Après l’Asie, le mauvais temps

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Suite à une demande croissante des lecteurs de 4PetitsPiedsEnAsie (ma mère et ma belle-mère) je reprends le récit de nos pérégrinations. Après un moment de doute à Toulouse et une brève escale sur les célèbres rampes de sauts à ski d’Err (wat’err jump), nous sommes aujourd’hui à Lisbonne, lieu capital dans l’histoire de la colonisation de l’Inde (il y a un bien fil conducteur). Comme à l’époque des conquérants Catalans, c’est à bord de notre « Moute » remasterisé* que nous sommes parvenus à réaliser la traversée historique « Leucate – Lisbonne » en moins de 48h avec comme unique anicroche un contrôle de la sympathique et accueillante guardia civile Portugaise.
Par chance, les experts de la circulation Portugaise n’ont rien trouvé à redire des diverses installations artisanales du Moute et nous avons pu reprendre « rapidement » la route vers la Mecque de la faïence et de l’épilation à la cire.
Afin de ne pas perturber nos enfants, nous avons choisi d’établir notre camp de base avenue des Indes à Lisbonne mais à part quelques moustaches magnifiquement portées par une poignée de Portugais, nous n’avons trouvé ici quasiment aucune trace de culture Indienne. Cependant une nouvelle culture nous a explosé au visage : la culture du camping-cariste. La culture du camping-cariste existe et compte un bon nombre de règles et de coutumes que les initiés appellent tout simplement « le code ».
Le code se décline en plusieurs chapitres et alinéas et il faut des années d’expérience pour le maîtriser dans sa totalité. La première règle du code concerne la hiérarchie : comme dans une entreprise, la hiérarchie est à respecter et avec notre fourgon aménagé à la scie sauteuse et à la mousse à expansion, nous figurons au bas de l’échelle, à peine au-dessus de la tente 2 secondes de Décathlon.

Sur la route, il est de bon ton de saluer ses semblables d’un geste viril de la main, mais cette règle ne s’applique
pas quand on circule en camion aménagé, l’offense est identique à celle faite par un ado de 15 ans sur sa mob qui salue du pied un tatoué en Harley.

Un camping-cariste est un personnage respectable et plus son CC est gros plus le respect est important. Mais nous avons beau être le maillon faible de cette extraordinaire chaîne, nous vidons tous notre cassette à caca dans le même trou et comme le laisse sous-entendre l’allure décontractée et fière de la camping-cariste de chez Narbonne-accessoires** p.124, ce moment-là est des plus intenses en émotion. Tout d’abord, il faut extraire la cassette (au préalablement refermée de préférence), la secousse provoquée engendre un va et viens de la matière fécale maintenue sous une forme liquide. A ce stade, surtout si vous débutez, il faut éviter de penser à ce que contient la cassette, pour ça il est recommandé de fredonner une chanson au refrain entraînant (« que je t’aime » de Johnny Halliday est ordinairement d’usage). Une fois la cassette entre les mains, vous devez vous rendre jusqu’au point d’évacuation en charriant avec vous une quinzaine de kilo de merde (le top de la classe étant évidemment la cassette à roulette de Narbonne Accessoires). Le reste n’est plus que du plaisir : un régal pour vos papilles et plus le liquide s’écoule de votre récipient, plus les autres camping-caristes vous regardent avec respect et admiration, car une cassette ben rempli, c’est un voyage réussi.

* Transformation d’un trafic L2H1 en master L3H3
** La bible du camping-cariste Français





 

2 Réponses »

  1. Cher Vincent, que je suis heureux que nous partagions une expérience commune de plus, celle que j’ai pratiqué pendant un an et demi à raison de deux fois par jour dans l’indifférence générale de mes congénères métropolitains et sédentaires: le vidage de cassette. Mais la boîte à caca, comme tout bon camping-cariste du sud-ouest la nomme, est un peu comme la tourista en Asie, un mal nécessaire pour qui veut expérimenter un peu de liberté vagabonde. Je compatis et te souhaite bon courage.

  2. Pardon, je voulais dire « une fois tous les 2 jours » et pas « deux fois par jour ». J’avais beau avoir un ford « Transit », cela n’a pas exacerbé la fréquence de soulagement de la famille…

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