc à tous ceux qui en ont marre de la tronche de leur voisine et qui ont les moyens de se payer une Kia Venga : achetez plutôt une trottinette et prenez un billet, ça en vaut la peine! On le réalise d’autant plus quand on est de retour sur sa trottinette…

Demain, l’aventure continue avec 4PetitsPiedsEnAsie au Portugal! ;)

* le « R » n’existe pas dans le patois de Lulu.
** 15605.15€ moins 5240€ de transport (avion/train/bus) soit 41.4€ par jour.

 

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